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Bilingual from coast to coast

Article de Frédérick Bastien publié dans le Huffington Post le 31 mars

Le gouvernement conservateur vient de nommer deux commissaires à l'immigration unilingues anglais pour la région de Montréal. Le ministre de l'immigration Jason Kenney n'y voit rien de mal. « Nous sommes dans un pays bilingue » clame-t-il sur le ton d'une évidence. De plus fait-il valoir, des francophones unilingues sont également nommés, oubliant de mentionner qu'il est impensable de nommer ceux qui parlent français seulement dans le reste du Canada. La réaction du ministre traduit certainement l'indifférence du gouvernement conservateur face au Québec. Mais elle démontre surtout à quel point l'utopie d'un pays bilingue n'a jamais fonctionné et ne fonctionnera jamais.

Le bilinguisme canadien a été conçu par Pierre Trudeau dont le grand projet a consisté à faire en sorte que tous les Canadiens puissent vivre dans la langue de leur choix partout au pays. Comment? D'abord en offrant des services gouvernementaux dans les deux langues de Vancouver à St-Jean de Terre-Neuve en passant par le Yukon. Ensuite en inventant une charte qui élève au rang de droit fondamental le fait d'étudier dans la langue de la minorité, c'est-à-dire en anglais au Québec et en français dans le reste du pays. Finalement en faisant en sorte que le plus grand nombre de Canadiens parlent les deux langues officielles, donc en encourageant les écoles d'immersion, les échanges culturels et ainsi de suite. Dans ce pays rêvé, théorique et idéal, on peut vivre et travailler dans la langue de son choix, comme les deux commissaires unilingues que le ministre Kenney a nommés, ou comme les quelque 300 000 anglophones qui vivent à Montréal sans jamais parler français.

L'article complet sur Huffington Post

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