La Charte de la langue française et l’abandon des moyens pour atteindre son objectif

ÉRIC POIRIER | INSTITUT DE RECHERCHE SUR LE QUÉBEC | 02/10/2014

Conclusion de la recherche réalisée par Éric Poirier : La Charte de la langue française et l’abandon des moyens pour atteindre son objectif

Depuis 1977, la loi 101 est victime de son état de relative fragilité. Ne possédant pas de caractère supra-législatif, elle est modifiée au gré des déclarations d’inconstitutionnalité prononcées par les tribunaux et au gré des changements de gouvernement à Québec. Depuis 1977, les treize principales modifications apportées à la loi 101 bouleversent les quatre domaines de la vie publique québécoise autour desquels elle s’articule : la langue de l’État québécois, la langue de l’enseignement, la langue du commerce et des affaires et la langue du travail. Il s’agit ni plus ni moins d’un abandon des moyens que s’était donnés le législateur de 1977 pour atteindre l’objectif de faire du français la langue du Québec.

Le marketing anglomane d’une commission scolaire

ALAIN DION | LE DEVOIR | 27/02/2013

Le 18 février dernier, la Commission scolaire des Phares à Rimouski invitait les parents de tous les élèves du primaire à une rencontre d’information concernant le programme d’enseignement intensif de l’anglais en sixième année. Une cinquantaine de parents se sont donc présentés à l’école Paul-Hubert afin de connaître - c’est ce que nous espérions du moins - les modalités d’implantation et les objectifs de ce programme particulièrement controversé.

Après une brève allocution de la directrice des services éducatifs de la commission scolaire, qui avait pourtant pris soin de souligner que cette rencontre était avant tout un exercice d’information sans parti pris, l’assemblée publique s’est rapidement transformée en une véritable activité de propagande en faveur de l’enseignement intensif de l’anglais.

Un été sous fond de tempête (linguistique)… dans un verre d’eau !

 

Ne soyons pas dupes, car favoriser l’anglais aux dépens du français – et, incidemment, aux dépens des langues autochtones et de toutes les autres langues – comme le fait Ottawa avec sa Loi des langues officielles, n’est en définitive qu’une tour de Pise linguistique ne penchant jamais que du même bord, mettant l’anglais sur un piédestal.

 
 

 

Cet été, assis au soleil, comme une certaine Lise Thibault le faisait si bien, je lisais mes journaux comme le ferait un vrai chef d’État. À ma grande surprise, un débat sur fond linguistique s’est invité dans mes lectures alors qu’aucune étude ni projet de loi linguistique n’occupaient la scène québécoise.

De nombreux textes ont paru dans nos médias à propos du « franglais », mot-valise afin de nommer la créolisation de la langue française québécoise. J’en ai compris que plusieurs de leurs auteurs voyaient dans cette créolisation la dégradation de notre belle langue française. Je n’adhère pas à ce concept de dégradation. Il serait malencontreux toutefois de ne pas se préoccuper de ce phénomène que je nomme plutôt « éloignement de la maîtrise normative de la langue ». Il est fort possible que notre langue ne se porte pas bien. Lorsque les Québécois se « love », se « split le cash », se sentent « fucking » trop bien, deviennent les « best » du monde, il est clair que nous nous éloignons des dictionnaires. Sans vouloir trop dramatiser, il y a de sérieuses interrogations à se poser. Combien grand est notre éloignement lorsque, incontestablement, les statistiques démontrent un recul du français au Québec.

L’anglais, c’est plus tough qu’on le pense!

JEAN-FRANÇOIS VALLÉE | LE DEVOIR | 09/08/2014

Dans «Confessions d’un “grammar nazi”» (Le Devoir, 25 juillet 2014), David Sanschagrin [...] M. Sanschagrin m’a [...] fait tiquer en affirmant que «l’anglais est très certainement une langue facile et efficace». Facile, l’anglais? Vous voulez rire! Si l’anglais était facile, son enseignement dans le réseau scolaire québécois ne serait pas passé depuis une trentaine d’années de 500 heures à plus de 1000, et le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, et le premier ministre, Philippe Couillard, n’en imposeraient pas 400 heures de plus en 5e et 6e année! Demandez à un professeur d’anglais si cette langue est «facile» : après avoir bien ri, il vous répondra que les seuls locuteurs qui trouvent l’anglais facile sont ceux qui le parlent mal…