Article de Denis Lessard Publié le 29 septembre 2012 dans La Presse

Les Lavallois exaspérés de ne pas avoir accès à des films en français peuvent se rassurer. La ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane De Courcy, a «pris note» de leur impatience. L'anglicisation de Laval, problème récurrent évoqué par le Parti québécois en campagne électorale, est «préoccupante», selon elle.
Article de Agence QMI Hugo Bourgoin publié sur Canoe.ca le 27 septembre 2012
LAVAL - Le cinéma Colossus de Laval, propriété de Cineplex Divertissement, est actuellement plongé au cœur d'une importante controverse sur sa page Facebook.

Tout a commencé le 7 août dernier alors qu'une cliente du cinéma a écrit sur la page du Colossus un message pour exprimer son insatisfaction par rapport aux services offerts par le cinéma.
[...]

Chers amis et amies de Laval,
Vous savez peut-être à quel point j'ai le français à cœur. La situation du français au Québec m'inquiète et, en particulier, celle à Laval. Vous savez peut-être aussi que j'aime me donner à fond pour les causes auxquelles je crois.
Eh bien, c'est la raison pour laquelle je m'adresse à vous aujourd'hui.
Article de Francis L'Abbé publié sur Radio-Canada Rive-Nord le 6 mars 2012
«Plusieurs internautes nous ont signalé au cours des derniers jours que l’anglais était en nette progression à Laval. À la suggestion d’internautes, je suis allé faire un tour au Carrefour Laval pour constater l’état de la situation.»

«Deux observations à la suite de cette visite :
j’ai été accueilli en français dans la quinzaine de boutiques visitées;
et l’anglais est effectivement omniprésent dans ce centre commercial.
Les clients anglophones sont très nombreux. Dans les couloirs, dans les boutiques, dans l’aire de restauration, près de la moitié des personnes rencontrées s’exprimait en anglais.»
Article de Camille Gaïor publié dans le Courrier de Laval le 9 mars 2012
Messages restés sans réponse, entrevues refusées ou reportées, témoignages anonymes.
«Bien sûr que c’est un sujet sensible, confirme Pierre Sévigny, copropriétaire du IGA au coin des autoroutes 19 et 440. Car si on prend parti d’un côté ou de l’autre, il y a toujours des gens mécontents», explique-t-il à la suite d’une rencontre aux réponses mesurées.

Si M. Sévigny a accepté de parler, plusieurs ont soit refusé, soit accepté sous le couvert de l’anonymat.
Bureaux ministériels
Une réticence aussi ressentie auprès des représentants politiques.
«Je suis toujours surprise du choc que cela peut créer par rapport à la façon d’aborder le sujet, alors que ces communautés se côtoient depuis des siècles», reconnaît Francine Charbonneau.
La députée des Mille-Îles est la seule élue des quartiers visés ayant accepté d'accorder une entrevue, puisqu’après un refus de l’attachée de Michelle Courchesne, députée de Fabre, Guy Ouellette, député de Chomedey, a reporté deux fois l’entretien téléphonique.
Enfin, le bureau de la ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française, Christine Saint-Pierre, n’a pas souhaité donner suite à nos demandes.
Article de Camille Gaïor publié dans le Courrier de Laval le 9 mars 2012
«Avec une augmentation de 35 % entre 1996 et 2006, la population anglophone de Laval, estimée à 68 460 individus, est la communauté d’expression anglaise qui a connu la plus forte croissance en dix ans. C’est ce que conclut le dernier rapport de la Direction de la Santé Publique de Laval (DSP).

Une augmentation qui ne surprend pas le Mouvement Laval français. «Je ne suis pas du tout étonné, car depuis 1995, on a publié plusieurs mémoires là-dessus. À chaque fois qu’on compilait les chiffres de Statistique Canada, on voyait cette augmentation, rapporte Pierre-Benoît Livernois, vice-président de l’organisme.»
Article de Camille Gaïor publié dans le Courrier de Laval l2 9 mars 2012
Dans un contexte nord-américain, un nombre grandissant de petites et moyennes entreprises (PME) favoriseraient l’utilisation de l’anglais, selon le porte-parole du Mouvement Laval français, Rachid Bandou.

«Dans tout le secteur des PME, ça se déroule en anglais et les premières victimes sont les immigrés qui viennent de l’Afrique du Nord, comme l’Algérie, qui est le 2e pays fournisseur d’immigrants au Québec», fait-il valoir. «Moi-même, on m’a proposé d’occuper un poste et pour accéder à un poste supérieur, il fallait l’anglais.»
Mais le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Laval (CCI), Stéphane Corbeil, n’est pas de cet avis. «La communauté anglophone est probablement plus grande à Laval, mais dans les affaires, il n’y a pas eu une montée de l’anglicisation dans les communications ou la langue utilisée. En tout cas, à la Chambre, nous ne l’avons pas sentie.»
Article de Camille Gaïor publié dans Le Courrier de Laval le 9 mars 2012
S’adapter aux anglophones
Après avoir traversé Laval d’est en ouest, via la 440, et descendu l’autoroute 13 vers le sud, on entend toute de suite la différence au mégacentre Sainte-Dorothée.

«Bienvenue au Super C, Welcome to Super C». Voici le message qui se déclenche à chaque passage. Il faut dire qu’ici un client sur deux parle anglais, selon le directeur, Eric Lemieux. «Je ne sens pas de langue prédominante. C’est 50 % français, 50 % anglais et beaucoup parlent plusieurs langues. Mais ici, ce n’est pas aussi marqué que ça pourrait l’être à St-Léonard où j’ai travaillé.»
À lire aussi dans le dossier spécial :
- La population anglophone de Laval passée au crible
- Laval 5 % des plaintes
- La langue, un sujet toujours aussi épineux
- Quelle langue dans les PME ?
Chez Zellers, on dit même avoir adapté le magasin à la clientèle anglophone, qui représenterait 80 % de l’achalandage. «Comme dans tous les Zellers, la circulaire est dans les deux langues, les explications au dos de la facture aussi. Ici, la particularité, c’est que les panneaux sont bilingues, tout comme le message de fermeture, ce qui n’est pas le cas partout», confie de manière anonyme un membre de l’administration. Par contre, comme partout, selon nos sources, la connaissance de l’anglais n’est pas pour autant un critère obligatoire d’embauche.
Mais ce qui agace une des employées, c’est lorsque la langue de travail devient l’anglais.
«Avec les clients, même si je ne sais pas parler anglais, je suis capable de comprendre et de les aider, confie celle qui a plus de 10 ans de vente dernière elle. Mais ce qui me scandalise, c’est lorsque certains de mes collègues m’abordent en anglais. Alors, je leur dit "Dites-moi jamais bonjour en anglais".»
Article de Camille Gaïor publié dans le Courrier de Laval le 9 mars 2012
En 2010-2011, l’Office québécois de la langue française (OQLF) enregistrait 5 % des plaintes provenant de citoyens Lavallois. Si ce chiffre se situe bien loin derrière la Montérégie et Montréal, respectivement à 35 et 33 %, il risque d’évoluer avec la création, à l’automne 2010, du Mouvement Laval français, chien de garde de la langue française sur le territoire.
«Dans la dernière année, on a fait une tournée de la situation à Laval. On a répertorié des infractions et jusqu’à présent, 25 photos ont été envoyées à l’Office», rapporte Pierre-Benoît Livernois, vice-président de l’organisme.

Procédure
Martin Bergeron, porte-parole à l’Office, explique la démarche à suivre: «Avant de porter plainte, la première chose à faire est de demander un service en français. Ensuite, si on reçoit une plainte, on vérifie si elle est fondée, ce qui est évidemment plus facile à faire pour l’affichage ou sur des factures, avant de communiquer avec l’entreprise afin qu’elle remédie à la situation.»
Selon M. Bergeron, une grande majorité des cas se règlent de la sorte. «On a toujours la possibilité de transférer le dossier au directeur des poursuites criminelles et pénales, mais cela représente seulement 2% des cas.»
Voir l'article complet dans le Courrier Laval
Reportage d'Elsa Babaï à JE le 23 septembre 2001 avec Mario Beaulieu, président du MQF et plusieurs autres intervenants. On a beaucoup parlé du recul de la langue française à Montréal. Mais comment est-ce que ça se passe dans les banlieues? JE a sillonné les rues de Laval et de la rive sud de Montréal et a constaté que de nombreux commerces transgressent la Charte de la langue française... en toute impunité.
Voir sur le site de TVA

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