LE MOUVEMENT QUÉBEC FRANÇAIS INVITE LA BANQUE NATIONALE À REFRANCISER SES RELATIONS DE TRAVAIL

Communiqué de Mario Beaulieu, président du Mouvement Montréal français, publié le 20 décembre 2011

Le président du Mouvement Québec français, Mario Beaulieu écrit à Louis Vachon, président de la Banque Nationale pour expliquer les motivations de la campagne de protestation contre son institution financière et pour l’inviter à appliquer des vraies solutions pour refranciser les relations de travail à la banque « (…) dans lequel cas il nous fera plaisir de cesser nos moyens de pression. » explique Mario Beaulieu.
Voir la lettre :

Le 20 décembre 2011

M. Louis Vachon
Président et chef de la direction
Banque Nationale du Canada

OBJET : Campagne de protestation contre l’anglicisation de la Banque nationale

Monsieur Vachon,

Au nom du Mouvement Québec français, permettez-moi de vous expliquer les motivations de notre campagne de protestation contre l’anglicisation de votre institution.

Alors que vos employés se plaignent que l’anglais est devenu la principale langue de travail dans plusieurs services de votre institution, votre réaction a fait preuve d’une désinvolture troublante, notamment lorsque vous avez refusé d’imposer des cours de français au premier vice-président des technologies de l'information. Votre déclaration à un quotidien «Il va rester à l'embauche. Je ne ferai pas non plus de chasse à l'Anglais à la banque» est carrément irrespectueuse, d’autant plus qu’on rapporte que la Banque nationale a embauché des cadres unilingues anglais, anglicisant ainsi des services entiers, imposant l’anglais comme langue de travail et incitant des employés francophones à quitter leur emploi.

Qui plus est, les mesures que vous avez annoncées sont nettement insuffisantes voire mollassonnes. La BNC « offrira des cours de français » sans exiger que quiconque en suive. La Banque prévoit de changer ses «façons de faire assurant le renforcement du déroulement des réunions et des échanges en français au Québec » alors qu'elle devrait exiger énergiquement que toutes les réunions se déroulent en français dès maintenant. Les contacts à l’extérieur du Québec peuvent justifier l’usage de l’anglais, mais ils ne doivent pas servir de prétexte pour angliciser les milieux de travail de votre institution au Québec. De plus, la BNC devrait favoriser l’usage du français dans ses contacts à l’extérieur du Québec afin de promouvoir la diversité linguistique et culturelle dans le cadre de la mondialisation.

Selon nos informations, dans son contrat de service avec IBM, la Banque Nationale aurait abandonné une condition de l’entente avec IBM où cette dernière prévoyait offrir ses services en français. Cet article de l’entente devrait être rétabli dans les plus brefs délais. Il est également inacceptable que vous n’ayez pas l'intention de faire traduire en français le programme MAX, le plus important projet de la banque touchant les technologies de l'information.

Il convient de rappeler que, fondée à Québec en 1859, la Banque Nationale représente un véritable symbole pour les Québécois. Elle doit son ascension au mouvement de solidarité de la population québécoise désireuse d'encourager le monde financier québécois. Aujourd’hui, la moindre des choses, c’est que cette banque démontre du respect envers ce peuple et sa langue.

Il est essentiel que des mesures volontaires, rigoureuses et efficaces soient prises pour refranciser les relations de travail à la Banque Nationale comme d'envoyer tous vos cadres unilingues en session d'immersion de français jusqu'à ce qu'ils soient capables de tenir des conversations de travail en français et que tous les rapports, tous les programmes, tous les logiciels, toutes les rencontres se fassent en français à l'interne. Et surtout, la banque devrait cesser d’embaucher des personnes qui ne parlent pas français. La connaissance du français au Québec est une partie intrinsèque de la compétence. D’ici à ce que ces mesures soient prises, nous continuerons à inciter les Québécoises et les Québécois à retirer le plus tôt possible tout avoir qu'ils ont placé dans votre institution et à vous faire part de leur indignation.

Nous vous invitons à nous contacter lorsque que vous aurez décidé d’appliquer des solutions efficaces pour faire du français la véritable langue de travail de votre institution au Québec, dans lequel cas il nous fera plaisir de cesser nos moyens de pression.

Veuillez accepter nos salutations distinguées.

Le président du Mouvement Québec français,

Mario Beaulieu