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Défendre le français

Les seuls motifs valables pour qu’un employeur exige la connaissance d’une autre langue devraient être liés aux relations à l’extérieur du Québec.

MQF – 02/12/2017

Statistique Canada nous apprenait mardi que le français en tant que langue prédominante dans les milieux de travail au Québec a régressé, tout comme le français comme langue maternelle.

Il s’agit d’un constat préoccupant qui commande des gestes précis, notamment en francisation des immigrants.

Selon le portrait linguistique dévoilé mardi, la proportion de travailleurs qui déclarent le français comme langue principale a diminué de 2,3 % entre 2006 à 2016, passant de 82 % à 79,7 %.

Parallèlement, le français comme langue maternelle a légèrement reculé, de 79,7 % à 79,1 %, entre 2011 et 2016 dans la province.

En août dernier, Statistique Canada nous apprenait également que le poids démographique des francophones avait à nouveau diminué entre 2011 et 2016 tant au Canada (de 22 % à 21,3 %), qu’au Québec (de 79,7 % à 78,4 %).

Si les tendances linguistiques et démographiques doivent être analysées à long terme, il faut reconnaître que les changements observés au cours des dernières années sont inquiétants.

Il est certes normal, à l’heure de la mondialisation, que de plus en plus de travailleurs des secteurs financiers, industriels ou technologiques, notamment, utilisent l’anglais lorsqu’ils sont appelés à échanger avec des interlocuteurs étrangers, mais il est impératif que le français demeure la langue première dans les milieux de travail.

Et cela, c’est la responsabilité autant des Québécois dits de souche que des nouveaux arrivants.

L’immigration entraîne évidemment une augmentation de la proportion de personnes qui parlent une autre langue que le français ou l’anglais, ce qui contribue à la diminution du poids démographique des francophones au Québec, du moins si on se fie aux données de Statistique Canada, qui indiquent par ailleurs que la minorité de langue anglaise dans la province représentait 13,7 % de la population en 2016, en légère hausse par rapport à 2011 (13,5 %).

Toutefois, il ne faut pas blâmer les immigrants qui sont naturellement attirés par la langue qui leur sera la plus utile pour s’intégrer et travailler.

Et s’il est vrai que presque 50 % des allophones utilisaient le français au travail en 2016, comme l’indique Statistique Canada, il faut faire mieux.

L’un des problèmes à l’heure actuelle est que la francisation des nouveaux arrivants est en grande partie un échec, comme l’a démontré la semaine dernière le rapport 2017-2018 de la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc.

Son constat est dévastateur : seulement le tiers des personnes immigrantes admises au Québec (de 2010 à 2013) qui ne connaissaient pas le français ont participé à des cours de francisation.

De plus, la vaste majorité (près de 90 %) de ceux qui ont suivi des cours n’atteignent pas le « seuil d’autonomie langagière » qui leur permettrait l’accès au marché du travail ou aux études postsecondaires ou encore de connaître la culture québécoise.

Alors qu’il est urgent pour le gouvernement d’agir sur ce front, le premier ministre Philippe Couillard maintient que le français va bien au Québec. Il n’a qu’en partie raison.

Et, hier, lorsque le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, lui a demandé si les données de Statistique Canada l’inquiétaient, M. Couillard l’a accusé d’être défaitiste et a affirmé que les Québécois sont fiers de leur langue.

Or, là n’est pas la question.

En refusant même de discuter de ce sujet, M. Couillard fait preuve d’une navrante désinvolture et d’une partisanerie politique indigne alors que son gouvernement a la responsabilité de protéger la langue française et de s’assurer que les immigrants l’apprennent afin de s’intégrer socialement et économiquement.

La situation est préoccupante.

Alors, plutôt que d’accuser ses adversaires de paniquer, M. Couillard devrait avoir la décence de regarder la situation avec objectivité et sérieux. Et agir.

30/11/2017 – DUFRESNE, Denis

 

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