You’re gonna pleure

Blogues de Richard Martineau publié dans le Journal de Montréal le 3 mars 2012

F**K LA LOI 101

La Caisse de dépôt embauche des cadres unilingues anglophones.

La Banque Nationale a embauché un vice-président unilingue anglophone.

Bombardier Aéronautique demande de soustraire des milliers d’employés à la loi 101.

Une soixantaine d’entreprises oeuvrant dans les secteurs du transport, de la pharmacologie et des logiciels ont obtenu une dispense de se conformer à l’ensemble des dispositions de la loi 101.

Le maire de Huntington viole la loi 101 et en est fier.

Entre octobre 2010 et janvier 2012, le ministère de l’Éducation du Loisir et du Sport a autorisé 137 élèves à « recevoir un enseignement en anglais financé par l’État ».

Le gouvernement donne le feu vert à l’apprentissage intensif de l’anglais au primaire, alors que les jeunes ne maîtrisent même pas leur langue maternelle.

SOYONS LOGIQUE !

Presque chaque jour, le caractère français du Québec reçoit une claque sur la gueule dans l’indifférence quasi générale.

Ceux qui, comme Mario Beaulieu du Mouvement Québec français, osent protester sont ridiculisés et traités de dinosaures « pure laine » repliés sur eux-mêmes et incapables de s’ouvrir sur le monde.

Si le fait français ne nous tient pas plus à cœur que ça, si nous sommes si convaincus que notre avenir et notre développement passent par une plus grande acceptation de l’anglais, soyons logique et poussons notre raisonnement jusqu’au bout.

Déclarons once and for all que le Québec est une province bilingue, et passons à un autre appel, for Christ’s sake.

Cessons d’entretenir le mythe du Québec français et let’s embrace bilingualism full time.

L’INSTITUT LINGUISTIQUE


À quoi ça sert de prétendre tenir à notre langue si on s’en fout ?

Ou on a une loi 101 forte et vigoureuse qui se donne les moyens d’être appliquée d’un bout à l’autre de la province, SANS EXCEPTION NI PASSE-DROIT, ou on met la hache dedans.

Choisissons notre camp et arrêtons de faire semblant !

On ne peut pas d’un côté, dire que nous favorisons l’intégration des immigrants, et de l’autre, mettre à la disposition des allophones des services d’interprètes pour qu’ils puissent se faire servir dans leur langue !
Personnellement, je tiens à ma langue. Mais je préfère de loin tirer la plogue et l’enterrer six pieds sous terre que de la voir vaciller comme c’est le cas présentement.

Vous voulez prendre le virage anglais ? Alors, allons-y tout le monde et signalons le Two-Five-Four-Six-O-One-One.

Let’s party, goddam !

FRENCH KISS

Au début de son dernier spectacle, Sugar Sammy, la nouvelle sensation de l’humour, déclare : « Ce que j’aime de Montréal est que c’est une ville bilingue. »

Je suggère à l’humoriste de relire l’article 1 de la charte de la Ville de Montréal.

« Constitution de la municipalité : Est constituée la Ville de Montréal. Montréal est une ville de langue française. »

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