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Francisation - Quelle efficacité?

Article de Josée Boileau publié dans Le Devoir le 17 avril

Faut-il blâmer le gouvernement lorsqu'il fait respecter une clause de la convention collective d'un syndicat de la fonction publique? C'est la curieuse question à se poser lorsqu'on apprend que, depuis janvier, mettant fin à une pratique qui avait cours depuis 2003, le ministère québécois de l'Immigration et des Communautés culturelles (MICC) fait en sorte qu'un nouvel arrivant ne puisse plus participer à un cours de francisation à temps partiel commencé depuis plus de sept jours. Qu'il attende la cohorte suivante, qui viendra dans quelques mois!

C'est ce que dit la convention du Syndicat des professeurs de l'État du Québec. Et en termes pédagogiques, cela a du sens, limitant le va-et-vient dans la classe et la nécessité, pour le professeur comme pour l'ensemble du groupe, de s'adapter au nouvel arrivant. Mais que fait-on du contexte?

Dans la vraie vie, l'immigrant débarque à Montréal et s'y installera. Il irait tout de go à Québec ou à Trois-Rivières que, déjà, le tableau serait différent. Mais à Montréal, c'est la confusion qui l'attend: dans cette ville dite francophone, on peut très bien ne vivre qu'en anglais. Apprendre l'anglais augmente même ses chances de trouver un emploi — la preuve: le gouvernement est prêt à payer cette formation! Parallèlement, les cours de français sont... facultatifs.

Pour rendre la situation encore plus déroutante, la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, annonçait il y a quelques jours que, dorénavant, ce sont les organismes communautaires plutôt que le MICC qui accueilleront les nouveaux venus. Ces séances pourront avoir lieu en français, en anglais ou en espagnol plutôt qu'en français d'abord, comme le faisait l'État. C'est une question d'efficacité, plaide le gouvernement: comme les organismes communautaires donnent les services de première ligne aux immigrants, ils sont les mieux placés pour ce premier contact.

Ah, l'efficacité! Administrative, pédagogique, économique... On y revient toujours. Mais l'efficacité sociale, qui a à coeur l'inscription symbolique du nouveau Québécois, dès son arrivée, dans un espace francophone, a-t-elle sa place quelque part?

Article complet dans Le Devoir

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