Amazon préfère recruter «in English» au Québec

Francis Halin | Journal de Montréal | Publié le 4 avril 2019

Le fait qu’Amazon ne se donne même pas la peine de traduire en français ses offres d’emploi, ça affiche un mépris à l’endroit des Québécois, qui sont clients d’Amazon.

Maxime Laporte, président du MQF – 04 avril 2019

Contrairement aux Microsoft, Google et Facebook, Amazon préfère recruter ses employés à coups d’offres d’emploi «in English» au Québec, ce qui met en colère le Mouvement Québec français (MQF).

« Le fait qu’Amazon ne se donne même pas la peine de traduire en français ses offres d’emploi, ça affiche un mépris à l’endroit des Québécois, qui sont clients d’Amazon », s’indigne Maxime Laporte, président du Mouvement Québec français (MQF).

L’entreprise de Jeff Bezos est très active au Québec en ce moment.

Elle veut des contrats publics d’hébergement de données.

Après avoir bénéficié de tarifs spéciaux pour son centre de Varennes, Amazon courtise les cerveaux québécois… en anglais.

Au Québec, plus de 11 postes sur 20 d’Amazon sont affichés en anglais seulement sur son site web, et sept de ces 11 postes n’exigent aucune connaissance de la langue officielle du Québec.

En comparaison, les offres d’emploi de Microsoft (7) et de Google (6) sont toutes disponibles en français. Chez Facebook, elles sont surtout en français (6 sur 9).

Mais chez Amazon, le français tarde à s’imposer. Dans la catégorie « architecte de solutions », aucun des sept postes n’apparaît dans la langue de Molière.

Le poste clé en intelligence artificielle de « scientifique principal en audio » est lui aussi affiché en anglais uniquement, et la connaissance du français ne fait pas partie des « qualifications de base », ni même des « qualifications appréciées ».

Pour Maxime Laporte, président du Mouvement Québec français (MQF), le comportement d’Amazon rime avec un refus de reconnaître le droit de travailler en français au Québec, en vertu de la Charte de la langue française.

Selon lui, Amazon, qui est déjà critiquée pour engloutir le commerce local, « devrait se garder une petite gêne ».

« Les entreprises peuvent rédiger ces documents dans une autre langue, pourvu qu’ils soient disponibles en français de façon au moins équivalente », indique pour sa part l’Office québécois de la langue française (OQLF).

Jointe par Le Journal, tôt en matinée hier, la porte-parole d’Amazon, Candi Jeronimo, n’a pas été en mesure de répondre à nos questions hier en fin de journée.

SOURCE – 04/04/2019 – Journal de Montréal

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