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Loi 101, protection et liberté

Réduire le financement des institutions anglophones au niveau du poids démographique (entre 5% et 9%) de la communauté anglaise historique permettra donc un financement plus accru des institutions francophones.

MQF – 09/06/2017

Protéger la minorité anglophone, ce n’est pas une raison pour s’étouffer soi-même! À la lecture des propositions qui seront soumises aux militants du Parti québécois, lors de leur congrès, il est prévisible que le dossier le plus accaparant sera celui de la langue. L’extension de la loi 101 au niveau collégial risque fort de soulever beaucoup de passion et de braquage si les délégués ne font pas preuve de nuance et d’originalité. Chose certaine, le PQ ne peut sortir de ce congrès sans piste convaincante de solution pour endiguer le recul de la langue française au Québec.

L’État québécois a l’obligation de protéger les droits de la minorité anglophone en vertu des lois et des traités, mais il n’a pas à veiller à son expansion en facilitant le passage d’allophones ou de francophones vers ses institutions. D’un autre côté, le désir des parents québécois de voir leurs enfants maitriser l’anglais ou d’autres langues secondes est tout à fait légitime et le ministère de l’Éducation doit s’employer à améliorer l’enseignement des langues secondes dans ses institutions d’enseignement, sans pour autant les bilinguiser.

Dans la plupart des pays du monde, la langue officielle de l’État constitue la langue de ses institutions publiques et les minorités linguistiques assument financièrement leurs particularités. L’intégration des nouveaux arrivants se réalise à travers les services publics et de façon plus évidente par l’éducation qui s’avère un lieu de rassemblement et de partage extraordinaire. Les récents résultats de Statistiques Canada nous font clairement voir les limites de la Loi 101 ne s’appliquant qu’au réseau scolaire, alors que l’usage du français recule. Encore plus paradoxal, c’est la majorité francophone qui finance plus ou moins volontairement sa régression.

La situation est relativement simple dans les pays qui n’ont qu’une langue officielle et elle s’impose dans toutes les communications. Il en est autrement pour les États où nous en retrouvons plus d’une et il s’avère que c’est généralement la langue de la majorité qui prédomine. La langue officielle du Québec est le français, mais la province s’insère dans un Canada officiellement bilingue avec une nette prédominance de l’anglais. À elle seule, cette situation devrait nous sensibiliser à la fragilité de notre langue sur le territoire et nous pousser à la protéger plus vigoureusement. Faute d’une indépendance qui éliminerait les confusions, il appartient au gouvernement québécois de se montrer plus vigilant. En cette matière, nous ne pouvons pas compter sur un PLQ qui contribue à notre disparition tranquille par son laxisme.

Dans le respect des obligations constitutionnelles à l’égard des anglophones et dans le respect de la majorité francophone, le gouvernement québécois devrait financer les institutions et les services aux anglophones sur la base de leur poids démographique historique ou découlant de l’application de la loi 101. Ainsi, les allophones et les francophones qui voudraient déserter le secteur francophone à la sortie du secondaire devraient en assumer eux-mêmes les frais comme cela se fait raisonnablement ailleurs dans le monde.

Le Québec est plus que généreux dans le financement des institutions anglophones, tous secteurs confondus. Le financement des cégeps, des universités, des hôpitaux et autres services publics à la minorité est loin d’être proportionnel à leur poids démographique et le Parti québécois a une excellente occasion de rétablir l’équilibre avec des propositions originales sur le financement, en respectant les libertés individuelles et en sauvegardant les droits de la minorité anglophone.

05/09/2017 – PARENT, Réjean

 

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