Triste, tu dis!

Article de VIncent Guilbault publié dans L'Oeil Régionale le 7 janvier 2012

Pis, le Bye Bye?

Ben non, c’était juste pour rire. Parlons langue et argent.

J’pensais jamais devoir rédiger un éditorial sur le respect de la langue française dans L’Œil Régional. Respect de la langue française! À Belœil? Pour vrai?

Dois-je vous rappeler que le député de Borduas est Pierre Curzi, ancien critique officiel en matière de langue et auteur, avec son équipe, d’un rapport sur l’anglicisation de Montréal. Essayez-vous de gâcher sa nouvelle année?

Je m’adresse à l'équipe du Château, au Mail Montenach. C’est quoi l’idée de mettre des affiches en anglais. À Belœil? Pour vrai? Aux gens du magasin d’électronique EB Games. Vos présentoirs en anglais. On dit que c’est une erreur. Sûrement. Faire un ti-peu attention?

Pis la bande du CHSLD des Pommetiers, à Beloeil. Brandir Merry Christmas, fallait le faire. Ok, on s’est rétracté par la suite. Mais on a refait la même erreur la semaine suivante, en affichant un très beau Happy New Year.

Oui, encore à Belœil. Pour vrai je vous dis. Vous pensiez que ça passerait inaperçu les «savings» et les «cut the price»?

Vous ne le lirez pas dans l’article en page 14, mais une dame est venue me rencontrer au bureau pour me parler de sa nouvelle carte privilège qu’elle a reçue au Jean-Coutu de Belœil. Vous l’aurez deviné, la carte était en anglais seulement. La dame, elle, était offusquée.

On parle en général de compagnies québécoises. Pas des compagnies étrangères qu’il faut mettre au pas. Des compagnies d’ici.

En passant, j’ai appelé les commerces. Aller pas vérifier si c’est vrai, parce que j’espère qu’ils ont réglé la situation.

***

Parlons argent. Vous avez sûrement lu cette nouvelle. Selon une étude du Centre canadien des politiques alternatives, les 100 Canadiens les plus fortunés ont un revenu annuel 189 fois plus élevé que la moyenne canadienne. Lorsque vous lirez le journal, ils auront amassé déjà plus du triple de votre salaire annuel.

Tout le monde a mis son petit grain de sel, les éditoriaux ont fusé de toutes parts. Mais un éditorial m’a fâché. Celui d’Éric Duhaime, un idéologue de droite affiché. Je me permets de le citer, sans rancune, puisqu’il écrit dans le Journal de Montréal et le Toronto Sun, des journaux Quebecor. On est un peu collègue donc, même si mes connaissances en économie sont beaucoup plus limitées que celles de M. Duhaime.

Dans son éditorial du Toronto Sun, il prend la défense des riches, ces entrepreneurs créateurs d’emploi et de richesse collective. La position se défend. Sauf lorsque je lis des extraits comme ça (traduits de l'anglais):

«Si vous voulez que les pauvres d’aujourd’hui deviennent plus riches, arrêtez de blâmer les riches. Essayez de les imiter en créant de la richesse, gardez-en une partie pour vous et contribuez à une plus grande part à la richesse de la société. […] Même les pauvres d’aujourd’hui ont un meilleur style de vie que les riches du passé.»

Ma belle-sœur s'est délectée d'un filet mignon dans un resto à Montréal cette semaine. En passant devant un itinérant affamé, elle lui a laissé son reste de repas par compassion. Les autres itinérants (de gau-gauche, j’imagine) ont commencé à tourner autour d’elle, espérant aussi un peu de nourriture.

Elle a trouvé ça tellement triste.

Triste, tu dis!

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