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Le New York Times et le bonjour/hi

Il y a encore beaucoup de moqueries et d’incompréhension contre nos lois linguistiques québécoises de la part des anglophones des États-Unis.

MQF – 11/12/2017

Le New York Times a un nouveau correspondant à Montréal. Bonne nouvelle.

Le New York Times a pondu en texte en français pour annoncer la nouvelle. Bonne nouvelle.

Le correspondant en question (Dan Bilefsky) parle français et est originaire de Montréal. Très bonne nouvelle.
Moins bonne nouvelle : dans le premier paragraphe de son premier texte, il revient avec une anecdote ridicule, un épiphénomène monté en épingle.

Pour illustrer à quel point les guéguerres linguistiques au Québec sont parfois ridicules, il commence son texte avec cette vieille histoire d’un client d’animalerie de Napierville qui se serait plaint que le perroquet qu’on voulait lui vendre ne parlait pas français.

Cette histoire remonte à… 1995, il y a 22 ans !

Elle avait été complètement montée en épingle par des excités du bocal comme Mordecai Richler pour faire passer les pôvres anglos opprimés pour des victimes de la méchante police de la langue. C’est à cette époque que la Gazette, sous la plume d’Aislin, publiait des caricatures montrant Louise Beaudoin comme une nazie, « LooLoo la dominatrix », une louve des SS sadique en veste de cuir clouté, qui fouettait les opprimés anglophones.

Et c’est la première chose que le très sérieux correspondant du très sérieux NYT écrit sur le Québec de 2017 ?
Qu’un tata anonyme se soit déjà plaint, il y a un quart de siècle, dans une animalerie d’une municipalité de 3500 habitants, que le perroquet Peek a Boo ne parlait qu’anglais, on s’entend que c’est une chiure de mouche dans la vaste histoire du Québec. C’est « much ado about nothing » comme on dit chez les perroquets unilingues. Et c’est une vraie caricature du combat légitime des francophones pour la défense de leur langue.

En 1998, le plus important magazine d’information aux États-Unis, 60 minutes, a présenté un reportage intitulé French vs English. L’essentiel de ce reportage biaisé consistait à ridiculiser le travail des inspecteurs de l’OQLF et à déformer les propos de Louise Beaudoin, comme si elle souhaitait l’éradication de l’anglais (alors qu’il ne s’agissait que d’exiger la prépondérance du français).

On y voyait une interview de Mordecai Richler qui relatait en quelques mots l’anecdote du perroquet et affirmait, faussement, qu’une plainte avait été logée à l’OQLF. « Je ne sais pas si le perroquet a été tiré », racontait l’écrivain en rigolant de sa bonne blague.

La scène suivante, le reporter de 60 minutes rencontrait le président de l’OQLF et lui demandait si une plainte avait déjà été logée pour un perroquet unilingue. « Non, monsieur » a répondu le fonctionnaire.

Me semble que l’affaire est close, non ?

En 2013, dans le National Post, Graeme Hamilton est même allé jusqu’à laisser entendre que l’affaire du perroquet avait carrément été inventée de toutes pièces par Richler.

Graeme Hamilton: Even francophones are waking up to Quebec's language folly

Que le NYT ait choisi de nous resservir cette anecdote 22 ans plus tard comme si c’était représentatif de la situation linguistique au Québec, quel dommage/what a pity !

10/12/2017 – DUROCHER, Sophie

 

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