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Souvenirs de francophonie au Minnesota

Comme elle était grande la Nouvelle-France!

MQF – 13/09/2017

Nous sommes à Brooks dans le nord-ouest du Minnesota.

Population 139 habitants. Une bourgade typique de cet état du Midwest et pourtant c’est dans ce bar perdu au milieu des champs que le français se fraye un chemin jusqu’à nos oreilles.

Attablés, une poignée d’octogénaires égrainent le nom des familles qui ont peuplé cette région du nord-ouest du Minnesota pour fuir la misère. Des Québécois, qui ont pris la route des États-Unis à la fin du 19ème siècle. Depuis dans les cimetières des environs, les tombes témoignent de cette présence canadienne/française à laquelle certains souhaitent redonner un second souffle.

À 73 ans, Virgil Benoît est la mémoire vivante de cette communauté.

Ce professeur de français à l’Université du Dakota du Nord se souvient, «Je me souviens, on pouvait passer des semaines à rien qu’à parler français, parce que y’avait des voisins, y’avait de la parenté qui venait le dimanche !»

Sauvegarder un patrimoine

Il y a 36 ans, lui et une poignée de passionnés ont eu l’idée de créer un festival culturel qui rendrait hommage à l’héritage canadien/français de la région. Le Festival Chautauqua était né.

«J’avais l’idée de démarrer quelque chose qui pouvait souligner la présence des canadiens/français parce que le canadien, il ne s’affirme pas, trop, trop…» surenchérit Virgil Benoît.

Musique. Artisanat. Nourriture. Chaque été en août, le festival rappelle au public ses origines.

«Mes gros, gros grands-pères enterrés ici…»

Les ancêtres de Larry Vaudrin ont fait le chemin depuis Trois-Rivières. À 87 ans, c’est l’un des derniers témoins d’une période dont bientôt seuls les livres d’histoire parleront!

Ce résident de Red Lake Falls dans le Minnesota regrette l’époque où selon ses dires, «Tout le monde parlait français». «Il y en avait qui pouvaient parler anglais, c’est vrai!» Et d’ajouter : “Mon grand-père Vaudrin a jamais parlé anglais».

Comme la plupart des gens de son âge, Larry n’a appris l’Anglais qu’une fois entré à l’école. «Quand j’ai commencé, je ne connaissais pas un mot en Anglais!» Il avoue aujourd’hui que le Français n’est qu’un lointain souvenir. «J’le parle pas trop bien, j’lai tout oublié» souligne t-il dans un français approximatif. «parce que j’ai pas personne pour parler, avec… »

Dans l’annuaire local, Clarence Gagner, se fait appeler, «Frenchy». Si les souvenirs de son enfance passée, en Français sont encore là, il se sent aussi Américain que le drapeau qui flotte fièrement sur sa pelouse.

Bon nombre de ses ancêtres sont enterrés ici dans le cimetière de la communauté de Terrebonne où il a toujours vécu.

Mais que reste-il de cet héritage? Maintenant que le français a pratiquement disparu de la région.

Virgil Benoît, lui, croit avoir la réponse : «Il y a un côté intime en chacun qui vit ici, que la langue française a joué un rôle, qu’il faut respecter», dit-il un brin désabusé.

12/09/2017 – VERRIÈRE, Pierre

 

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