Un bilinguisme essentiel... mais quasi-absent

Si les candidats à la succession de Stephen Harper s’entendent pour dire qu’ils doivent être bilingues pour convaincre l’électorat, leur niveau de français est plus qu’inégal. Et seuls trois d’entre eux font campagne en présentant un site Internet offrant une version française compréhensible.

La course à la chefferie conservatrice compte cinq candidats officiels et trois candidats pressentis. Du lot, quatre sont bilingues — Maxime Bernier, Michael Chong, Tony Clement et Andrew Scheer. Kellie Leitch et Deepak Obhrai parlent respectivement très peu ou pas français. Brad Trost et Lisa Raitt ne savent pas s’exprimer dans la langue de Molière non plus.

Faculté satellite de médecine: Impératif français dénonce la place de l'anglais

«Même si c'est 8% de l'enseignement qui se fera en anglais, c'est tout à fait inadmissible.»

Le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault, ne digère pas l'accroc au droit des francophones d'étudier dans leur langue au Québec que s'apprête à faire subir le gouvernement libéral aux gens de l'Outaouais, en permettant à l'Université McGill de dispenser, en anglais, une partie de sa formation à Gatineau. 

Aquin et l’affichage: de la fatigue à l’indifférence?

Des chroniqueurs visiblement irrités par la seule existence de la loi 101 ne se gênent pas pour surnommer les inspecteurs de l’Office québécois de la langue française (OQLF) les« Tongue Troopers », qualifiant du même souffle les défenseurs du français de « Language Hawks », quand on ne les traite pas explicitement de fascistes… Du côté francophone, quoique l’enflure verbale atteigne plus rarement de tels sommets de détestation et de mauvais goût, il arrive à l’occasion, disons-le, que certains commentateurs laissent libre cours à leurs frustrations, sans doute accumulées au fil de décennies de combats « fatigants » pour l’âme québécoise, comme le pensait Hubert Aquin. Même René Lévesque, qui n’a jamais été reconnu comme haïssant les Anglais, bien au contraire, employait une formule sensiblement péjorative pour qualifier cette intransigeante minorité qui sévit au sein de la communauté anglo-montréalaise : les « Rhodésiens de Westmount ». En 2015, à la lumière de la plus récente controverse illustrant le rejet radical du Québec français par certains militants de l’Ouest-de-l’Île, il faut croire en tout cas que ce n’est pas demain la veille qu’on peut s’attendre à une « paix linguistique » en ce pays.

Joueurs francophones: le Canadien en fait-il assez?

Le Canadien a souvent été critiqué ces dernières années en raison de l'absence de joueurs francophones dans son alignement. Des critiques tout à fait justifiées, selon Jean-Pierre Dupuis, professeur au département de management de HEC Montréal et amateur de hockey, qui publie demain son livre Où sont passés les joueurs francophones du Tricolore? La Presse s'est entretenue avec lui.

Qu'est-ce qui vous a incité à écrire ce livre?

C'est le discours de la direction du Canadien, qui répète depuis des années qu'elle fait son possible pour en acquérir. Je trouve que c'est un discours creux. D'un point de vue stratégique, elle ne fait aucun effort. Je démontre d'ailleurs dans le livre qu'elle aurait pu aller chercher des joueurs francophones, mais qu'elle ne l'a pas fait. C'est d'autant plus décevant qu'on voit l'équipe exploiter sa tradition francophone auprès de ses partisans.