Bernard Descôteaux, Le Devoir, 16 avril 2011.
Étendre la loi 101 aux cégeps serait un signal fort. Il faut toutefois inviter les militants péquistes à la prudence. La loi 101 au cégep n'est pas la panacée que certains imaginent. Le danger serait de croire qu'avec cette mesure on aurait réglé un problème, alors qu'on ne se serait attaqué qu'à une de ses manifestations et probablement la moins grave. Le nombre d'immigrants et d'enfants d'immigrants qui fréquentent le cégep francophone a presque doublé en 10 ans et si le nombre de francophones qui optent pour le cégep en anglais est en croissance, ils ne sont tout de même que 5,2 %. Le problème est ailleurs, il est dans l'utilisation de plus en plus grande de l'anglais dans les milieux de travail, qu'il faut franciser; il est dans ces immigrants qui n'ont pas accès à des cours de français et qui des années après leur arrivée ne parlent toujours pas la «langue commune» du Québec. Ils étaient 191 000 en 2006, nous dit le démographe Michel Paillé, dans une lettre publiée ci-contre. Il y a plus urgent que le cégep en français.
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