Un parfum de fin de régime

Article de Philippe Cantin publié dans La Presse le 21 décembre 2011

Pierre Gauthier a réussi un tour de force. D'une seule décision, il a créé une inimaginable coalition au Québec.

photo la presse

Des ministres du gouvernement Charest aux groupes souverainistes, du député libéral Denis Coderre à Mario Beaulieu, de la Société Saint-Jean-Baptiste, de la page éditoriale de La Presse à celle du Devoir, il a rassemblé des gens de tous les horizons politiques, reconnus pour leurs désaccords fréquents, autour d'une seule idée forte: il est inadmissible que le Canadien de Montréal soit dirigé par un entraîneur unilingue anglophone.

Cette vague de fond entraîne un effet immédiat. Pour Pierre Gauthier, le compte à rebours est enclenché. Il lui sera très difficile de demeurer encore longtemps directeur général du Canadien.

Je ne l'écris pas avec plaisir, puisque j'apprécie l'homme. Mais en nommant Randy Cunneyworth entraîneur du Canadien, Gauthier a mis toute l'organisation dans l'embarras, en plus de miner la crédibilité de son patron, Geoff Molson.

En affaires, une erreur semblable pardonne rarement. Le hockey a beaucoup changé entre l'époque de Frank Selke, dans les années 1950, et celle de Pierre Gauthier. Mais une constante demeure. Le directeur général doit veiller aux intérêts du propriétaire de l'équipe. Il n'a pas le droit d'entacher son image, même lorsque ce n'est pas son intention.

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