Quelques vérités sur la langue

LOUIS CORNELIER | LEDEVOIR.COM | 07/11/2015

Quel est le sport national des Québécois ? Le hockey ? Non, répond la linguiste Marty Laforest dans États d’âme, états de langue (Nota bene, 2008). Ce serait plutôt, suggère-t-elle, de « parler de la langue ». Dans Le niveau baisse ! (et autres idées reçues sur la langue), Benoît Melançon, athlète linguistique d’élite, lui donne raison. « La langue est peut-être notre plus ancien sujet de discussion », écrit-il. Ça se comprend. Le sujet, en effet, est passionnant, important et, au Québec, vital.

Dans cette interminable discussion, trois camps, pourrait-on dire pour résumer, s’affrontent. Aux inquiets qui diagnostiquent l’état alarmant de la situation s’opposent les optimistes pour qui tout va assez bien. Les hérauts du premier camp se recrutent souvent dans la famille littéraire et sont qualifiés de puristes, alors que ceux du deuxième camp sont souvent linguistes et se réclament de la science. Un troisième camp, enfin, condamnable celui-là et dont les rangs sont malheureusement bien garnis, regroupe les indifférents 

L'affichage en anglais en partie retiré à l'Hôpital de Gaspé

GENEVIÈVE GÉLINAS | LAPRESSE.CA | 07/11/2015

L'hôpital de Gaspé devra retirer l'anglais d'une bonne partie de son affichage pour se conformer à un avis de l'Office québécois de la langue française (OQLF). L'établissement est ainsi contraint d'abandonner l'une des mesures prises pour simplifier la vie de sa population anglophone âgée et en déclin.

«Dans les 10 dernières années, on avait fait beaucoup de travail avec Vision Gaspé-Percé [un organisme anglophone] pour améliorer l'accès à nos services pour les anglophones. La majorité de l'affichage est dans les deux langues. Mais on doit se conformer à la loi», commente Geneviève Cloutier, porte-parole du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Gaspésie.

Une francophonie d'Amérique sans frontière

STÉPHANE BERGERON | QUEBEC.HUFFINGTONPOST.CA | 07/11/2015

Il est toujours divertissant, mais quelque peu pathétique, de lire et d'entendre les envolées jovialistes du ministre québécois des Affaires intergouvernementales canadiennes, Jean-Marc Fournier, à propos des soi-disant progrès du français au Canada. Il est toutefois navrant et parfaitement inacceptable de le voir instrumentaliser les francophones du Canada pour promouvoir son option fédéraliste.

Nous participions, lui comme moi, la semaine dernière, au lancement du Réseau des villes francophones et francophiles d'Amérique. Curieusement, nous n'en avons pas tiré les mêmes enseignements. D'abord, s'il est vrai que le français a fait des progrès dans certaines régions du Canada, notamment grâce à l'immigration et à la popularité croissante des programmes d'immersion, cela n'est pas parvenu à juguler les taux d'assimilation effarants qu'on observe dans la plupart des provinces. Même dans certaines régions du Québec, selon le Conseil supérieur de la langue française, la langue de Molière serait en recul. Dans les circonstances, comment peut-on se féliciter sans rire que le français se porte mieux?

Pour les conservateurs, le français n’est-il qu’une langue de traduction?

MATHIEU BOCK-CÔTÉ | JOURNALDEMONTREAL.COM | 03/11/2015

Ainsi, le Parti conservateur ne juge pas absurde la possibilité que son chef de transition ne parle pas français. Parmi les candidats à la chefferie intérimaire, rares sont ceux qui le parlent. Cela veut dire que des hommes et des femmes qui briguent un premier rôle dans la vie politique canadienne n’ont pas cru bon, au fil des ans, d’apprendre ce qu’on appellera pudiquement l’autre langue officielle. La chose n'était manifestement pas vitale. Il est fascinant de voir à quel point le Parti conservateur a renoncé à l'héritage de Robert Stanfield et de Brian Mulroney pour redevenir le parti du Canada anglais, et exclusivement du Canada anglais – même s’il parvient à entretenir une succursale québécoise à la contribution  politique marginale. À un moment de son histoire, il a cherché à intégrer à sa vision du pays la réalité québécoise à travers la thèse des deux nations ou celle de la société distincte. Ce n’est manifestement plus le cas. Stephen Harper aura marqué la transition entre les deux visions du Parti conservateur. Il est aussi fascinant de voir qu'on trouve aussi quelques Québécois égarés à la Maxime Bernier pour cautionner ce mépris du peuple québécois en présentant leur attitude comme une admirable ouverture d’esprit. Ils sont si fiers de l'élever au-dessus de ce qu'ils considèrent plus ou moins comme une tribu.