Extrait d'un article publié par le Collectif d'étudiants de diplômés et de professeurs de HEC Montréal, dans Le Devoir, le 23 avril 2012
« L’université n’échappe pas à ce totalitarisme d’un genre nouveau. En témoigne, par exemple, la décision récente de créer des maîtrises en anglais à HEC Montréal. Venant d’un établissement engagé depuis plus d’un siècle dans le développement d’un milieu d’affaires francophone au Québec, cette décision a de quoi déconcerter. Son motif est commercial : il s’agit d’attirer de nouveaux clients [...] Et tant pis si cela implique pour cet établissement public financé par le peuple québécois de produire des diplômés qui ne parleront pas un mot de français ! L’objectif est de croître, à tout prix. »
Les bonnes raisons de refuser cette « entreprisation » de l’université ne manquent pas. Traiter le savoir et la culture comme une marchandise, c’est d’abord prendre le risque qu’ils soient transmis non pas à ceux qui en ont besoin, mais à ceux qui peuvent payer - exit les plus démunis. C’est également prendre le risque que seuls les éléments de ce savoir et de cette culture les plus faciles à commercialiser (parce que plus « rentables » par exemple) continueront d’être offerts - exit la philosophie ou les programmes francophones, quand ils apparaîtront moins « vendeurs » que leurs équivalents anglophones.
Arrêter la destruction de la société
Les bonnes raisons de refuser cette « entreprisation » de l’université ne manquent pas. Traiter le savoir et la culture comme une marchandise, c’est d’abord prendre le risque qu’ils soient transmis non pas à ceux qui en ont besoin, mais à ceux qui peuvent payer - exit les plus démunis. C’est également prendre le risque que seuls les éléments de ce savoir et de cette culture les plus faciles à commercialiser (parce que plus « rentables » par exemple) continueront d’être offerts - exit la philosophie ou les programmes francophones, quand ils apparaîtront moins « vendeurs » que leurs équivalents anglophones.
Pour éviter d’en arriver là, il faut défendre le principe de la gratuité scolaire, financée par l’impôt ; un impôt auquel les plus riches et les grandes entreprises ne pourraient plus aussi facilement se soustraire… Il faut aussi que nos établissements d’enseignement francophones continuent de transmettre à tous leurs étudiants - à tous sans exception - cette composante essentielle de notre savoir et de notre culture qu’est la langue française. C’est ainsi que nous ferons notre « juste part » en matière d’éducation, tant vis-à-vis des générations passées que des générations futures, et que nous empêcherons peut-être la destruction de ce qu’il reste de notre société déjà si malmenée par « l’entreprisation du monde ».
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