Un Breton crée un site pour apprendre le québécois en dix leçons

La France s’intéresse encore au Québec. Les particularités du français québécois fascinent encore autant les Français.

MQF – 19/07/2017

Diffuser le français québécois ? C’est le défi que s’est lancé un jeune Breton du nom de Pierre Moreau. Avec son collaborateur Alexandre Coutu, il a lancé le site pédagogique j’apprends le québécois. Un espace qui fait déjà référence chez les amoureux de la langue de Robert Charlebois.

Ils ont les caribous, Céline Dion, les bûcherons à chemises à carreaux et les expressions qui pétillent sur la langue. Les Québécois francophones possèdent un patrimoine haut en couleur qui se retrouve notamment dans leur idiome. Des formules et constructions grammaticales qui nous rappellent que le français est riche de ses différences. Pierre Moreau, fondateur du site Je parle québécois, les a brillamment relevées dans son nouveau site J’apprends le québécois. Avec son collaborateur québécois et enseignant en français, Alexandre Coudru, il propose un espace pour apprendre et re-découvrir la culture de la Belle Province.

Tout a commencé en 2010. Pierre Moreau vient de terminer ses études et tente l’aventure au pays du sirop d’érable. Elle durera trois ans. Trois années durant lesquelles, le jeune Breton découvrira alors une autre culture et surtout, une langue nourrie d’expressions bien étrangères. «Un jour, on me demanda de chercher un «dépanneur». Je me mis donc en quête d’un garagiste. En réalité, il était question d’une épicerie de nuit, d’un commerce de proximité.»

À son retour dans l’Hexagone, Pierre Moreau décide de partager son expérience qui va bien au-delà des clichés canadiens. Notamment par sa langue. «Le québécois n’est pas une langue étrangère», prévient-il néanmoins comme pour désamorcer les critiques d’éventuels détracteurs. Son objectif n’est ni identitaire, ni politique mais ludique. «J’avais envie de montrer ses particularités et sa richesse.» Je parle québécois naît cinq ans plus tard, en janvier 2015. Et le succès est rapidement au rendez-vous.

Une affaire qui est ketchup!

Composé d’extraits télévisuels et à l’origine destiné aux francophones non québécois, le site bénévole s’ouvre du fait «d’une belle fréquentation» aux habitants de la Belle Province, «à ses expatriés et à ses futurs immigrants». Le succès ne faiblit pas. Toutefois, plus qu’un site «de l’ordre du divertissement», Pierre Moreau décide sous l’instigation de la Toile de créer un autre espace plus éducatif. «Les internautes m’ont fait beaucoup de retours et notamment celui de pouvoir s’exprimer dans la rue, dans de vraies conversations au Québec.» Ainsi naquit le petit frère de Je parle québécoisJ’apprends le québécois!

Lancé en collaboration avec Alexandre Contu, professeur, traducteur pour le gouvernement québécois et auteur de Le québécois en 10 leçons, le site dispense «une méthode d’apprentissage du français québécois très éducative», précise son fondateur, Pierre Moreau. «Nous sommes partis du contenu du livre d’Alexandre pour mieux le dépasser.J’apprends le québécois repose en 10 leçons. La première est gratuite et les suivantes en accès restreint.»

«Si les québécois peuvent se faire comprendre de tous -y compris dans un français international parfait- à l’oral et au quotidien, le français de Québec possède néanmoins assez de différences pour ne pas être nécessairement compris par les Français.» Anglicismes, tournures grammaticales… Pierre Moreau donne trois exemples:

-«L’utilisation du double «tu» pour poser une question. Exemple: «Tu veux tu un…?»

-«Je suis comme mal pris», signifie «je suis dans une impasse».

-«Bienvenu» est lancé pour répondre au «merci» de votre interlocuteur. Il est une traduction littérale de l’anglais you’re welcome, «de rien».

«L’idée n’est pas d’apprendre à parler comme un québécois, en imitant l’accent, mais de donner les clés pour comprendre comment une phrase est construite et apprécier un vocabulaire différent.» Créé il y a seulement deux mois, le site fait déjà référence sur la toile précise Pierre Moreau. Une réussite notamment due à l’attention portée aux questions des internautes mais aussi au respect de la langue. «Nous savons que le sujet linguistique au Québec est assez identitaire et qu’il repose sur un outil d’unification. Par conséquent, nous ne sommes pas dans le jugement de valeur.»

Pierre Moreau conclut: «On rend service». Et les internautes le lui très rendent bien. Son affaire est aujourd’hui on ne peut plus ketchup!

19/07/2017 – DEVELEY, Alice

 

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