Accueil / Francophonie / L’écrivaine Leïla Slimani, nouvelle voix francophone d’Emmanuel Macron

L’écrivaine Leïla Slimani, nouvelle voix francophone d’Emmanuel Macron

Les prochains mois nous diront pourquoi Emmanuel Macron nomme cette représentante pour la francophonie.

MQF – 07/11/2017

Le jour de l’annonce officielle est symbolique. Alors que le prix Goncourt était remis à la mi-journée à son successeur, Eric Vuillard, Leïla Slimani est nommée représentante “personnelle” du président Emmanuel Macron pour la francophonie.

Un an après, donc, avoir décroché, elle aussi, le prestigieux prix littéraire pour son deuxième roman Chanson douce (Edition Gallimard), traduit depuis dans un trentaine de langues. Elle y racontait la folie d’une nourrice pourtant bien sous tous rapports mais qui en vient à tuer les deux jeunes enfants d’un couple parisien dont elle a la garde.

N’affichant pas d’engagement politique, Leïla Slimani a rencontré Emmanuel Macron au cours de la campagne présidentielle. Ce dernier qui avait apprécié son roman, souhaite la rencontrer. Elle appelle ensuite publiquement à voter pour lui afin de “contrer Marine Le Pen” qui représente à ses yeux “le pire pour l’avenir de la France” et “par adhésion” à “la jeunesse, la modernité d’Emmanuel Macron – également fervent défenseur de l’égalité des hommes et des femmes“, peut-on lire dans Le Parisien, le 28 avril 2017.

Ministre de la Culture ?

Après son élection, l’écrivaine franco-marocaine de 36 ans accompagne le président et son épouse lors d’une visite au roi du Maroc, Mohammed VI. Emmanuel Macron lui aurait aussi proposé le ministère de la Culture.

Une information qu’elle ne dément pas au micro de nos confrères de France Inter, le 28 août 2017. Elle préfère alors botter en touche quand la question lui est posée en répondant : “On a une très bonne ministre de la Culture et je pense qu’elle va faire des choses extraordinaires.”

Le nouveau titre de “représentante personnelle du président pour la francophonie” dont Leïla Slimani est aujourd’hui affublée recouvre une mission qui échoie habituellement à un.e ministre.

Mais ce portefeuille n’a pas été attribué depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à la présidence et la composition des deux premiers gouvernements d’Edouard Philippe. Elle sera donc seule à porter ce dossier.

Une représentante pour quelle mission ?

En nommant Leïla Slimani, le président français préfère une personnalité reconnue à une figure politique pour mener à bien cette mission au nom de la présidence.

Leïla Slimani incarne le visage de la francophonie ouverte sur un monde pluriculturel. Et c’est une femme engagée, explique un conseiller d’Emmanuel Macron à nos confrères du Parisien qui ont révélé cette nomination. Elle fait partie d’une nouvelle génération que le président veut faire émerger.

Leïla Slimani a, en effet, publié son dernier ouvrage Sexe et mensonges, la vie sexuelle au Maroc (Editions Les Arènes) dans lequel elle défend une sexualité libre au Maroc. Un pays où “la loi punit et proscrit toute forme de relations sexuelles hors mariage, tout comme l’homosexualité et la prostitution.” Elle s’est aussi élevée contre le port de la burqa au Maroc et affirmait : “les femmes doivent retrouver le moyen de peser sur une culture qui est l’otage des religieux et du patriarcat.

En décembre 2015, elle venait parler sur le plateau de notre magazine Maghreb-Orient Express de son texte “Intégristes, je vous hais“, publié dans l’ouvrage collectif Qui est Daech ? (Collection Les 1ndispensables) :

Son rôle en tant que “représentante pour la francophonie” ? Il est défini dans une lettre de mission qui lui a été remise à l’Elysée, ce lundi 6 novembre, lors de sa rencontre avec Emmanuel Macron. L’écrivaine doit siéger au Conseil permanent de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Elle “portera au plus haut le rayonnement et la promotion de la langue française et du plurilinguisme“, précise le communiqué de la présidence. Elle représentera “une politique francophone ouverte” et des projets liés “aux priorités du Président de la République telles que l’éducation, la culture, l’égalité femmes-hommes, l’insertion professionnelle et la mobilité des jeunes, la lutte contre le dérèglement climatique et le développement du numérique.

07/11/2017 – BARON, Léa

 

Commentaires

Voir aussi

Bilinguisme à la Cour suprême: il faut une loi

Légiférer afin d’exiger des juges bilingues est un obstacle aux nominations partisanes. MQF – 02/11/2017 …

Power by

Download Free AZ | Free Wordpress Themes