AUDIO - Nouvelles règles sur l'affichage en français : Réaction d'Éric Bouchard

Pour le MQF, l’intention du gouvernement serait non seulement claire, nette et précise à l’endroit des entreprises, mais le message envoyé à la population, aux nouvelles entreprises et aux nouveaux arrivants à franciser serait que le territoire du Québec en est un français. Entre 1977 et 1993, l’unilinguisme en matière d’affichage extérieur était sans équivoque. L’aménagement linguistique gouvernemental rendait les choses claires pour les commerçants, pour la population, pour les immigrants, pour les touristes et pour les inspecteurs de l’OQLF.

Nous voilà en 2016 et le Québec est à l'ère du numérique. Il y a de plus en plus de commerce électronique et le nombreux matériel promotionnel est omniprésent dans l'espace public.  

Pour trouver du travail au Québec, mieux vaut parler anglais

LE DEVOIR | COURRIERINTERNATIONAL.COM | 29/04/2016

Dans la Belle Province, c’est encore en français que ça se passe, mais de moins en moins. Des chiffres officiels révèlent que le taux de chômage est beaucoup plus élevé parmi les nouveaux arrivants qui ne parlent pas anglais.

Selon des informations émanant du ministère québécois de l’immigration, de la diversité et de l’inclusion, 23 % des personnes ayant immigré récemment, ne parlant que le français, se trouvent au chômage, contre 16 % de ceux qui ne parlent que l’anglais, révèle le quotidien de Montréal Le Devoir.

Dans la région de Montréal en particulier, le bilinguisme est très généralement exigé par les employeurs. « Les immigrants qui ne parlent pas anglais n’ont pas accès à 40 % des emplois », relève l’économiste Brahim Boudarbat. La plupart des offres d’emploi mentionnent d’ailleurs cette exigence, alors même qu’elle contrevient à l’article 46 de la charte de la langue française qui fait du français la langue officielle du Québec.

Excuse my French!

JOSÉE LEGAULT | JOURNALDEMONTREAL.COM | 29/04/2016

Peut-on encore débattre sereinement de ce qui cloche dans l’intégration des nouveaux arrivants lorsque le premier ministre lui-même soupçonne tout questionnement de «souffler sur les braises de l’intolérance»? Voyons voir...

Le Devoir nous apprenait hier que «près de la moitié des immigrants choisis par le Québec pour répondre aux besoins du marché du travail partent pour d’autres cieux». Du moins, s’ils parlent l’anglais à leur arrivée, mais pas le français.

Traduction: en 2015, 46 % des immigrants choisis par Québec de 2003 à 2014 pour leurs «qualifications professionnelles» et connaissant l’anglais, mais pas le français, avaient quitté le Québec. En majeure partie, pour le Canada anglais.

Amnésie festive

ANTOINE ROBITAILLE | LEDEVOIR.COM | 30/04/2016

Il n’est pas commun que les organisateurs d’une fête soient blâmés par l’Assemblée nationale. C’est arrivé jeudi lorsque les députés, à l’unanimité, ont été obligés de rappeler que le 375e de Montréal, financé par des fonds publics, avait le devoir de respecter le français. Cet épisode — en soi mineur — en dit toutefois beaucoup sur une dérive plus large : la vision hyperfestive, anhistorique, de cette organisation.

Sur une affiche, en gros et en gras, on pouvait lire « Montréal gets moving ». En bas, en plus petit et en caractères normaux : « Montréal bouge ». Posaient fièrement, devant l’affiche, des organisateurs du 375e de Montréal, dont le commissaire aux célébrations, Gilbert Rozon. Quand des internautes dénoncèrent le renversement évident de la règle de la nette prédominance du français — imposée par la Cour suprême depuis le début des années 1990 et inscrite dans la loi 101 —, l’organisme s’expliqua ainsi : « L’anglais est utilisé en premier seulement parce qu’il s’agit d’un événement destiné à des visiteurs de l’étranger ! » Précisons le contexte : la photo avait été prise à Rendez-vous Canada 2016, une foire touristique. Le lieu ? Montréal. Bref, si l’on en croit le 375e, dès que des « visiteurs étrangers » sont concernés, la loi 101 devrait s’effacer. Même si on se trouve à Montréal ! Même si, comme les parlementaires l’ont rappelé dans leur excellente motion de jeudi, l’article 1 de la Charte de la Ville de Montréal indique que Montréal est une ville de langue française ; même si l’article 1 de la Charte de la langue française indique que le français est la langue officielle du Québec.