Le français doit «redevenir» la langue officielle du Québec, dit Martine Ouellet


Martine Ouellet s’engage à prendre tous les moyens nécessaires pour faire du français la seule langue officielle du Québec si elle est un jour élue première ministre.

La candidate à la direction du Parti québécois (PQ) a soutenu mardi que l’invalidation de plusieurs dispositions de la Loi 101 par la Cour suprême du Canada avait entraîné la «bilinguisation» du Québec.

«La Loi 101 a été charcutée et aujourd’hui, du côté de la législation et de la justice, on se retrouve avec un État qui est bilingue. L’anglais et le français sont sur le même pied d’égalité et ça, ça n’a pas de bon sens», a dénoncé Mme Ouellet en entrevue avec l’Agence QMI.

L’aspirante-chef soutient qu’il faut s’inspirer des principes mis de l’avant par les pères de la Charte de la langue française, Camille Laurin et René Lévesque, voulant que la justice doive être rendue dans la langue de Molière et que seuls les lois et règlements rédigés en français aient force de loi.

Un avocat sanctionné après s'être plaint d'avoir reçu un jugement en anglais

Un avocat montréalais a été jugé coupable de faute déontologique après avoir réclamé « de façon intempestive » des explications sur un jugement rendu en anglais dans une cause s'étant déroulée entièrement en français.

Le conseil de discipline du Barreau reproche à Me Frédéric Allali d'avoir « manqué de respect » dans sa lettre envoyée à la juge Karen Kear-Jodoin. Il connaîtra sa sanction dans les prochains mois.

Mi-janvier 2015, l'avocat est « choqué » de recevoir un jugement de la Cour supérieure entièrement en anglais. Tous les avocats dans ce dossier sont francophones, « l'audition a eu lieu entièrement en français » et « plus important encore notre client, Jacques Caya, est unilingue francophone », écrit-il rapidement à la juge. Il demande une traduction du jugement.

Langues officielles: le brouillard...

Quand vient le temps de sonder la population sur les orientations fédérales en matière de langues officielles, le gouvernement de Justin Trudeau apparaît malheureusement comme un clone de son prédécesseur, Stephen Harper… On «consulte» des porte-paroles d'organismes présélectionnés dans quelques douzaines de localités à travers le pays, et on lance en pâture au grand public un sondage Internet conçu en fonction d'on ne sait trop quoi… dont les résultats pourraient ne jamais être connus.

Seule l'appellation de la démarche semble avoir changé. Quand l'ancien ministre harpeurien du Patrimoine canadien, James Moore, avait entrepris sa «consultation» pour la période 2013-2018, on parlait de «feuille de route» pour les langues officielles. Avec Mélanie Joly, en 2016, c'est devenu un «plan d'action» (bit.ly/1Qc8K3n ) des langues officielles, sans échéance précise… On le dit «pluriannuel»… Pour le reste, on croirait presque à un exercice de copier-coller. On reprend l'itinéraire bleu, repeint en rouge…

Francisation: le PLQ sait très bien ce qu’il fait…

La ministre libérale Kathleen Weil profite du chaud soleil de l’été et de la passivité connue des citoyens envers l’actualité en général afin d’émettre que, oui, son gouvernement a peut-être été  » trop passif » envers la francisation des immigrants.

Un 11 juillet, les oiseaux chantent, le soleil brille, c’est cute.

Allez! Une petite campagne de publicité estivale afin de donner l’impression d’agir… « Oui, oui… La francisation est importante pour nous ». Je n’en crois pas un mot. S’il y a une personne au sein de ce gouvernement qui connait bien les tenants et aboutissants du dossier linguistique, c’est bien Kathleen Weil qui fut, pendant 5 ans, de 1985 à 1989, directrice des affaires juridiques de Alliance Québec, ce groupe de défense des droits des anglophones qui a mené une longue croisade contre la loi 101 et qui s’est battu contre tant de dispositions qui favorisaient la prédominance du français au Québec. On se souviendra de l’Arrêt Ford notamment (1988, Weil est alors à Alliance Quebec):

« Dans l’affaire Ford, la Cour suprême du Canada déclare que les articles 58 et 69 de la Charte de la langue française (Loi 101), qui imposent l’exclusivité du français en matière d’affichage commercial et de raisons sociales, sont incompatibles avec l’alinéa 2b) de la Charte canadienne des droits et libertés et l’article 3 de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne (Québec). La liberté d’expression comprend la liberté de choisir la langue dans laquelle on veut s’exprimer. Le discours commercial fait partie de la liberté d’expression. Cette prohibition et cette exclusivité ne peuvent se justifier en vertu de l’article 9.1 de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne et de l’article premier de la Charte canadienne des droits et libertés. On n’a pas prouvé qu’il y avait nécessité d’imposer l’exclusivité. »