Déclin du français: Pierre Curzi persiste et signe

Article de Reine Côté publié dans Branchez-vous le 6 février 2012

Pierre Curzi était heureux qu'autant d'artistes fassent la promotion du français au marathon de 12 heures J'aime ma langue dans ta bouche, samedi soir. Pour le député indépendant de Borduas, il y a urgence d'agir pour contrer le glissement de la langue de Molière dans la métropole.

photo branchez-vous

«Il faut que l'on retrouve collectivement et individuellement notre fierté. Est-ce que l'on tient à notre langue?», se demande le député indépendant de Borduas, qui déplore que le français soit en perte de popularité auprès des Montréalais.

Dans les coulisses du Cabaret Le Lion d'or en attendant de faire sa prestation, M. Curzi a manifesté ses inquiétudes.

Nommé porte-parole en matière de langue alors qu'il était membre de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale, M. Curzi avait commandé une étude sur la situation du français au Québec, plus particulièrement à Montréal. Les résultats l'avaient alarmés: depuis 2006, moins de 50% des Montréalais parlent le français.

Depuis, le député oeuvre pour faire renverser le glissement du français dans la métropole où vit, à toutes fins pratiques, la moitié du Québec.

Il déposera d'ailleurs sous peu ses recommandations pour une nouvelle charte de la langue française.

Selon lui, la solution ne repose pas tant entre les mains des immigrants que sur la présence de francophones à Montréal. «C'est une chose que de parler français, mais c'en est une autre que de vivre dans la culture du français», précise-t-il.

Freiner le déclin du français exigera de mettre en place beaucoup de mesures, indique M. Curzi.

Dans une lettre qu'il a signée en octobre 2009, Pierre Curzi soulignait le danger de voir autant de citadins francophones quitter la métropole au profit des villes de banlieue.

«Le principal danger, c'est qu'un allophone aura plus de chance de fonder une famille avec un anglophone. Si l'on veut que les allophones s'intègrent majoritairement à la culture francophone, nous devons vivre avec eux et nous devons être nombreux à le faire!», mentionnait-il.

«Dans ce contexte, il faut travailler sur le développement de politiques pour garder sur l'île les francophones y habitant déjà et créer des conditions de retour vers Montréal pour les francophones qui s'en sont éloignés», peut-on lire dans la lettre archivée sur le site web du Parti québécois.

La promotion sur le terrain

Ce dernier estime que le milieu des affaires devrait également faire sa part. «Il faut s'assurer que les petites et moyennes entreprises aient des politiques de francisation.»

Le milieu universitaire doit faire des efforts, estime M. Curzi. Ce milieu s'anglicise et cela l'inquiète. «Si les pôles du développement du savoir les plus riches s'anglicisent, c'est l'élite qui va vivre en anglais et dans une réalité anglaise», anticipe le député.

Interrogé sur la dépolitisation de l'Office de la langue française, tel que le suggère la cochef de Québec solidaire, Françoise David, M. Curzi est d'avis qu'il faut surtout davantage de nominations indépendantes de l'appareil gouvernemental à sa tête ou sur le CA.

«C'est très clair que l'OLFQ est dominé par le parti au pouvoir dont l'électorat est surtout anglophone», précise-t-il.

«Il faut que le directeur général soit nommé au deux tiers par les membres de l'Assemblée nationale et que les nominations du conseil d'administration soient dépolitisées», affirme fermement l'ancien président de l'Union des artistes.

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