Les usines de poulet

TANIA LONGPRÉ | JOURNALDEMONTREAL.COM | 04/02/2016

« Même sans cours de français, si vous laissez (un immigrant) sur le plancher six mois, un an, il va apprendre son français à l’usage », disait le président de l’Association des manufacturiers et exportateurs du Québec, cité dans le Devoir de ce matin.  

J’ai failli m’étouffer en lisant cette phrase. Qu’elle est belle quand même, la naïveté de ceux qui pensent que les immigrants « attrapent » le français dans les manufactures de Montréal.

Il faudrait que ce monsieur vienne faire un tour dans une classe de francisation de Montréal. J’y enseigne depuis huit ans, et cela ne m’est jamais arrivé d’avoir dans ma classe des gens qui avaient travaillé durant des années dans des usines et qui y avaient appris le français, du moins, adéquatement. Ceux qui l’avaient fait étaient fossilisés, en didactique des langues, cela veut dire qu’ils ont appris une langue de façon non optimale et qu’ils ont atteint un plateau, et surtout, pris de mauvais plis linguistiques qui ne sont pratiquement pas « remplaçables. » Ça, c’est pour ceux qui parlent un peu français, mais en réalité, la langue d’usage dans la majorité des manufactures montréalaises, c’est l’anglais... ou encore l’espagnol ou une multitude d’autres langues.

AUDIO - Déshabiller Jean pour mieux vêtir John

ÉRIC BOUCHARD | CIBL1051.COM | 18/01/2016

« Au Québec, il y a 8 % de gens dont la langue maternelle est l’anglais et 11 % de tous les élèves du primaire et du secondaire étudient dans une institution anglophone. Au collégial, 16 % des étudiants fréquentent un cégep anglophone, soit le double du poids démographique des anglophones. Chez ceux qui font des études préuniversitaires, 23 % le font dans des collèges anglophones, soit près du triple du poids relatif des anglophones. À l’université, le quart des étudiants font leurs études supérieures dans une institution anglophone et 29 % de tout le financement va à McGill, Concordia et Bishop’s.

Plus le niveau d’éducation est important, plus les effectifs des institutions anglophones sont, de façon relative, beaucoup plus importants que les effectifs des institutions francophones. Ceci a un impact direct sur la langue de travail, puisque 50 % des francophones et 75 % des allophones qui font leurs études supérieures en anglais vont faire usage de cette langue toute leur vie au travail.

Le français mis de côté pour le patronat, à moins que...

ÉRIC BOUCHARD | QUEBEC.HUFFINGTONPOST.CA | 30/01/2016

Le français recule au travail et perd du poids à chaque recensement. L'anglicisation est liée directement à une politique d'immigration qui anglicise le Québec, et au bilinguisme institutionnel pratiqué par le gouvernement qui envoie le message aux nouveaux arrivants qu'ils peuvent fonctionner toute leur vie en anglais avec l'État.

L'étude de l'Institut de recherche en économie contemporaine (IREC), Le Québec rate sa cible, publiée mercredi dernier démontre que les allophones non francotropes font très peu usage du français dans l'espace public. Normal, puisque plus de 200 000 immigrants, soit 20 % de l'ensemble de la population immigrée du Québec, ne parlent toujours pas le français en 2011. Parmi eux, plus de 111 000 sont arrivés à partir de 1991, dont près de 43 000 entre 2006 et 2011. De ces 202 830 immigrants, 159 575 parlent uniquement anglais et 43 255 ne parlent ni français ni anglais.

Le français, non merci

ROBERT DUTRISAC | LEDEVOIR.COM | 27/01/2016

Plus de 200 000 Néo-Québécois, soit 20 % de la population immigrée au Québec, ne parlent pas français. La plupart de ces immigrants, soit 160 000, parlent anglais. En dépit de la sélection prioritaire de candidats connaissant le français — 60 % du total —, l’immigration continue de contribuer au déclin du français, surtout dans la région de Montréal.

C’est ce que signale un portrait des efforts du Québec en matière de francisation et d’intégration intitulé Le Québec rate sa cible. Commandité par la CSN, le Mouvement national des Québécois, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et le Mouvement Québec français, le document exhaustif de 130 pages, rédigé par le chercheur Jean Ferretti de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC), s’appuie sur des données du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) et de Statistique Canada ainsi que sur diverses études de chercheurs comme Marc Termotte, Paul Béland, Michel Pagé, Brahim Boudarbat, Gilles Grenier, Patrick Sabourin et Guillaume Marois.