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Immigration : enquête de l’UPAC, cours de français et candidats rejetés

Inquiétant tout ça. Est-ce que l’État du Québec va réagir afin de resserrer les pratiques évaluatives, bureaucratiques et budgétaires dans les programmes de francisation? MQF – 12/04/2017 Radio-Canada a appris que le ministère de l’Immigration ne fait pas confiance aux résultats des cours de français dispensés par certaines commissions scolaires …

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Bernard LandryMouvement Montérégie français

Mise en ligne le 22 déc. 2009 Discours de Bernard Landry au lancement Mouvement Montérégie français. Renseignements : 514-839-4140, 514-838-8524 Vidéo montage photos Normand Lacasse pour la SSJB LacasseVidéo 514 843-8851 poste 263 www.ssjb.com Lancement du Mouvement Montérégie français : non au jugement de la Cour suprême invalidant la Loi …

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Un poignard judiciaire dans la Loi 101…

 

« Pourquoi ne pas enchâsser la Charte de la langue française dans les conventions collectives.  »  ─ MQF

 

La Cour d'appel du Québec vient de fracturer le principe même d'un article primordial de la Loi 101 (celui du français, langue de travail) et la nouvelle - sans doute parce l'affaire ne se déroule pas à Montréal - ne semble pas intéresser grand monde… Cela devrait, ce matin, trôner en manchette de tous les médias de langue française au Québec…

La nouvelle, fort bien expliquée par Stéphanie Marin, journaliste de la Presse canadienne, a été jusqu'à maintenant diffusée sur les sites Web du quotidien Le Droit et de Radio-Canada (région Ottawa-Gatineau). Le Droit a aussi publié un résumé incomplet dans son édition papier. Était-ce un premier jet de Mme Marin ou un charcutage maison? Sais pas, mais cela s'ajoute aux erreurs de présentation du quotidien en août 2015, dans une manche précédente de la même guerre judiciaire (voir plus bas).

Alors qu'en est-il, au juste? Au départ il s'agit de savoir si la connaissance de l'anglais est requise pour un pauvre petit poste de commis aux finances à la ville de Gatineau. Le syndicat dit non. La ville dit oui. Un grief est déposé et l'arbitre est saisi de l'affaire. En cause, l'article 46 de la Charte de la langue française, qui stipule: «ll est interdit à un employeur d'exiger pour l'accès à un emploi ou à un poste la connaissance ou un niveau de connaissance spécifique d'une langue autre que la langue officielle, à moins que l'accomplissement de la tâche ne nécessite une telle connaissance.»

L'arbitre René Turcotte donne raison au syndicat, et son jugement s'appuie carrément sur le sens de cette notion de nécessité ou pas de l'anglais (ou de toute autre langue que le français) au travail. «La nécessité ne doit pas être confondue avec l'utilité, l'opportunité, la qualité du service offert par un employeur», écrivait-il. La ville de Gatineau a porté le jugement arbitral en appel à la Cour supérieure, qui a maintenu la décision de première instance. Cette décision est celle qui a donné lieu (en août 2015) aux titres pour le moins fantaisistes en pages une et trois du Droit, ainsi que sur son site Web.

La ville, voulant à tout prix un candidat bilingue pour son poste de commis aux finances, a investi d'autres fonds publics pour attaquer deux décisions, arbitrale et judiciaire, en sachant fort bien qu'elle attaquait aussi la portée de la Loi 101 dans une région où le français est déjà fragilisé. Or, voilà, qu'elle vient de gagner cette troisième manche (et non la première comme l'indique le titre) et que, ce faisant, elle vient d'ébranler un pan entier de la protection judiciaire du français comme langue de travail.

Car le juge Yves-Marie Morrissette, de la Cour d'appel, vient carrément de dire, dans son jugement, que la notion de nécessité (de l'anglais ou de toute autre langue) est beaucoup plus élastique que l'on croyait… Au fond, les législateurs ont écrit le mot «nécessaire» mais ce n'est pas vraiment dans un sens restrictif… Et ce juge, se substituant à l'Assemblée nationale, vient inclure d'autres facteurs pour arriver à un niveau «souhaitable» (plutôt que nécessaire) de connaissances linguistiques, ce niveau pouvant varier de façon plus ou moins floue selon les lieux de travail ou même selon la réalité linguistiques des différentes régions du Québec…

À moins que j'aie mal compris le sens de ce jugement et le texte de Mme Marin, c'est un coup de poignard judiciaire en plein coeur d'un article clé de ce qui reste de la Loi 101… Un grand pas en avant vers le bilinguisme à volonté au travail… Allô, y a quelqu'un à l'écoute dans les médias?

PIERRE ALLARD | PIERREYALLARD.BLOGSPOT.CA| 05/10/2016
 

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Le Tricolore a-t-il perdu son identité?

 

« Les Richard, Beliveau, Lapointe, LaFleur, Roy, Richer et Carbonneau représentaient pour la nation québécoise notre ardeur, notre ténacité, notre courage et notre résilliance face à notre réalité politique. Qu'en reste-t-il de ce fort symbole patriotique chez le Canadien? Que des statuts, des bannières et des souvenirs! Est-ce volontaire de la part de l'organisation ? »  ─ MQF

 

Les Canadiens de Montréal ne sont pas qu’une équipe de hockey ; ils sont une institution, un symbole. Comme le note Benoît Melançon dans Langue de puck (Del Busso, 2014), « la culture québécoise est traversée par le hockey », et ce sport, au Québec, est principalement incarné par les Canadiens de Montréal (suivant la recommandation de Melançon, j’emploie le pluriel plutôt que le singulier pour désigner la formation).

Cette équipe, ajoute aujourd’hui Jean-Pierre Dupuis, a longtemps été « en symbiose avec ses partisans ». Ses exploits étaient considérés comme ceux de tout un peuple parce « qu’elle [incarnait] la lutte des Canadiens français pour faire leur place dans une Amérique anglophone ». Même les francophones qui ne suivaient pas le hockey connaissaient et admiraient les Maurice Richard, Jean Béliveau et Guy Lafleur.

Or, en ce début de saison 2016-2017, force est de constater que le symbole a du plomb dans l’aile. Les Canadiens, en effet, ne comptent dans leurs rangs principaux qu’un seul joueur francophone de bon calibre (David Desharnais). Quatre autres Québécois (Danault, Matteau, Mitchell et Barberio) font partie de l’équipe, mais n’ont pas de poste assuré. 

Le discours et la réalité

Jean-Pierre Dupuis le déplore. « Il n’y a presque plus de joueurs francophones dans l’équipe, et ce, malgré les beaux discours de la direction qui jure faire tous les efforts pour en avoir plus, écrit-il. C’est comme si l’organisation avait troqué son identité — les joueurs francophones enracinés dans leur milieu — contre une machine économique et de marketing redoutable. » Les Canadiens, ajoute-t-il, continuent de vendre leur marque en évoquant leur tradition et leurs légendes francophones, mais négligent, au présent, de respecter ce qui constitue leur distinction.

Dans Où sont les joueurs francophones du Tricolore ?, Dupuis, qui est sociologue, anthropologue et professeur de management à HEC Montréal, analyse l’évolution de la place des joueurs francophones ou francophiles (Québécois francophones, Canadiens français ou Québécois anglophones parlant le français) chez les Canadiens, évalue le rôle des différents directeurs généraux de l’équipe, de 1982 à aujourd’hui, dans cette histoire et propose une stratégie d’ensemble visant à redonner un visage français à l’équipe.

Son essai, très bien mené, documenté et convaincant, intéressera bien sûr les amateurs de hockey cultivés, mais aussi tous ceux qui se soucient de l’avenir de l’identité québécoise. Une célèbre chanson promotionnelle de l’équipe, en 1988, affirmait que « le Canadien, c’est une partie de nous ». Par conséquent, quand cette partie perd son caractère français, il y a peut-être lieu de s’inquiéter pour l’avenir du tout.

Dupuis, qui maîtrise les tenants et aboutissants de ce débat, a déjà prévu les objections à sa thèse. Aussi, il a réponse à tout. À ceux qui affirment que ce qui importe, c’est la victoire et non la langue des joueurs, il réplique par des faits. « Depuis le milieu des années 1950, établit-il, les Canadiens n’ont jamais gagné la coupe Stanley avec moins de neuf joueurs francophones réguliers dans l’équipe et le plus souvent avec dix et plus. »

Deux raisons, selon lui, expliquent le phénomène. Premièrement, une équipe avec une identité francophone forte augmente la ferveur des partisans, ce « qui amène les joueurs à se dépasser pour prouver que les francophones ont leur place en Amérique anglo-saxonne ».

Deuxièmement — et là, c’est le professeur en management qui parle —, une certaine homogénéité culturelle, notamment en ce qui concerne le noyau principal (les cinq meilleurs joueurs), contribue à la chimie et à la cohérence d’une équipe. Tout au long de leur histoire, les Canadiens ont pu miser sur de grands joueurs anglophones (Morenz, Harvey, Dryden) ou européens (Naslund, Kovalev). C’est tant mieux et ça doit continuer, mais l’équipe, résume Dupuis, gagne à d’abord compter sur un noyau principal de joueurs francophones. 

La stratégie de Serge Savard

Devant cette affirmation, les dirigeants de l’équipe et les gérants d’estrade réagissent en objectant que les joueurs francophones de qualité sont rares, aussi recherchés par les autres équipes et, par conséquent, peu disponibles. Or, cette objection, selon Dupuis, ne tient pas.

Il en veut pour preuve le bilan de Serge Savard à titre de directeur général (1982-1995). Ce dernier, pendant son règne, a repêché beaucoup de joueurs francophones, particulièrement lors des deuxième et troisième rondes (50 %), une stratégie qui a été abandonnée par ses successeurs. Le taux de francophones repêchés par Marc Bergevin (2012 à aujourd’hui), lors de ces rondes, ne s’élève qu’à 27,3 %. Savard, de plus, a fait des pieds et des mains pour obtenir des joueurs francophones d’impact par les échanges entre équipes et pour en recruter parmi les joueurs autonomes. Sous son règne, l’équipe a gagné deux coupes Stanley (avec neuf francophones en 1986 et treize en 1993).

Il est vrai, reconnaît Dupuis, que la proportion de francophones dans la LNH a légèrement diminué depuis (de 10 % à 7 %), mais, malgré cela, une stratégie cohérente et globale comme celle de Savard permettrait encore aux Canadiens, selon le professeur, de poursuivre leur tradition francophone. L’avenir de cette dernière, qui constitue la marque distinctive de l’équipe et du Québec, s’annonce sombre, s’inquiète toutefois Dupuis, si Bergevin ne renoue pas rapidement avec l’approche de Savard.

D’ailleurs, pour bien remplir leur rôle de hérauts sportifs de la nation, les Canadiens, suggère Dupuis, devraient soutenir financièrement le développement du hockey dans les communautés culturelles du Québec, « où il y a une relève potentielle peu exploitée ». Ils feraient ainsi augmenter le nombre de joueurs francophones de qualité et rempliraient leur mission culturelle puisque « l’identité québécoise passe aussi par l’intégration des immigrants à notre sport national ». Sans tout cela, les Canadiens ne deviendront qu’une équipe comme les autres.

LOUIS CORNELLIER | LEDEVOIR.COM | 15/10/2016
 

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