À propos du bilinguisme automatique dans vos interventions publiques

L’absence de réactions a ainsi insidieusement légitimé le bilinguisme institutionnel qui s’est répandu dans les services publics et sur le marché du travail. Citoyens, à nos gardes !

MQF – 03/02/2018

VIDÉO – Bilinguisme institutionnel

Je vous écris tout simplement en tant que citoyen qui réfléchit à votre utilisation du bilinguisme automatique dans vos interventions publiques.

Aisément, tout le monde est d’accord avec le fait de respecter les anglophones qui vivent avec nous depuis longtemps. Il n’y a aucun manque de respect envers ces anglophones de s’adresser à eux uniquement dans la langue officielle du Québec, le français.

D’ailleurs qui oserait s’offusquer du BONJOUR unilingue des taxis multicolores de Montréal apparu ces derniers temps ?

Tenir à s’adresser à eux de manière bilingue pourrait plutôt signifier l’accréditation d’un préjugé révoltant laissant soupçonner leur incapacité ou leur manque d’habileté linguistique qui les empêcheraient d’apprendre le français. La grande majorité de ces gens vivent ici au Québec depuis des décennies. Ayant vécu moi-même trente ans dans l’Ouest-de-l’île ( WI pour certains) où la majorité de la population est de langue anglaise, j’ai pu constater que le nombre d’anglophones qui comprennent la langue commune augmente continuellement. Il me semble que ce serait un acte de respect de leur parler en français, un respect réel et non superficiel de leur reconnaître cette qualité d ‘être bilingue.

Ce n’est pas non plus irrespectueux de s’adresser dans la langue officielle à tous les nouveaux citoyens qui viennent de partout dans le monde pour vivre avec nous et leur reconnaître ainsi le même niveau de capacité d’être bilingues ou multilingues comme ils le sont souvent… Cela les incitera réellement à améliorer davantage leur maîtrise du français. À l’opposé, l’usage du bilinguisme institutionnel et automatique proclamera qu’ils peuvent apprendre ou utiliser la langue qu’ils veulent, décision qui pourrait rendre difficile leur insertion dans la société québécoise. L’offre de services automatiquement disponibles en anglais peut leur suggérer de rejoindre la communauté anglophone historique, communauté que nous respectons, mais dont la croissance ne devrait pas mettre en danger le prestige de la langue officielle du Québec. Cependant, il est évident que cette tendance peut désavantager le prestige de la langue officielle, la rendant à plus ou moins long terme absolument inutile, particulièrement dans la grande région de Montréal. Cette partie du Québec est richement métissée, mais doit continuer à être porteuse d’une langue officielle, le français comme toute autre langue commune existante dans toutes les grandes capitales cosmopolites du monde, telles Londres, New York, Rome, et Paris. Partout, une langue commune propre aux échanges collectifs et une affluence de locuteurs multilingues selon le désir de ses habitants dans leurs activités individuelles.

Il n’est pas plus irrespectueux de s ‘adresser en français uniquement aux citoyens du Québec que le fait de s ‘adresser en anglais aux francophones hors-Québec. En effet, le bilinguisme automatique n’existe pas véritablement hors-Québec.

Les francophones hors-Québec connaissent l’existence d’une loi non écrite qui leur rappelle que, pour pouvoir nourrir leur famille là-bas ils doivent parler l’anglais qui est la langue commune des lieux. C’est la langue de prestige et de la vie publique… Le français, leur langue maternelle, est alors reléguée à la zone individuelle et aux autres endroits là où le nombre le justifie selon la loi canadienne.

En comparaison, les anglophones du Québec apprennent à vivre dans un environnement linguistique qui n’est pas celui de leur langue maternelle comme les francophones hors-Québec apprennent à vivre dans un tel environnement linguistique. Évidemment, l’apport de l’environnement majoritaire de l’Amérique du Nord permet de pérenniser leur langue maternelle anglaise.

Ainsi, le français devrait être ici la langue de prestige et de la vie publique au Québec, seul lieu en Amérique du Nord où il peut espérer être la langue commune et la langue officielle. Les services publics en anglais pourraient être fournis là où le nombre le justifie selon la loi canadienne. Actuellement, le gouvernement du Canada (au nom des langues minoritaires) fournit des sommes énormes pour tenter d’implanter des services en anglais partout au Québec contredisant la déclaration de son gouvernement que le français est la langue officielle du Québec. Le gouvernement actuel du Québec semble vouloir les imiter.

D’emblée, il faut reconnaître l’apport de la communauté anglophone au développement d’ici. Le fait que la société québécoise veut s’assurer que le français demeure la langue officielle au Québec ne devrait jamais être considéré comme une négation de la réalité de cet apport. Cependant, la société québécoise souhaite ardemment, exigence vitale, que tout nouveau citoyen arrivant ici pour vivre avec nous, accepte que le français demeure la langue officielle du Québec et que ces nouveaux arrivants ne soient pas considérés comme membres automatiques de la communauté anglophone du Québec mais comme nouveau citoyen venant rejoindre la seule grande communauté francophone du continent… Ceci n’empêchant aucunement tout citoyen du Québec de parler deux ou plusieurs langues. Seul, cet équilibre assurera la pérennité de la langue française au Québec.

Souhaitant tout le succès possible dans vos fonctions, Mme Valérie Plante, je formule le souhait que vous songiez au message sous-jacent de vos interventions et vous prie d’accepter mes salutations distinguées.

30/01/2018 – PLANTE, Jean-Guy

 

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