Article de Samuel Leduc-Frenette publié dans L'Informateur le 17 janvier 2012
Une faible capacité d’intégration

Il serait naturel de croire qu’il s’agit d’une situation répandue à Montréal. Sauf que dans les quartiers adjacents, une majorité d’immigrés allophones, c’est-à-dire ne parlant ni français ni anglais, sont passés au français.
Selon des calculs effectués par Gérald Paquin, qui enseigne à l’École de technologie supérieure (ETS), les substitutions avantagent le français dans les arrondissements de Montréal-Nord et d’Anjou dans 70 % des cas.
Inversement, dans l’arrondissement Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles, les substitutions se font dans 58 % des cas vers l’anglais. Et comme Pointe-aux-Trembles est à 94 % francophone, la communauté anglophone qui grossit le plus est celle de Rivière-des-Prairies.
Ces trois arrondissements ont pourtant des proportions comparables de francophones, d’anglophones et d’allophones, fait remarquer M. Paquin dans sa conclusion.
Les anglophones du Québec qui font partie de la minorité historique d’origine britannique ne dépassent pas les 3 % de la population du Québec, estime M. Serré. Cette surreprésentation et cet attrait pour l’anglais ne favoriseront donc pas le français dans les années à venir.
« Le milieu, ici, on le sait, supporte parfaitement l’utilisation de l’anglais, mentionne-t-il en parlant de Montréal de façon générale. Quelqu’un qui est unilingue anglais en arrivant, il n’a aucune obligation sociale d’apprendre le français. Il peut parfaitement se débrouiller uniquement en anglais.»
La capacité d’accueil du Québec est aussi limitée, ajoute M. Serré. Des États américains aussi, sinon plus populeux que le Québec accueillent moins d’immigrants que les 50000 nouveaux arrivants qui s’établissent chaque année au Québec.
« La capacité d’intégration des immigrants, elle est de loin inférieure à 50000 », laisse-t-il entendre, si elle n’est pas inférieure à 30000. Une estimation de la capacité d’accueil réelle demeure toutefois bien hypothétique.
Quant à l’évolution de l’anglais dans Rivière-des-Prairies, il faudra attendre le recensement de 2011 pour avoir des données plus fraîches. À moins que, comme l’ont fait remarquer certains chercheurs, les nouvelles méthodes de Statistique Canada rendent ces informations moins fiables…
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