Dans son texte dans Le Devoir du 13 février:
1) Elle affirme qu'il est impossible de "s'ouvrir au monde" en français.
"J’ai aussi dit que, à l’époque où nous vivons, dans la réalité dans laquelle nous plonge la mondialisation, je souhaitais que le monde s’ouvre à tous les enfants du Québec et qu’il n’y ait pas de limite à leurs aspirations. La méconnaissance d’une langue est souvent une barrière importante."
Cet argument est l'essentiel du discours des fédéralistes opposés à la Charte de la langue française; le français est un langue tribale tandis que l'anglais ouvre le monde. Elle rejoint ainsi subtilement les propos de P.E. Trudeau sur le "tribalisme" des "canadiens français".
Le PQ vient ainsi d'accréditer les thèses des adversaires de la Charte.
2) Elle veut "ouvrir les enfants au monde" et elle veut qu'ils deviennent "bilingues, voire trilingues", mais ne propose que l'anglais, qu'elle veut imposer et rendre obligatoire alors qu'il existe une multitude de langues sur la planète. Son "ouverture au monde" se réduit donc à l'ouverture au monde anglo-saxon.
3) Par ailleurs, elle ne comprend pas du tout que mettre autant d'emphase sur l'anglais " bilinguisme individuel" ne peut mener qu'à l'assimilation des francophones dans un contexte de bilinguisme institutionnel massif tel qu'il existe au Québec. Son projet de loi 195 ne s'attaque pas du tout au bilinguisme institutionnel hormis une petite mesure sur la langue de travail donc l'efficacité est douteuse.
Elle donne l'exemple du Lac St-Jean ou des programmes d'immersion anglaise n'ont pas mené à l'assimilation. Bordel, quelle stupidité!!!!
Le vrai problème est bien sûr à Montréal et dans l'Outaouais. Que donneront les programmes d'immersion dans un contexte ou la langue de travail est l'anglais, ou les cégeps et universités anglophones occupent presque la moitié du terrain et prennent de l'expansion, ou le plus gros hôpital à Montréal est anglophone, ou un anglophone gagne toujours plus qu'un francophone, etc? Le PQ peut-il réfléchir à cette question , svp?
Si le plan de Pauline Marois est de fermer l'ensemble des institutions anglophones du Québec (Dawson college, John Abbott, McGill et Concordia University, Bishop's, etc.), de ne pas construire le méga-MUHC, de mettre fin au bilinguisme dans les services publics, alors son plan de mettre l'emphase sur l'anglais individuel aurait effectivement peu d'effets comme au Lac St-Jean.
Mais si elle ne fait pas ça, alors son plan nous mènera vers l'assimilation.
C'est pourtant simple à comprendre?
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Le dogme du bilinguisme
Je m'inscris en faux contre la cheffe de l'île 'Bizarre'. S'ouvrir sur le monde n'est pas une affaire de langue, mais d'ouverture d'esprit.
Je comprend que les professionnels veulent se tenir à la fine pointe; l'anglais leur est très utile. Dans un Québec français, pour les gens ordinaires, où est la nécessité de maîtriser l'anglais? C'est de cette langue dont il s'agit vraiment; parce qu'il y a l'autre bilinguisme qui consiste à communiquer dans la langue maternelle de l'autre. Nous avons accès aux meilleurs livres, documentaires et cinéma en français, si nous avons la patience d'attendre la traduction.
J'encourage les personnes intéressées à l'apprentissage d'une autre langue à le faire; mais le dogme de madame Marois et compagnie m'apparaît très handicapant? Dans le Québec français, est-il préférable de maîtriser une langue, le français ou de mal s'exprimer dans deux langues? Est-il préférable d'être bilingue ou d'être compétent dans son métier?
Pour quelqu'un qui prend trois semaines de vacances par année, je ne vois pas d'intérêt dans le bilinguisme, alors que je fais partie de la majorité. Si j'en ai besoin pour me trouver un emploi manufacturier ou dans le commerce au détail, c'est une honte.
Si j'aspirais à devenir Premier ministre, ce serait différent.