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Nous, citoyennes et citoyens regroupés dans le Mouvement Québec français, lançons un appel pressant à la mobilisation et à l’action, non seulement pour contrer les reculs du français, mais surtout pour réaliser les objectifs de la Charte de la langue française :

  • Faire du français la véritable langue officielle et commune dans toutes les régions du Québec;
  • Favoriser l’inclusion et la francisation des nouveaux arrivants et des allophones;
  • Assurer l’avenir du français au Québec.

Hydro-Québec fait volte-face

Robert Dutrisac, Le Devoir, 21 janvier 2012

Hydro-Québec a fait volte-face et assurera, pour une première fois, la présence du français au congrès de CIGRE Canada qui devait se dérouler à Montréal entièrement en anglais.

À la suite de la publication de l'article, le cabinet de la ministre des Communications et de la Culture, Christine St-Pierre, responsable de l'application de la Charte de la langue française, a demandé des explications à Hydro-Québec. En outre, le physicien Pierre Demers, président de la Ligue internationale des scientifiques pour l'usage de la langue française (LISULF), a déploré la situation. Il a souligné hier que paradoxalement, Hydro-Québec fut la première société à devenir membre de la LISULF sous l'impulsion de Lionel Boulet, le concepteur de l'IREQ et son directeur pendant 15 ans. Mais aujourd'hui, cette ligue, fondée en 1979, compte très peu membres et doit s'appuyer sur d'autres organismes de défense de la langue française.

Assez gavés d’anglais !

Article de Jean-François Vallée publié sur Vigile le 22 janvier 2012

Le danger concret de l’assimilation

Nulle part dans les liens qui ont été transmis aux comités de parents il n’est rappelé que l’école québécoise n’a que la responsabilité d’enseigner les bases de la langue seconde afin que les élèves puissent l’utiliser de façon fonctionnelle. Que cette « maitrise parfaite » soit différée jusqu’à la fin du secondaire n’a rien de scandaleux. L’école n’a pas à faire de tous nos enfants, de « parfaits » bilingues mur à mur, sans exception aucune. Les exemples des Acadiens ou des autres Canadiens français suffisent à montrer que dès que tout un peuple devient « parfaitement » bilingue et subjugué par sa langue seconde, sa propre langue recule. Combien d’anglophones du Nouveau-Brunswick suivent des cours de français intensif ? Et au Manitoba ? Ces chiffres n’intéressent pas le MÉLS.

Comme l’a démontré une étude de l’IRFA, c’est au secondaire et au collégial que les jeunes deviennent des consommateurs de biens culturels, et leurs choix sont déterminants pour ceux qui suivront dans leur vie. Livres, CD, DVD ; tout cela existe en version anglaise. Veut-on vraiment que, dans 10 ou 20 ans, nos enfants « parfaits bilingues » ne s’abonnent qu’à des magazines en anglais, réclament des films en version originale anglaise, trouvant intolérable la voix des traducteurs ? Ce que les anglophones appellent l’acculturation sera alors bien enclenché.

Voir sur Vigile.net

Manifestation-spectacle : J'aime ma langue dans ta bouche

2012-01-09 15:27

Au Lion d’Or, 1676, rue Ontario Est, Montréal
Le samedi 4 février de midi à minuit
Musique, chanson, conte, slam, poésie, théatre, humour, etc.

BandeauMMF
avec Boucar Diouf, Imane, Luc Picard, Christian Bégin, Karim Akouche, Hélène Florent, Geneviève Rioux, Julie Dirwimmer, Elkhana, Gabriel Sabourin, Kim Lizotte, Guillaume Wagner, Les Oeuvriers, Michelle Labonté, Hélène Major, Céline Faucher, Marc Sauvageau, Daniel Boiteau, Denis Gadoury, Marjolaine Beauchamp, Alecka, Manon Leriche, Danny Gilmore, Joël Desrosiers, Geneviève Rochette, Romain Pollender, Sylvie Potvin, Lucien Francoeur, Jacques Archambault, Gary Klang, Yves Beauchemin, Lyne Cadieux, Marie Tifo, Pierre Curzi, Marie Ouellet, Tassadit Ould-Hamouda, Fouad, Sylvaine Bellec, Inte-ya, mise en scène : Denis Trudel

Billets en vente au 82 Sherbrooke O.
information : 514 843-8851, 514 835-6319
Midi à 17 h
Prix d'entrée 10 $
18 h à minuit
Prix d'entrée 10 $

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Important : Aucun billet ne sera livré par la poste. Les billets seront disponibles le jour même à votre nom à la salle du Lion d’Or.

Hydro-Québec chapeaute un congrès entièrement en anglais à Montréal

Article de Robert Dutrisac publié dans le devoir le 19 janvier 2012

Hydro-Québec et son centre de recherche, l’IREQ, chapeautent le congrès de CIGRE Canada qui aura lieu en septembre à Montréal, une manifestation scientifique à caractère international qui se déroulera entièrement en anglais.

photo devoir

L'opposition à l'anglais intensif s'amplifie

Article de Marc Allard publié dans Le Soleil le 17 janvier 2012

Une quarantaine d'enseignants et de professionnels d'écoles primaires de Québec joignent leur voix aux opposants au programme d'anglais intensif en sixième année, craignant que son implantation freine la réussite des élèves, sape l'apprentissage des autres matières et alourdisse la charge de travail à la maison.

photo soleil

Les 40 enseignants et professionnels de l'éducation, qui travaillent dans 18 écoles de la capitale, de la maternelle à la sixième année, ont signé une lettre envoyée jeudi à la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp. Cette lettre critique la décision prise au début 2011 par le premier ministre Jean Charest d'obliger, d'ici 2015-2016, tous les élèves de sixième année des écoles francophones à consacrer la moitié de leur année scolaire à l'anglais.

Le programme d'anglais intensif imposera aux professeurs d'enseigner la matière de sixième année en cinq mois, alors que ceux-ci manquent déjà de temps pour passer la matière en 10 mois, déplorent les signataires.

Ces derniers ajoutent que «ce ne sont pas que les notions qui seront traitées avec moins de temps, mais aussi les comportements, les émotions des enfants et tous les problèmes de la maison qui rebondissent à l'école», écrit l'auteure de la lettre, Marie-Hélène Côté, une enseignante de sixième année à l'école Beausoleil, dans Beauport. «Le quotidien difficile de certains enfants ne deviendra pas moins difficile parce qu'on est en mode "intensif" à l'école.»

Jusqu'à maintenant, le débat sur l'anglais intensif a beaucoup tourné autour des élèves en difficulté, remarque Mme Côté, que Le Soleil a rencontrée vendredi. Mais la sixième année en accéléré aura aussi des conséquences sur les élèves «moyens», croit l'enseignante, ceux dont les notes stagnent habituellement dans les 60 % et ne sont pas soutenus par des orthopédagogues «parce qu'ils ne sont pas assez faibles».

«C'est la majorité de nos élèves. Qu'est-ce qu'ils vont faire eux autres? demande Marie-Hélène Côté. Est-ce qu'ils vont devenir les élèves faibles de demain?»

Selon les signataires de la lettre, les parents auront aussi beaucoup plus de mal à suivre le rythme, notamment en français et en maths, si leurs enfants se retrouvent avec un surplus de devoirs et de leçons.

«Chaque année, nous accueillons les commentaires de certains parents qui, de bonne foi, voudraient bien, mais n'arrivent plus à suivre les apprentissages de leur enfant parce que les notions vues en devoirs et en leçons sont devenues trop lourdes [et nous les comprenons bien!]», peut-on lire dans la lettre. «Imaginez si on double ou triple la dose!»

Marie-Hélène Côté croit qu'avec l'anglais intensif, le ministère de l'Éducation n'aura pas le choix de couper dans les autres matières s'il ne veut pas compromettre la réussite des élèves.

«On n'est pas contre l'anglais et on veut que les élèves s'améliorent, dit-elle. Mais on ne veut pas que ça se fasse au détriment des autres matières», dit-elle.

Mme Côté et ses cosignataires estiment que le gouvernement devrait plutôt songer à enrichir le programme actuel d'anglais, déjà en place de la première à la sixième année.

Protection du français - Nationaliser notre langue nationale?

Texte d'Alain Dion, enseignant au cégep de Rimouski, Le Devoir du 10 janvier 2012

Le Mouvement Québec français (MQF), entre autres, fait un travail remarquable et nous rappelle que, il n'y a pas si longtemps, cette bataille pour la langue française avait porté ses fruits. Que le Québec était redevenu français et que tout est donc encore possible. Appliquer rigoureusement la loi 101 dans l'affichage et les services publics, l'imposer dans les petites et les grandes entreprises et étendre ses dispositions à l'enseignement collégial font partie de la solution prônée par le MQF.

Voir dans le site de Le Devoir

Sujet de discussion : Campagne de protestation contre l’anglicisation de la Banque Nationale

Il nous faut agir pour exiger que la Banque Nationale fasse du français sa véritable langue de travail au Québec dès maintenant (80 % de ses employés y résident). Les mesures annoncées par la direction sont carrément insultantes. Le MQF lance une grande campagne de protestation contre l'anglicisation de la Banque Nationale.

Informez-nous des gestes de protestation que vous poserez. Cette campagne n’aura un impact que si nous sommes nombreux à y participer. Vous pouvez nous rejoindre au 1-888-285-7644, nous transmettre un courriel à info@quebecfrancais.org ou par la poste à CP 42, succursale B, Québec (Québec), G1K 7A1

Pour connaître trois façon de participer à cette campagne d’action citoyenne, lisez la suite:

« Il y a beaucoup de talents chez les jeunes »

La question du français

René Angelil a tenu à revenir sur la question du français qui fut soulevée dimanche dernier lors du premier gala. Les jeunes candidats qui devaient chanter pour sauver leur place l'ont fait en anglais. Ce qui a un peu surpris le directeur.

« Juste avant de déclarer sur scène, j'ai prévenu les autres professeurs et je leur ai demandé leur avis. Ils étaient tous aussi d'accord. Donc je crois que lorsque tu participes à un concours comme Star-Académie, tu dois chanter en français »

Français dans les entreprises - L'OQLF réévalue la moitié de ses ententes particulières

Article de Robert Dutrisac publié dans le Devoir le 27 janvier 2012

photo devoir

Un certain nombre d'entreprises en aéronautique figurent sur la liste de l'Office québécois de la langue française.

Tout près de la moitié des ententes particulières de l'Office québécois de la langue française (OQLF), qui permettent à 71 entreprises de fonctionner en anglais à leur siège social ou dans leur centre de recherche, viennent à échéance cette année. L'organisme doit réévaluer la pertinence de chacune d'entre elles.

Voir dans le Devoir

La réplique › La science en anglais - Une langue commune pour se comprendre

Article de Robert Emery Prud'homme - Professeur de chimie à l'Université de Montréal publié dans Le Devoir le 26 janvier 2012

cap le devoir

En anglais

Dans les colloques, conférences et symposiums, s'il va de soi qu'une conférence prononcée par un chercheur québécois dans un forum international à Los Angeles ou à Kyoto soit en anglais, elle sera également en anglais, sauf exception, au Québec, en France et en Belgique wallonne. Quel que soit le lieu de la conférence, quand il s'agit d'une conférence internationale où les francophones forment une minorité, en compagnie de minorités allemande, italienne, espagnole, portugaise, japonaise, chinoise, coréenne, etc., pour que la rencontre ait un sens, pour pouvoir travailler ensemble, il faut se comprendre. Et pour se comprendre, il faut une langue commune. Aujourd'hui, c'est l'anglais. Autrefois, c'était le latin. Demain, ce sera peut-être le chinois.

Mais tous les colloques ne sont pas internationaux. Il y a aussi des colloques canadiens, qui se tiennent régulièrement au Québec ou, en France, des colloques nationaux. En France, on entend de moins en moins de français dans ces colloques scientifiques. Au Québec, un grand nombre de ces colloques sont parrainés par un organisme canadien soi-disant bilingue comme le CIGRE (Conseil international des grands réseaux électriques) dont nous parle Le Devoir. Ces organismes n'ont souvent de français que le nom et, conséquemment, leur site Web ne comporte pas toujours de version en français; quand il y en a une, si on s'y promène, on finit par tomber sur une section non traduite ou, pire, écrite dans un français approximatif.

Voir dans Le Devoir

LA FRANCE & LA PROMOTION DU FRANÇAIS DANS LE MONDE

Publication du Ministère des Affaires étrangères et européennes

LE SOUTIEN DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES ET EUROPÉENNES À LA LANGUE FRANÇAISE DANS LE MONDE

• Près de 700 hommes et femmes travaillent à promouvoir le français dans le monde au sein du réseau
culturel extérieur de la France.
• 132 Instituts français et 445 Alliances françaises enseignent le français à près d’un million de personnes.
• 486 établissements scolaires à programme français dans 130 pays accueillent 300 000 élèves, dont plus
de la moitié ne sont pas de nationalité française.
• La France consacre plus de 600 millions d’euros chaque année à la promotion du français dans le monde. Elle est le premier pays contributeur de l’Organisation internationale de la Franc0phonie (OIF)

LE FRANÇAIS, UNE LANGUE POUR DEMAIN

Les grandes transformations du monde créent de nouveaux défis, mais jouent aussi en faveur de la
langue française. La mondialisation permet aux communautés linguistiques de prendre conscience d’elles mêmes et de s’affirmer, comme en témoigne le développement remarquable de l’Organisation internationale de la Francophonie, forte aujourd’hui de 75 États et gouvernements. L’apparition, sous l’influence des pays émergents, d’un monde multipolaire dessine les contours d’un nouveau pluralisme culturel et linguistique. La révolution de l’Internet offre aux grandes langues comme le français – 3e langue sur Wikipedia et Facebook – une plateforme mondiale d’expression, de création et de partage. La croissance de l’Afrique devrait porter à plus d’un demi-milliard le nombre de francophones dans le monde en 2050. Les « printemps arabes », dans lesquels des pays francophones jouent un rôle déterminant, placent notre langue au cœur de l’histoire en train de s’écrire. Mais toutes ces transformations ne produiront les effets attendus que si nous savons saisir les opportunités qui s’offrent à nous dès maintenant. C’est pourquoi le ministère des Affaires étrangères et européennes a fait de la promotion du français une priorité.

Voir Ministère des affaires étrangères

De l'essentiel au futile

Article de Manon Cornellier publié dans Le Devoir le 21 janvier 2012

Lorne Gunter, du National Post, s'émeut des sommes en jeu: 2,4 milliards de dollars dépensés annuellement par le fédéral et les provinces. À son avis, cela ne vaut le coup que dans deux provinces, le Québec et le Nouveau-Brunswick, où les unilingues de langue minoritaire représentent plus de 1 % de la population. Pour les autres (tous francophones évidemment et moins nombreux souvent à cause de décisions passées destinées à accélérer leur assimilation), Gunter ne suggère rien. Il se contente de faire la liste par province du nombre de personnes s'exprimant uniquement dans la langue de la minorité et s'indigne de voir certaines provinces dépenser des millions pour répondre à une poignée de citoyens, tenant pour acquis que les francophones bilingues ne comptent pas dans l'équation, comme s'ils n'avaient pas le droit d'être servis dans leur langue. En même temps, il dit que toutes ces politiques sur les langues officielles n'ont rien donné puisque le niveau de bilinguisme n'a pas augmenté dans la population anglophone. Des francophones, il ne dit mot. Mais si le taux de bilinguisme n'augmente pas, cela ne veut-il pas dire que le besoin demeure entier d'avoir accès à des services dans sa langue?

LANGUE DE MOLIERE OU DE SHAKESPEARE AU QUEBEC ? (2ième partie)

Entrevue de Mario Beaulieu avec d’Isidore Grao pour La Voix De Cartier publié le 24 janvier 2012

photo archive

IG : Croyez-vous que la langue en tant que véhicule principal de communication soit un élément déterminant pour une nation ? Ou ne croyez-vous pas qu’il fasse apporter aux citoyens un supplément d’âme aux travers des valeurs telles que la solidarité, et ce dès leur jeune scolarité ? Par exemple, en développant davantage l’éducation de l’histoire de leur pays et de la géographie afin de transférer les traditions et de pouvoir ainsi créer des éléments de cohésion.

MB : La langue française est le véhicule de la culture québécoise. La Société Saint Jean-Baptiste depuis 1834 a aussi mené plusieurs batailles pour que l’on maintienne l’enseignement de l’histoire. Pour un peuple ne pas connaître son histoire c’est comme être amnésique pour la culture et l’identité nationale. Il y a eu un affaiblissement de l’enseignement de l’histoire. Même à l’heure actuelle dans les universités québécoises il n’existe aucune chaire d’histoire du Québec. On enseigne très peu l’histoire politique. Il y a peut être une certaine forme de tabou. Les jeunes québécois perdent petit à petit leur identité nationale. Il y a malgré tout des études qui démontrent que les jeunes québécois se considèrent de plus en plus comme québécois avant d’être canadiens. Le gouvernement fédéral, notamment par le financement de chaires de recherches du Canada a cherché à évacuer l’enseignement de l’histoire nationale des écoles. La société Saint Jean- Baptiste contribue fortement à relancer une coalition pour l’histoire du Québec. Celui-ci vise à renforcer cet enseignement à tous les paliers de l’enseignement et de l’éducation Québécoise. Ceci est fondamental.

Voir sur La Voix de Cartier

J'aime ma langue dans ta bouche

Article de Reine Côté publié dans Branchez-Vous le 24 janvier 2012

Afin de rappeler aux gens l'importante place du français dans la culture québécoise, le Mouvement Montréal Français tiendra une manifestation-spectacle ayant pour thème J'aime ma langue dans ta bouche au Cabaret Lion d'Or samedi, le 4 février, en compagnie d'une foule d'artistes.

photo branchez-vous

Le comédien Denis Trudel, porte-parole du Mouvement Montréal Français, promet un événement «Amusant, poétique, engagé, festif, intelligent, original et, si possible, historique!».

«La langue française, c'est le véhicule de la culture québécoise, c'est le coeur de l'identité du peuple», insiste-t-il.

Voir dans Branchez-vous

Programme d’immersion anglaise en 6 e année- Est-ce légal ? Est-ce anticonstitutionnel ?

Article de Pierre Tremblay publié sur Vigile le 23 janvier 2012

Ce projet va à l’encontre de la Charte de la langue française et bafoue les droits des francophones de recevoir leur enseignement en français.

Est-ce que projet ne va pas à l’encontre de la constitution canadienne qui reconnaît le français comme langue officielle donc par le fait même, donne le droit aux citoyens où le nombre le justifie de recevoir une éducation gratuite en français ?

Si je comprends bien le gouvernement, celui-ci s’attaque au coeur de la Charte de la langue française, la loi 101 de façon détournée soit l’obligation des enfants dê suivre un enseignement en français au Québec. On veut ainsi créer une brèche.

Étant donné que la charte empêche les francophones d’aller à l’école anglaise alors pourquoi ne pas rentrer l’anglais dans les écoles françaises !

Je suis donc certain que le gouvernement ne peut agir de cette façon sans changer la loi 101 concernant la langue d’enseignement.

Le gouvernement n’a pas le droit de priver une personne de l’école dans sa langue maternelle. C’est illégal et anticonsitutitionnel.

Voir sur Vigile.net

Le bilinguisme devant l'histoire

Lettre d'Hubert Charbonneau publié dans le Devoir le 23 janvier 2012

Le président du Club de hockey Canadien, Monsieur G. Molson, déclare qu'il «supporte» le bilinguisme. On lui pardonnera l'anglicisme, d'autant que la plupart des Québécois de langue française en usent et en abusent. Qui n'est pas pour le bien? Quoi de mieux pour un individu que de parler deux langues, surtout au Québec? Mais ce qui est bien pour un individu ne l'est malheureusement pas forcément pour une population. Que nous apprend en effet l'histoire? Que dans les cas de vrai bilinguisme, c'est finalement la langue de la majorité qui finit toujours par l'emporter à plus ou moins long terme.

Des exemples, il n'en manque pas: la toute-puissance du latin des envahisseurs romains a laminé le parler celtique des Gaulois, l'anglais a écrasé le gaélique en Irlande et en Écosse et le gallois au pays de Galles; le français a terrassé, entre autres, le breton, le basque, le catalan, le provençal et le flamand sur le territoire de l'Hexagone, etc. Or, au Canada, c'est l'anglais qui domine. Qu'arrivera-t-il au français minoritaire? Libre à chacun de tirer sa conclusion, mais l'avenir semble pour le moment inéluctable.

Un entraîneur unilingue anglais pour l'équipe nationale Tchèque?

Article de Sinede publié sur RDS.ca le 21 janvier 2012

Comment réagirait-on si en République Tchèque on nommait un entraîneur qui ne parlerait aucun mot tchèque? On dirait que ces joueurs étrangers (comme Spacek) ne sont pas conscient du fait que de venir jouer ici au Québec revêt un caractère particulier. En ce sens que nous sommes tolérants à leurs égards, on accepte qu'ils nous parlent en anglais et ce, sans même se forcer d'apprendre quelques mots en français. En plus, on les vénère, les adule et sont les idoles d'un peuple. On est très tolérant

Pourquoi ces athlètes venus d'ailleurs se soucieraient de parler une langue qui n'est pas leur langue de travail? Ils n'en n'ont une aucune envie et sont très loin de la réalité québécoise. C'est dommage que ces joueurs assez bien payés se fichent du fait français. Pas grave, on continue quand même de les encourager, de les dorloter et même d'acheter des chandails avec leur nom dans le dos!

Alors monsieur Spacek, quand vous dites "Et toute cette merde (crap) à propos d'un entraîneur qui parle français, ça n'aide vraiment pas à gagner des matchs" vous devriez garder ces commentaires pour vous. C'est faire preuve de très peu de classe face à vos anciens partisans ainsi qu'à votre ancienne équipe qui vous a accordé un faramineux contrat...
Voir sur RDS.ca

Importante décision du CA de l’AGE UQTR : Affichage en français only

Article de Claude Berthiaume publié dans Zone Campus le 20 janvier 2012

photo campus

Les exécutants sont donc revenus en décembre avec des détails de la Loi 101 et une proposition qui a été longuement débattue par les administrateurs. Au final, le libellé est le suivant : «Que l’AGE UQTR ne fasse la promotion que des événements dont le nom est en français ou possède un sous-titre français dans une police de caractère lisible, dès le 1er février 2012.»

La subjectivité des mots «police de caractère lisible» a été critiquée par certains; une proposition a même été faite visant à les remplacer par «police de caractère équivalente», ce qui a été rejeté par le CA. Par la suite, on a voulu donner un certain laps de temps aux associations étudiantes pour ajuster le tir pour les évènements de la session d’hiver; on a donc discuté d’une date d’entrée en vigueur qui a finalement été arrêtée pour début février.

Certains fervents défenseurs de notre langue maternelle ont même proposé d’éliminer l’anglais (principal «ennemi à abattre» – mais cela aurait également été valable pour toute autre langue) de manière radicale en ne diffusant plus de publicité qui en ferait l’usage. Cela a été rejeté.

Les administrateurs nommés par les associations de génie et d’administration se sont avérés être les plus farouches opposants au projet. Ce sont évidemment deux associations qui utilisent beaucoup les babillards de l’AGE UQTR pour faire la promotion de leurs nombreuses activités et qui seront touchées directement dans les changements qui devront être apportés aux affiches. Il faut cependant mentionner que, même si les administrateurs sont nommés par les associations étudiantes, ils doivent représenter les intérêts de tous les étudiants de l’Université lorsqu’ils siègent au CA.

Voir sur Zone Campus

Petit guide du savoir-vivre francophone

Article de Michel Moisan et de Gérald Paquette publié dans Canadian University Press le 20 janvier 2012

La progression de l’anglais comme langue de communication à Montréal, métropole du Québec, est un fait avéré depuis quelques années et qui semble aller en s’amplifiant. Plutôt que de vous laisser envahir par la morosité ambiante à ce sujet, ce petit guide vous propose une ligne de conduite de tous les jours, dans le sens de l’affirmation du français comme langue de communication et, particulièrement, dans le domaine de vos choix comme consommateur. Si un mouvement collectif dans ce sens se dessinait, les commerçants/sociétés ne manqueraient pas de s’en apercevoir et d’ajuster leur politique d’étiquetage, de langue de travail.

Il s’agit de nous responsabiliser en tant que consommateur vis-à-vis de cette situation. En même temps, une telle attitude quotidienne serait de nature à relever notre degré de conscience sur la question linguistique… Un tel comportement va manifestement beaucoup plus loin que simplement exiger, à l’occasion, un vendeur/serveur parlant français.

Ce petit guide a été conçu à l’intention de tous ceux et celles qui souhaitent conserver au Québec son caractère de société très majoritairement francophone. Voici quelques suggestions de pratiques linguistiques à adopter pour y contribuer.

Voir sur Canadian University Press

Anglais intensif: des craintes justifiées

Article de Christian Ouellet publié dans le Soleil le 22 janvier 2012

photo le soleil

Ça y est, le bouclier est levé. Il fallait s'y attendre et c'est normal. Tout changement, quel qu'il soit, apporte son lot de craintes, parfois justifiées, parfois fabriquées. Peut-on publier des résultats de recherches qui montrent le bien-fondé de cette mesure là où on en fait l'expérience - au Saguenay-Lac-St-Jean - et ce, même pour les élèves en difficulté et dans les milieux dits défavorisés? Qu'ils se lèvent et qu'ils parlent, qu'il nous montrent, qu'ils nous prouvent.

Imaginons un instant le portrait d'un enseignant d'anglais de 6e entrant en classe en s'adressant aux élèves uniquement en anglais. Il ne leur fera pas seulement la conversation pendant cinq mois en anglais, je l'espère. Il présentera donc des contextes spécifiques d'apprentissages, car c'est comme cela que l'on apprend. Ces contextes peuvent se rapporter à l'histoire, la géograghie, les religions dans le monde, les arts, les sciences, la mathématique, la culture, le sport, etc. C'est comme si on pensait qu'une langue seconde s'apprend différemment de la langue maternelle et que les compétences autres que celles de s'exprimer oralement étaient totalement évacuées. Je comprends les craintes pour les élèves qui éprouvent déjà des difficultés avec le français, mais à ce que je sache, cette langue est l'une des plus difficiles à apprendre. Comment se fait-il alors que dans d'autres pays, tout cela se fait naturellement et on ne remet pas cela en question?

Là ou je m'inquiète, c'est que l'on a déjà de la difficulté à protéger le français comme langue de travail, d'affichage, moteur de notre culture; et que peu de gens semblent se préoccuper du fait qu'il faudra redoubler d'ardeur pour éviter que le français disparaisse ou devienne un dialecte. Pour le reste, j'ai toujours fait confiance à la capacité des enfants de s'adapter à différentes situations dans différents contextes.

Voir dans Le Soleil

Hydro-Québec s’en lave les mains !

Article d'Henri Marineau publié dans Vigile le 20 janvier 2012

Hydro-Québec est soumise à la « politique gouvernementale relative à l’emploi et à la qualité de la langue française dans l’administration ». Le personnel d’Hydro-Québec peut « s’exprimer dans une autre langue que le français lorsque la conférence ou l’allocution est prononcée au Québec devant un auditoire international », a fait valoir Louis-Olivier Batty. Cette position est conforme à une des dispositions de la politique gouvernementale.

En revanche, une autre disposition de cette politique stipule que, « lorsque l’Administration participe à un congrès, à une exposition ou à une autre manifestation publique, elle s’assure que l’information la concernant est offerte en français ».

En outre, dans sa politique en matière de langue de travail et de communication, Hydro-Québec s’engage à « assurer le rayonnement de la langue française auprès de sa clientèle, de ses fournisseurs et de ses partenaires ».

À quelqu’un qui a demandé s’il pouvait soumettre des communications en français, un membre de l’organisation du congrès et chercheur à l’IREQ, Jean-François Allan, a répondu que le congrès regroupe des experts nationaux, c’est-à-dire canadiens, et internationaux et que « la langue commune des conférences de CIGRE Canada est l’anglais ». Aucun service de traduction n’est fourni.

Payant, être bilingue

Article publié dans La Presse le 21 janvier 2012

Deux questions adressées aux travailleurs rémunérés se rapportent à la langue le plus souvent utilisée dans l'emploi et, s'il y a lieu, les autres langues régulièrement utilisées. Nous avons trouvé pour le Québec que le pourcentage de diplômés utilisant le français le plus souvent dans l'emploi est de 81,4%. Le pourcentage de diplômés utilisant l'anglais le plus souvent est de 18,1%. Par ailleurs, 14,2% des diplômés utilisent l'anglais le plus souvent et le français régulièrement dans leur emploi.

photo la presse

Donc, au total, près de 96% des diplômés postsecondaires utilisent le français dans leur emploi au Québec (81,4% comme langue principale et 14,2% comme deuxième langue). Ce résultat conforte les données du recensement de 2006, qui montrent que 95% de tous les travailleurs du Québec utilisent le français au travail (87,7% souvent et 7,4% régulièrement).

Notons aussi que 78,5% des diplômés anglophones utilisent le français souvent ou régulièrement dans leur emploi. Ce pourcentage est de 46,9% chez les francophones pour ce qui est de l'utilisation de l'anglais.

Par rapport aux diplômés qui utilisent uniquement le français (sans anglais) dans leur emploi, ceux qui utilisent le français souvent et l'anglais régulièrement gagnent 5,2% de plus; ceux qui utilisent l'anglais souvent et le français régulièrement gagnent 5,5% de plus. Ceux qui utilisent l'anglais souvent sans le français gagnent 3,6% de plus, mais cet écart n'est pas statistiquement significatif relativement au groupe de référence, i.e. ceux utilisant le français uniquement. Ces résultats soutiennent d'autres études sur la rentabilité du bilinguisme utilisant des données plus générales que celles des nouveaux diplômés postsecondaires issus du système québécois d'éducation.

Voir dans La Presse

Bilingui$$me

Chroniques de Christopher Hall publié dans le Journal de Montréal le 20 janvier 2012

On apprenait cette semaine que la prestation de services publics bilingues au Canada coûterait plus de deux milliards de dollars par année.

Comme c'est exactement le même montant qu'a coûté le registre des armes à feu, j'ai bien peur que Stephen Harper veuille faire comme avec le registre, et élimine la langue française au pays !

D'ailleurs, il agit déjà en conséquence, en nommant un juge à la Cour suprême ainsi qu'un Vérificateur général unilingues anglophones. D'entrée de jeu, je reconnais que deux milliards c'est beaucoup d'argent, même si ce chiffre a été établi par l'Institut Fraser, un think tank (laboratoire d'idées) de droite canadien qui n'est pas reconnu pour sa ferveur envers le fait français. Alors, quand vient le temps de calculer les coûts du bilinguisme, l'Institut est un peu comme mon oncle Doug à la pêche... il a tendance à exagérer.

De toute façon, le bilinguisme ne se calcule pas uniquement par les coûts d'impression de dépliants en français ou les frais de traduction des derrières de boîtes de céréales. C'est peut-être difficile à saisir pour des esprits cartésiens comme les membres de l'Institut Fraser, ou le premier ministre Harper, mais la valeur du bilinguisme est une richesse qui ne se compte pas en argent.

Voir dans le Journal de Montréal

Un site Web truffé de fautes

Au moment où certains considèrent que la langue française est en perdition au Québec, voilà que le site Internet de l'Équipe autonomiste renferme un grand nombre de fautes d'orthographe, selon ce qu'a constaté le Journal. Le président du Mouvement Québec français, Mario Beaulieu, estime que «ce n'est pas professionnel» et qu'un si grand nombre de fautes peut «nuire à l'image de la formation politique».

«Ces gens ne semblent pas accorder d'importance à la qualité du français», déplore- t-il.

photo journal montreal

Formé d'ex-militants adéquistes frustrés de la fusion avec la Coalition avenir Québec (CAQ), ce mouvement tente de devenir un parti politique.

L’éducation en anglais au Québec : pas pour tout le monde

Article de Paul-André Gilbert publié dans le Courrier du Sud le 18 janvier 2012

C’est la Charte québécoise de la langue française qui règlemente l’accès à l’éducation en anglais au Québec.

Pour qu’un enfant puisse être admissible à l’école en anglais, il est nécessaire qu’un de ses deux parents ait reçu un enseignement primaire ou secondaire en anglais au Canada. Il faut que l’enseignement reçu ait été effectué en majorité en anglais.

ecole st-hubert

Écoles passerelles

Des modifications ont été effectuées récemment à la Charte de la langue française. À la suite d’un jugement de la Cour suprême, le gouvernement du Québec a adopté, en 2010, une loi controversée permettant à des enfants de fréquenter des écoles «passerelles» afin d’intégrer le système scolaire anglophone du Québec.

Grâce à la Loi 115, les élèves francophones et allophones peuvent désormais obtenir le droit de fréquenter une école anglophone subventionnée, après avoir passé trois ans dans une école anglophone privée non subventionnée.

Modifications souhaitées

Le président de l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec, David D’Aoust, ne croit pas que la Loi 101 sera abolie; cependant, il aimerait que la Charte de la langue française subisse encore des modifications afin de permettre entre autres aux enfants qui proviennent de pays dont la langue primaire est l’anglais de fréquenter les écoles anglophones du Québec. Il affirme que des discussions auront lieu bientôt avec le gouvernement sur ce point.

Voir dans le Courrier du Sud

Le rôle de la langue dans la guerre de représentation

Article de Charles-Xavier Durand publié dans Vigile le 17 janvier 2012

Conférence de monsieur Charles Durand, auteur Le rôle de la langue dans la guerre de représentation

Fiches « pense-bêtes »

1) Avertissement
2) L’anglais a acquis son statut pas ses seuls mérites ? FAUX !
3) L’anglais est adapté à la communication internationale ? FAUX !
4) L’anglais est au monde moderne ce que le latin était au Moyen-Âge ? FAUX !
5) Le monde a besoin d’une seule langue internationale ? FAUX !
6) Pourquoi grammaire et syntaxe anglaises sont-elles des obstacles à faire de l’anglais une langue de communication universelle ?
7) Le monde aime spontanément la culture étasunienne ? FAUX !
Texte entier de la conférence de monsieur Charles Durand Bibliographie

Avertissement

Le peuple est indifférent à ce qu’il ignore.
Le peuple tient pour vrai ce qu’on lui répète trois fois.
Les propos des médias sont assimilés, dans l’inconscient collectif populaire, à des vérités révélées, qui sortent du champ d’action d’une critique honnête.
On doit maintenir des médias qui déforment tous les événements qui se produisent dans le monde et dont la connaissance serait susceptible de mettre en doute l’utilité et la légitimité de l’empire mais qui néanmoins gardent assez de crédibilité pour contribuer à renforcer le dit empire. Pour détruire quelques croyances, dogmes, poncifs, préjugés et, aussi, quelques lieux communs et autres vérités prétendument révélées…

Version intégrale
photo vigile
Le rôle de la langue dans la guerre de représentation

Voir sur Vigile

Un système cohérent en français

Article de Michel Pagé publié dans Vigie le 17 janvier 2012

Un système cohérent en français - cours, classes, environnement immédiat, activités parascolaires et administration- : condition à l’intégration positive et à la vitalité du français dans le grand Montréal.

La réalité témoigne du défi colossal d’intégrer à la langue française et à la culture québécoise presque 53% des élèves de l’île de Montréal (réf. CSDM) issus du mouvement migratoire (au niveau élevé dépassant la capacité d’intégration économique et linguistique) et dont le français n’est pas la langue maternelle. En effet, à Montréal, l’école même ne serait plus un milieu d’immersion totale propice à la transmission de la langue française : on y parlerait l’anglais dans les corridors, les cours de récréation, etc. L’envoûtement de l’anglais aura été étendu un peu plus et l’anglais au sein même du milieu scolaire francophone ; et, on aura laissé faire…

Pour certains - et même pour une éditorialiste du Devoir semble-t-il ! -Henri Bourassa doit se retourner dans sa tombe-, (l’éditorial de Mme Marie-Andrée Chouinard (100% francophone, Camisole de force) et d’un article précédent de Mme. L. Gervais (L’école 100 % francophone ?), les 4 janvier et 7 janvier 2011), cela serait une preuve d’ouverture de plus, par laquelle un peuple mou, sans échine gagnerait le qualificatif de tolérant ! Pour rendre acceptable l’empiètement de l’anglais en milieu scolaire, dans les enceintes mêmes des écoles francophones, on y va à grands renforts d’arguments boiteux et de références datées, de mélanges de paramètres de nature différente, en particulier lorsqu’on colle mondialisation à un plaidoyer nihiliste en faveur de l’anglais aux dépens de la langue maternelle ou nationale ; ou encore lorsqu’on énonce la référence au programme d’anglais intensif en sixième année improvisé par le gouvernement libéral (une incohérence à plusieurs égards, une telle initiative partisane et opportuniste devrait être dénoncée et vivement rejetée).

Voir dans Vigile

Français à la CSDM - L'enrichissement plutôt que la matraque

Article de Abdoul Echraf Ouedraogo, démographe publié dans Le Devoir le 18 janvier 2012

Dégradation de la langue

Pas besoin d'être un fin observateur pour voir ce processus de dégradation de la qualité de la langue opérer au quotidien. Tous les matins défilent devant nos yeux des «jeunes branchés» qui, de la porte de leur maison jusqu'à la salle de classe, se bouchent les oreilles avec un iPod ainsi que le regard avec un iPad, de sorte qu'ils n'ont plus besoin d'écouter ou d'entendre leurs semblables, ni même d'observer ou de voir ce qui se passe autour d'eux.

photo le devoir

Et quand on n'a plus d'oreilles pour entendre ou écouter, plus d'yeux pour observer ou lire, que peut-on communiquer? Qu'apprend-on à communiquer? Voilà pourquoi, faute d'être utilisé à la maison comme à l'école, le vocabulaire français disparaît dans sa richesse comme dans ses nuances pour faire place à un nouveau langage caractérisé par des phrases incomplètes et beaucoup de gestes.

Au lieu de se vautrer derrière le réflexe facile de l'interdiction, la CSDM devrait d'abord s'attaquer en classe à l'appauvrissement de la qualité de la langue. Certainement, le défi peut paraître insurmontable à un moment où même nos futurs enseignants eux-mêmes coulent leur test de français, mais ce défi est bien plus constructif pour l'avenir de la langue française que d'antagoniser ses locuteurs autour de questions relevant tout d'abord de libertés individuelles.

En un mot, au lieu de s'occuper de la langue utilisée en dehors de la classe, la CSDM devrait d'abord essayer d'imposer à nos «enfants rois» l'obligation en classe d'enlever la casquette et les écouteurs, de fermer les iPod et iPad, d'articuler en parlant, de faire de la lecture à haute voix, de citer des sources documentaires autres que l'Internet, d'écrire et de jouer des pièces de théâtre, de mémoriser des pièces d'anthologie comme Le Corbeau et le Renard, Le Loup et l'Agneau, Le vieil homme et la mer, etc.

Des efforts jamais plaisants pour des jeunes prompts à se rebeller et à crier la fin du monde, mais qui leur seront très utiles pour écrire et parler plus tard «comme du monde». C'est là le seul remède qui vaille contre la dégradation de la qualité du français à l'école et c'est à ce défi qui relève de sa cour que l'école devrait s'attaquer plutôt que de vouloir imposer à des jeunes la langue à utiliser dans des conversations privées.

Voir dans Le Devoir

L’état du français à Rivière-des-Prairies

Article de Samuel Leduc-Frenette publié dans L'Informateur le 17 janvier 2012

Une faible capacité d’intégration

photo informateur

Il serait naturel de croire qu’il s’agit d’une situation répandue à Montréal. Sauf que dans les quartiers adjacents, une majorité d’immigrés allophones, c’est-à-dire ne parlant ni français ni anglais, sont passés au français.
Selon des calculs effectués par Gérald Paquin, qui enseigne à l’École de technologie supérieure (ETS), les substitutions avantagent le français dans les arrondissements de Montréal-Nord et d’Anjou dans 70 % des cas.

Inversement, dans l’arrondissement Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles, les substitutions se font dans 58 % des cas vers l’anglais. Et comme Pointe-aux-Trembles est à 94 % francophone, la communauté anglophone qui grossit le plus est celle de Rivière-des-Prairies.
Ces trois arrondissements ont pourtant des proportions comparables de francophones, d’anglophones et d’allophones, fait remarquer M. Paquin dans sa conclusion.

Les anglophones du Québec qui font partie de la minorité historique d’origine britannique ne dépassent pas les 3 % de la population du Québec, estime M. Serré. Cette surreprésentation et cet attrait pour l’anglais ne favoriseront donc pas le français dans les années à venir.
« Le milieu, ici, on le sait, supporte parfaitement l’utilisation de l’anglais, mentionne-t-il en parlant de Montréal de façon générale. Quelqu’un qui est unilingue anglais en arrivant, il n’a aucune obligation sociale d’apprendre le français. Il peut parfaitement se débrouiller uniquement en anglais.»

La capacité d’accueil du Québec est aussi limitée, ajoute M. Serré. Des États américains aussi, sinon plus populeux que le Québec accueillent moins d’immigrants que les 50000 nouveaux arrivants qui s’établissent chaque année au Québec.
« La capacité d’intégration des immigrants, elle est de loin inférieure à 50000 », laisse-t-il entendre, si elle n’est pas inférieure à 30000. Une estimation de la capacité d’accueil réelle demeure toutefois bien hypothétique.

Quant à l’évolution de l’anglais dans Rivière-des-Prairies, il faudra attendre le recensement de 2011 pour avoir des données plus fraîches. À moins que, comme l’ont fait remarquer certains chercheurs, les nouvelles méthodes de Statistique Canada rendent ces informations moins fiables…
Voir dans L'Informateur

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