Revue de presse

Débat des chefs en anglais: un précédent irresponsable, déplore le Mouvement Québec français

Les chefs de partis devraient reconsidérer leur participation au débat télévisé en anglais, ne serait-ce que par solidarité pour les Acadiens.nes qui eux, n’auront pas droit à une joute électorale dans leur langue à Radio-Canada au Nouveau-Brunswick, une province qui se dit pourtant officiellement bilingue… En espérant se magasiner quelques votes, ils cautionnent directement l’injustice linguistique qui s’abat sur le fait français au Canada.

MQF – 12 septembre 2018

Le Mouvement Québec français (MQF) déplore la participation des chefs des partis politiques au débat en anglais qui se tiendra la semaine prochaine, estimant qu’il créera un précédent «irresponsable», en plus de contribuer au déclin du français.

Le Mouvement, qui a pour mission de promouvoir et de défendre la langue française, en appelle au sens de la responsabilité des leaders et leur demande de se «montrer cohérents et exemplaires eu égard au statut du français comme seule langue commune au Québec, principe qu’ils ne sauraient sacrifier sur l’autel du clientélisme politique», peut-on lire dans un communiqué publié mercredi.

«Créer un tel précédent, c’est irresponsable. Si les chefs vont de l’avant, il ne se passera plus une seule campagne électorale à l’avenir sans qu’on ne presse les groupes médiatiques et les partis politiques de tenir pareil débat national en anglais», a déploré Maxime Laporte, président du MQF.

Ce dernier croit qu’il n’est pas trop tard pour reculer.

«C’est ainsi que l’anglicisation prend forme dans notre quotidien au Québec, a ajouté M. Laporte. C’est ce type de reculs significatifs qui, s’additionnant les uns aux autres, contribuent à affaiblir notre langue. Ne nous surprenons pas, après cela, du fait que les francophones sont en voie de devenir minoritaires sur l’île de Montréal.»

Le MQF croit que l’argument de représentation ne tient pas la route puisqu’il y aurait alors un débat en langues autochtones, en espagnol, en créole, en arabe ou en mandarin.

«Le premier qui a accepté c’est Jean-François Lisée. Moi je pense que c’est important de parler à la communauté anglophone qui est importante au Québec», a fait savoir le chef caquiste François Legault.

«Parce qu’ils ont des droits, ils sont à la base de ce qui s’est fait au Québec et au Canada, a-t-il ajouté. Évidemment la langue commune au Québec c’est le français, mais je pense que comme je l’ai fait en créole avant hier, il y a beaucoup d’anglophones et je suis content d’avoir accepté.»

Invitée également à commenter, la vice-cheffe du Parti québécois a assuré que son parti «ne reconsidère pas du tout» la décision de participer au débat anglophone. Véronique Hivon a souligné que le PQ «a des convictions très fortes sur la langue française, qui est la seule et unique langue officielle du Québec».

«Mais on pense aussi qu’on peut tendre la main aux anglophones, qu’on peut s’adresser à la minorité historique anglophone, et que c’est une occasion aussi de bâtir des ponts», a-t-elle poursuivi.

«Le pays du Québec qu’on veut construire, on veut le construire avec tout le monde», a-t-elle précisé.

SOURCE – 12/09/2018 – AGENCE QMI

Débat en anglais : le MQF demande aux chefs de reconsidérer leur présence pour ne pas contribuer au déclin du français au Québec

Montréal, 12 septembre 2018 – Le Mouvement Québec français (MQF) dénonce la tenue du débat en anglais qui sera diffusé le 17 septembre sur les ondes de CBC et demande aux chefs des partis politiques de reconsidérer leur participation.

Pour Maxime Laporte, président du MQF, « les chefs de partis devraient reconsidérer leur participation au débat télévisé en anglais, ne serait-ce que par solidarité pour les Acadiens.nes qui eux, n’auront pas droit à une joute électorale dans leur langue à Radio-Canada au Nouveau-Brunswick, une province qui se dit pourtant officiellement bilingue… En espérant se magasiner quelques votes, ils cautionnent directement l’injustice linguistique qui s’abat sur le fait français au Canada. »

« Plus fondamentalement encore, les chefs de partis ont le devoir de se montrer cohérents et exemplaires eu égard au statut du français comme seule langue commune au Québec, principe qu’ils ne sauraient sacrifier sur l’autel du clientélisme politique. En acceptant de prendre part à un débat national dans la langue de Shakespeare à la télévision, quel message envoient-ils à nos concitoyens.nes allophones, déjà largement anglicisés ? – Hé bien ! Qu’apprendre le français n’est ni nécessaire ni important, au fond, puisque même nos aspirants Premiers ministres, – francophones de surcroît, sont prêts à servir en anglais, à l’image de nos institutions publiques qui ne cessent de se bilinguiser… ».

« Créer un tel précédent, c’est irresponsable. Si les chefs vont de l’avant, il ne se passera plus une seule campagne électorale à l’avenir sans qu’on ne presse les groupes médiatiques et les partis politiques de tenir pareil débat national en anglais, jusqu’à en faire une coutume, comme au fédéral. Et au diable l’esprit de la loi 101 ! », a fait valoir le président du MQF. Selon lui, il n’est pas trop tard pour MM. François Legault, Philippe Couillard, Jean-François Lisée et Mme Manon Massé de revoir leur position, « surtout que les derniers jours ont montré à quel point les Québécois se préoccupent de l’avenir du français ».

« C’est ainsi que l’anglicisation prend forme dans notre quotidien au Québec. C’est ce type de reculs significatifs qui, s’additionnant les uns aux autres, contribuent à affaiblir notre langue. Ne nous suprenons pas, après cela, du fait que les francophones sont en voie de devenir minoritaires sur l’île de Montréal. Or, tant que l’avenir du français ne sera pas garanti au Québec, le MQF et ses alliés interviendront sans relâche pour dénoncer chaque recul. Car un recul, même petit, c’est un recul de trop. »

« Rappelons que la très vaste majorité des Québécois.ses comprennent le français. Quant aux locuteurs de langue maternelle anglaise, qui constituent seulement 8,1% de la population, la très vaste majorité d’entre eux parlent très bien la langue de Molière et de Miron. Sachant cela, comment expliquer la nécessité d’un tel débat ? Courtoisie ou bonasserie ? – Même dans une pure logique de marketing politique, les bénéfices à en tirer ne font pas le poids face aux préjudices infligés au statut de la langue. En voulant faire plaisir aux anglophones, on nuit directement à la francisation des allophones, objectif qui commande tout d’abord l’affirmation sans ambiguïté du français comme seule langue commune de notre démocratie et de nos institutions. Quant à l’argument creux voulant qu'”il faut représenter tous les Québécois”, il ne tient pas la route, car partant, pourquoi n’y aurait-il pas de débat national en langues autochtones, en espagnol, en créole, en arabe, en mandarin, etc. ? Inclure tout le monde, ça passe par le respect et la valorisation d’une seule langue commune pour tout le monde : le français », a conclu Me Laporte.

À propos du MQF :

Fondé en 1972, le Mouvement Québec français (MQF) est une organisation citoyenne et militante active dans toutes les régions du Québec ayant mission de promouvoir et défendre la langue française. La mobilisation de ses membres a entre autres mené à l’adoption de la Charte de la langue française en 1977. Toutefois, avec l’apparition de nouvelles réalités ainsi que de nombreuses contestations judiciaires ayant grandement affaibli la protection dont le Québec s’est doté pour sa langue, le MQF poursuit sa mission de faire du français la seule langue officielle et commune au Québec.­

Au Québec, tout travailleur a le droit de travailler en français

Les seuls motifs valables pour qu’un employeur exige la connaissance d’une autre langue devraient être liés aux relations à l’extérieur du Québec.

MQF – 02 septembre 2018

À l’occasion de la fête du Travail, le Mouvement Québec français (MQF) tient à rappeler que le français a encore de la difficulté à s’imposer dans les milieux de travail dans la région de Montréal. En 2016, plus ou moins 20% des travailleurs qui résident à Montréal utilisent plus souvent l’anglais que le français au travail [1].

Il y a deux raisons mises de l’avant pour expliquer ce qui justifierait l’utilisation de la langue anglaise dans les milieux de travail : la mondialisation et les ratés en francisation des immigrants au Québec.

Si les ratés ─ déjà maintes fois documentés ─ en francisation des immigrants semblent être une véritable raison, celle de la mondialisation ne colle pas à la réalité.

Même si de nombreuses entreprises étrangères s’établissant au Québec obligent leurs employés à transiger en anglais à l’intérieur même du Québec, rien mais absolument rien ne justifie l’utilisation de l’anglais entre Québécois de langues maternelles diverses dans les entreprises du Québec. C’est contraire à la Charte de la langue française qui affirme que tout travailleur a le droit de travailler en français au Québec.

[1] https://www.ledevoir.com/politique/canada/514207/recul-du-francais-comme-langue-de-travail-principale-au-quebec

Une coalition de syndicats veut brasser les chefs de parti sur la question du français au Québec

Au Québec, pas un mois ne passe sans que le dossier linguistique ne fasse les manchettes. Cela, pour une raison simple : les problèmes perdurent. La vitalité du français, langue commune, continue à essuyer des reculs dans presque tous les domaines de notre vie en société. […].

MQF – 22 août 2018

À la veille du déclenchement de la campagne électorale au Québec, les Partenaires pour un Québec français pressent les partis d’inscrire dans les débats à venir la question du français, surtout en milieu de travail.

Les membres de Partenaires pour un Québec français (PQF), notamment des syndicats et la Société Saint-Jean-Baptiste, se disent inquiets. Dans les milieux de travail de la province, affirment-ils, le français recule, et ce, même si des progrès ont été enregistrés 40 ans après l’adoption de la Charte de la langue française.

En entrevue à ICI RDI mardi, Jacques Létourneau, président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), s’est fait le porte-parole de PQF. Selon lui, dans le contexte actuel de mondialisation et de pénurie de main-d’oeuvre, « le patronat réclame sans arrêt l’apport de davantage de travailleurs migrants ».

Certes, le français est la langue de travail et celle de l’administration publique québécoise, rappelle M. Létourneau. Mais l’arrivée de quantité de migrants sur le marché du travail « pose la question des mesures de francisation et de l’intégration », des domaines qui sont sous-financés, dit-il.

L’an dernier, la vérificatrice générale du Québec avait qualifié d’« échec » la francisation des immigrants au Québec. À ce chapitre, les membres de PQF déplorent que rien n’existe pour « mesurer les résultats concrets » des programmes de francisation. Ils suggèrent à l’Assemblée nationale de créer un poste de commissaire à la langue française, poste qui serait indépendant des partis politiques.

« Car souvent, c’est une question très politique », de dire M. Létourneau.

Le bilinguisme, même dans les services publics

Les Partenaires pour un Québec français voient aussi d’un oeil inquiet « ces affichages tous azimuts de postes bilingues » et ils réclament que les employeurs aient à justifier pareille exigence.

S’il y a des situations qui requièrent de prodiguer des services en anglais, balisons-les, poursuit Jacques Létourneau. « Il ne faut surtout pas discriminer un travailleur ou une travailleuse à l’embauche parce qu’elle ne parle pas une deuxième langue », insiste-t-il.

En prévision du débat…

Lors du débat des chefs que diffusera Radio-Canada le 13 septembre, Jacques Létourneau suggère qu’on leur pose à tous la question suivante : « S’engagent-ils à appliquer l’article 1 de la Charte qui prévoit que la langue de l’administration publique au Québec, c’est le français? »

« Ça a été adopté à l’unanimité par l’ensemble des partis à l’Assemblée nationale il y a une quinzaine d’années », dit Jacques Létourneau, qui précise que Philippe Couillard y était, mais pas à titre de premier ministre.

À part la CSN, PQF compte aussi la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ), l’Union des artistes (UDA) de même que la Société Saint-Jean-Baptiste, le Mouvement Québec français, le Mouvement national des Québécois et des Québécoises et la Fondation Lionel-Groulx.

SOURCE – 22/08/2018 – ICI.RADIO-CANADA.CA

Les PQf dévoilent leur nouvelle plateforme et exposent leurs demandes en vue de la campagne électorale

Montréal, 21 août 2018 – Les Partenaires pour un Québec français (PQF), représentés par Jacques Létourneau, président de la CSN, Sonia Éthier, présidente de la CSQ, Sylvain Mallette, président de la FAE, Christian Daigle, président du SFPQ, Maxime Laporte, président de la SSJBM et du MQF, Étienne-Alexis Boucher, président du MNQ, Pierre Graveline, directeur général de la Fondation Lionel-Groulx ainsi que Gilbert Bélanger, représentant de l’UDA, se sont réunis mardi au siège de la Société Saint-Jean-Baptiste à Montréal afin de lancer leur nouvelle plateforme commune. Le document comprend 53 recommandations destinées à enrichir le débat public lors de la prochaine campagne électorale et à inciter les partis politiques à prendre des engagements fermes envers le français au Québec.

Selon les PQF, qui rassemblent plusieurs organisations civiles et syndicales dans l’objectif de faire du français la seule langue commune au Québec, le dossier linguistique doit impérativement s’inscrire dans les débats à venir. La coalition entend mettre de l’avant sept solutions, tirées de la nouvelle plateforme, qui traitent des enjeux considérés comme prioritaires dans le contexte actuel.

Sept solutions concrètes à des problématiques réelles

« Au Québec, pas un mois ne passe sans que le dossier linguistique ne fasse les manchettes. Cela, pour une raison simple : les problèmes perdurent. La vitalité du français, langue commune, continue à essuyer des reculs dans presque tous les domaines de notre vie en société. Les constats sont nombreux et indéniables. Il est de la première importance que le dossier linguistique soit traité avec tous les égards qui s’imposent. Aujourd’hui, à moins d’une semaine de l’anniversaire de la loi 101, nous sommes fiers de dévoiler au public notre nouvelle plateforme assortie de sept solutions qui ont le potentiel de résoudre une fois pour toutes, l’essentiel des problèmes identifiés », a affirmé Maxime Laporte, président du MQF et de la SSJBM.

Les solutions mises de l’avant par les PQF

  1. Que l’ensemble des services de francisation reçoive le financement nécessaire à la francisation de toutes les personnes immigrantes. Les personnes immigrantes, quel que soit leur âge ou leur catégorie, doivent recevoir rapidement tous les services nécessaires à leur apprentissage du français.
  2. Que les ministères responsables de la francisation procèdent à une évaluation des programmes et des services offerts. Le tout doit être accompli en concertation avec les organismes responsables de la francisation des personnes immigrantes et les personnels sur le terrain.
  3. Que le gouvernement effectue le suivi individuel auprès des personnes immigrantes ayant déclaré ne pas connaître le français afin de connaître et de contrer les causes de décrochage. Les personnes qui se désistent de leurs cours de français devront également faire partie du processus de suivi.
  4. Que l’on modifie l’article 46 de la Charte pour préciser la notion de « nécessité » et ainsi le différencier du concept « d’utilité ». L’article 46 de la Charte de la langue française traite du fait qu’il est interdit à un employeur d’exiger pour l’accès à un emploi la connaissance d’une langue autre que la langue officielle, à moins que l’accomplissement de la tâche ne nécessite une telle connaissance.
  5. Que l’OQLF oblige les entreprises à déclarer tous les postes où il y a exigence de connaissance spécifique d’une autre langue que la langue officielle. La déclaration devra se faire lors du processus pour l’obtention du certificat de francisation et lors du rapport triennal émis par l’OQLF. Les raisons justifiant une telle exigence devront être demandées.
  6. Que soit ajouté à l’article 16 de la Charte le mot « uniquement », conformément à la loi 104 adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale en 2002. Dans le but d’obtenir cette formulation : « Dans ses communications écrites avec les autres gouvernements et avec les personnes morales établies au Québec, l’Administration utilise uniquement la langue officielle ».
  7. Que soit créé un poste de Commissaire à la langue française, nommé par l’Assemblée nationale et relevant d’elle. Cette nouvelle fonction aura notamment pour mandat de produire un rapport annuel de l’état du français au Québec » et dont les employés seront sous l’égide de la Loi sur la fonction publique.

« La francisation en milieu scolaire constitue l’une des meilleures façons d’atteindre l’égalité des chances et d’assurer la mixité sociale des nouveaux immigrants. Toutefois, dans la salle de classe, plusieurs obstacles constituent un frein au travail des enseignantes et enseignants : l’accès à une classe d’accueil et la courte durée des séjours, la manque de ressources lorsque les élèves sont intégrés en classe régulière, le manque de matériel pédagogique, le manque de balises pour l’évaluation des compétences langagières et le manque de reconnaissance des besoins spécifiques d’élèves analphabètes ou sous scolarisés. Certains n’ont jamais tenu un crayon de leur vie ou n’ont jamais été à l’école! » a souligné Sylvain Mallette, président de la FAE.

« Dans un contexte où une majorité des Québécois se disent inquiets quant à l’avenir du français au Québec, et que la question de la francisation des nouveaux arrivants est un enjeu vital pour l’ensemble de la population, nous pressons l’État québécois d’appliquer des solutions concrètes, comme l’a fait, par exemple, le Mouvement national des Québécoises et Québécois avec les rendez-vous culturels », a déclaré vivement Etienne-Alexis Boucher, président du MNQ.

Pour le directeur général de la Fondation Lionel-Groulx, Pierre Graveline, « il ne fait aucun doute qu’après le constat de la Vérificatrice générale que la francisation des nouveaux arrivants est un fiasco alors qu’il s’agit, selon un récent sondage Léger, d’un enjeu vital pour l’avenir du Québec aux yeux d’une vaste majorité de la population, cette question doit être un enjeu important de la campagne électorale ».

Le président de la CSN, Jacques Létourneau, a déclaré que « nous constatons une tendance chez les employeurs à exiger le bilinguisme de leurs travailleurs et travailleuses. » Selon lui, « la bilinguisation des milieux de travail met en péril l’avenir de la langue française pour la société québécoise. »

« L’État québécois doit donner l’exemple et communiquer en français avec les entreprises établies ici. Cet effort en faveur du français doit non seulement se faire au sein de l’administration publique mais dans tous les services publics. Plusieurs défis linguistiques demeurent dans le réseau de la santé et dans le milieu de l’éducation et nous croyons que les solutions pour y remédier doivent être abordées dans le cadre des prochaines élections », a déclaré Sonia Éthier, présidente de la CSQ.

« En refusant d’appliquer l’article 1 de la Loi 104, le gouvernement du Québec contribue à la bilinguisation de la fonction publique québécoise et cela donne un mauvais exemple à la société. La maîtrise de l’anglais devient malheureusement trop souvent un critère d’embauche dans l’administration publique et de nombreux fonctionnaires se sont fait refuser un poste au sein de l’appareil administratif à cause de leur méconnaissance de cette langue. L’État québécois se doit d’être exemplaire afin que l’administration publique québécoise demeure un outil de protection du français plutôt qu’un vecteur d’anglicisation », a affirmé Christian Daigle, président du SFPQ.

La nouvelle plateforme des PQF, maintenant accessible en ligne à l’adresse partenairesquebecfrancais.com, sera distribuée à l’ensemble des acteurs de la cause linguistique québécoise au courant des prochains jours.

Les Partenaires pour un Québec français (PQF) :

  • Confédération des syndicats nationaux (CSN);
  • Centrale des syndicats du Québec (CSQ);
  • Fédération autonome de l’enseignement (FAE);
  • Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ);
  • Fondation Lionel-Groulx (FLG);
  • Mouvement national des Québécoises et des Québécois (MNQ);
  • Mouvement Québec français (MQF);
  • Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM);
  • Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ);
  • Union des artistes (UDA).

Soyons solidaires des Franco-Ontariens !

Pour quelles raisons, à l’instar des Anglo-Québécois, les Franco-Ontariens ne peuvent-ils pas aussi acquérir et exercer des droits qui suscitent les envies de toutes les minorités linguistiques du monde ? Voilà pourquoi nous devons être solidaires des Franco-Ontariens !

MQF – 09 août 2018

Soyons solidaires des Franco-Ontariens toujours résistants et fiers qui participent depuis plus de 400 ans au rayonnement de la langue française en Amérique du Nord. Soyons-leur solidaires aussi parce qu’ils partagent avec les Québécois et les Acadiens une histoire d’amour avec la francophonie depuis le fondement de la Nouvelle-France.

Un texte du Mouvement Québec français

Les Franco-Ontariens sont profondément attachés à la langue française. Cette attachement, ils le démontrent par une remarquable résistance politique face à un Ontario anglais fort indifférent à la langue française.

En résistant jusqu’à remporter des batailles, les Franco-Ontariens ont retrouvé des droits linguistiques que le gouvernement ontarien leur avait restreints pendant plus de 100 ans par volonté de les assimiler à la langue anglaise.

En 1989, les Franco-Ontarien ont obtenu une grande victoire : celle du droit de se faire servir en français par la fonction publique ontarienne comme le dispose la Loi sur les services en français. Depuis plus de 30 ans, les Franco-Ontariens ont réalisé d’autres gains politiques intéressants qui leur ont permis d’améliorer un peu plus leurs conditions linguistiques à l’intérieur d’un gouvernement de l’Ontario qui lui a jadis été très hostile. [2]

Leur plus récent gain, très significatif, est l’adoption en 2017 de la loi 177 créant les bases de l’Université de l’Ontario français, un établissement universitaire 100% de langue française. [3]

Elle était réclamée depuis plus d’un demi-siècle.

D’une répression à une lente progression

Par l’adoption en 1885 d’une loi qui exigeait un enseignement en langue anglaise dans toutes les institutions scolaires de l’Ontario, le gouvernement ontarien s’est engagé dans une longue répression des Franco-Ontariens pendant plus de 100 ans.

Au début du 20e siècle, les Ontariens de langue maternelle française représentaient grosso modo 7% (entre 150 000 et 160 000) de la population de l’Ontario. Quelques 120 années plus tard, ils ne sont actuellement qu’autour de 4% (540 000 à 600 000 de la population). C’est que, encore, année après année, des circonstances incitent un bon nombre de Franco-Ontariens a délaissé la langue française pour la langue anglaise.

C’est en réponse à l’abolition du règlement 17 (1912-1927) [4] qui interdisait l’usage du français dans les écoles bilingues de l’Ontario que la langue française fut en mesure de reprendre lentement de la vigueur dans les institutions publiques ontariennes.

Ce n’est toutefois qu’à partir des années 60 que, à contre-coeur, le gouvernement ontarien a d’abord autorisé la transformation de quelques écoles primaires bilingues en écoles de langue française pour ensuite ouvrir des écoles secondaires de langue française dans les régions de l’Ontario où le nombre de francophones le justifiait.

En 1989, la création de l’Office des affaires francophones de l’Ontario, responsable de l’application de la Loi sur les services en français, représente encore aujourd’hui la plus importante victoire de la francophonie ontarienne. Cette victoire permet à l’Ontario français de se battre actuellement pour un ministère des Affaires francophones [5], alors que, moins d’un an après que l’Office des affaires francophones de l’Ontario (1989-2017) soit devenu un ministère, le premier ministre ontarien Doug Ford a arrêté ce processus, en transformant à nouveau le ministère en office.

Des comparaisons avec la minorité anglo-québécoise

L’Ontario et le Québec partagent une caractéristique commune : ils cohabitent sur leur territoire respectif avec une minorité linguistique dont la population se chiffre entre 500 000 et 600 000 personnes. D’une part, le groupe majoritaire de langue anglaise (70% de la population) en Ontario coopère avec un groupe minoritaire francophone (4% de la population) alors que le groupe majoritaire de langue française (80% de la population) au Québec collabore avec un groupe minoritaire anglophone (7% de la population).

Toutefois, même si elles sont de dimensions semblables et protégées par une loi et des règlements, les deux minorités linguistiques ne bénéficient pas d’un même traitement de la part de leur gouvernement respectif. Ne disposant de services en français que dans les régions où ils représentent au moins 10% de la population totale, les Franco-Ontariens vivent une réalité linguistique plutôt fragile comparativement à celle des Anglo-Québécois qui est l’une des minorités les plus favorisées du monde et qui peut obtenir ─ par une simple demande et cela partout au Québec ─ des services publics en anglais.

Puis, les services en français offert par le gouvernement de l’Ontario sont parfois retirés pour des raisons financières, administratives ou politiques. Prenons par exemple le désormais célèbre épisode de l’hôpital universitaire Montfort [6], la seule bilingue et fondée en 1953, que le gouvernement ontarien a voulu fermer en 1997. Sa présente existence est le résultat d’une spectaculaire mobilisation des opposants à sa fermeture. Elle est aujourd’hui en pleine croissance.

La situation linguistique est d’autant plus fragile pour l’Ontario français que les institutions de santé et les institutions scolaires postsecondaires destinées aux Franco-Ontariens sont presque toutes bilingues et administrées en grande majorité par des personnes d’expression anglaise.

À titre comparatif, alors que le Québec finance [7] plus que généreusement trois universités destinées aux Québécois de langue anglaise, entièrement administrées en anglais, il n’y a en Ontario que des établissements universitaires bilingues, au nombre de neuf, n’offrant que des programmes partiels en langue française, la plupart n’étant que des satellites d’une université de langue anglaise.

Il n’y a que les institutions scolaires primaires et secondaires de langue française qui sont administrées par des personnes d’expression française. Partie intégrante d’un bassin de 455 écoles de langue française, divisé en douze conseils scolaires, la majorité des écoles françaises se retrouve dans les régions d’Ottawa (près de 70 établissements dans un rayon de 15 km), de Toronto (près de 50 établissements dans un rayon de 30 km) et de Sudbury (près de 31 établissements dans un rayon de 30 km).

Ce qui n’est pas une réussite banale, sachant que les règlements 17 et 18 adoptés en 1912 par le gouvernement conservateur de James Whitney [7] avait pour but d’éliminer la menace d’une population franco-ontarienne en pleine croissance en les assimilant à la majorité de langue anglaise.

A contrario, les Anglo-Québécois ont de nombreuses institutions scolaires et de santé de langue anglaise administrées entièrement par des personnes d’expression anglaise. Plus de 50% des quelques 277 établissements du réseau de santé québécois offrent des services en anglais, desquels plus de 30 établissements de la région de Montréal (dans un rayon de 25 km) offrent des services uniquement en anglais.

Ils gèrent aussi neuf commissions scolaires de langue anglaise qui comptent 115 000 élè­ves répartis dans 350 écoles, desquelles plus de 50% sont situés dans la région de Montréal (dans un rayon de 25 km). C’est depuis 1977 que les droits exercés par les Anglo-Québécois sont assurés par la Charte de langue française (Loi 101) qui a été adoptée par le gouvernement de René Lévesque.

Pour quelles raisons, à l’instar des Anglos-Québécois, les Franco-Ontariens ne peuvent-ils pas aussi acquérir et exercer des droits qui suscitent les envies de toutes les minorités linguistiques du monde ?

Voilà pourquoi nous devons être solidaires des Franco-Ontariens !

RÉFÉRENCES – [1] https://www.ontario.ca/fr/lois/loi/90f32#BK4 [2] https://www.ledroit.com/actualites/education/le-reglement-xvii-a-faconne-lontario-francais-f44a9cd27fe9650ffe178a64a636bd8c [3] https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1073171/projet-de-loi-universite-francophone-adopte [4] http://www.axl.cefan.ulaval.ca/amnord/ontario_reglement17.htm [5] https://onfr.tfo.org/le-ministere-des-affaires-francophones-netait-pas-encore-concret/ [6] https://fr.wikipedia.org/wiki/SOS_Montfort [7] http://journalmetro.com/actualites/national/65422/un-auteur-denonce-lapartheid-universitaire-au-quebec/ [8] https://www.ledroit.com/actualites/education/le-reglement-xvii-a-faconne-lontario-francais-f44a9cd27fe9650ffe178a64a636bd8c

 

La Charte de la langue française fait partie de l’ADN de la nation québécoise

« Les Québécois de langue française ne représentent que 2 % de la population de l’Amérique du Nord. Or le bilinguisme institutionnel entraîne invariablement l’assimilation des langues minoritaires. À l’extérieur du Québec, il n’a pas empêché l’assimilation massive des francophones, qui s’est même accélérée. »

MQF – 19 juillet 2018

Il est faux de croire que la Charte de la langue française du Québec est une exception en matière linguistique. Il y a des lois linguistiques dans presque la totalité des États du monde dont la grande majorité possède un système scolaire unilingue et applique des politiques d’immigration, linguistique et culturelle, modelées selon leurs besoins.

À la face du monde, le Québec est un État agissant comme les autres États. Nous n’avons pas à douter du bien-fondé de nos politiques. Organiser, protéger, restreindre et promouvoir, c’est commun à la législation linguistique.

Or, en raison de sa différence culturelle ainsi que de sa volonté de perpétuer sa culture française en Amérique du Nord, il est nécessaire que le Québec applique des solutions novatrices et audacieuses au cœur de ses politiques d’immigration, linguistique et culturelle.

Comme Camille Laurin et ses compères ont su faire en 1977 en adoptant la Charte de la langue française.

Un coup de force à l’époque mais incontestablement une loi moderne et sensible à la réalité politique québécoise. Elle a encore aujourd’hui toute sa légitimité puisque l’État du Québec ne possède pas tous ses pouvoirs. Avant d’être un État fédéré, il est un État inachevé.

D’autant plus qu’il est de plus en plus difficile d’appliquer des solutions novatrices et audacieuses en raison des mesures politiques et juridiques imposées par la Constitution canadienne de 1982.  Plus de 40 ans après son adoption à l’Assemblée nationale, la Charte de la langue française a été charcutée par les tribunaux du Québec et du Canada. Par surcroît, lorsque des mesures sont prises par le Québec pour améliorer le sort de la langue française et mettre fin au bilinguisme institutionnel, le gouvernement du Québec lui-même n’applique pas toujours ce qui le devrait, comme le démontre l’inapplication depuis plus de 15 ans de l’article 1 de la loi 104 qui dispose que « les ministères et organismes publics du Québec doivent communiquer uniquement en français avec les corporations établies au Québec et les personnes morales. » Ce « laisser-aller » politique provoque à la fois une discrimination à l’embauche de citoyens unilingues de langue française et défavorise un grand nombre de nouveaux arrivants qui ne maîtrisent pas la langue anglaise.

L’attachement des Québécois à la langue française

Les Québécois ne sont pas dupes. Un récent sondage Léger, commandé par le Mouvement Québec français et dévoilé en juin dernier, rapporte que « 55% des Québécois et Québécoises sont d’avis que la situation du français au Québec est actuellement moins bonne qu’il y a 10 ans.  Par ailleurs, ils sont 57% à croire que la situation du français sera moins bonne dans 10 ans qu’elle ne l’est actuellement. Seuls 5% des Québécois pensent, en éternels positifs, que la situation de la langue est à la fois meilleure qu’il y a 10 ans et destinée à s’améliorer encore au courant de la prochaine décennie. »

Face à sa situation historique et politique, le Québec a le devoir de favoriser l’apprentissage, la maîtrise, la valorisation et la défense de la langue française au sein de ses institutions publiques ainsi que sur l’ensemble de son territoire. Il est nécessaire que tous les Québécois ─ les nouveaux arrivants comme les natifs ─  puissent maîtriser la langue française le plus efficacement possible afin de contribuer pour le mieux à l’essor économique et culturel de la nation québécoise.

Il est aussi le devoir de Québec de conserver son identité culturelle propre. C’est d’autant plus un devoir pour le Québec qu’il ne maîtrise pas tous les leviers de contrôle de ses politiques migratoire, linguistique et culturelle au sein du régime fédéral canadien. À la lumière des dernières études et autres statistiques, ses efforts sont toutefois nettement insuffisants ou pas suffisamment efficaces. Les seules statistiques sur l’alphabétisation au Québec le démontrent clairement.

Pourtant, la volonté des Québécois de maîtriser et protéger sa langue française est toujours aussi forte comme le démontre ce sondage de 2018, où « […] les francophones les plus liés affectivement au Québec sont plus susceptibles de croire que la protection du français est insuffisante. Ils sont 65 % dans ce cas, par rapport à 46 % pour les répondants se disant « plutôt attachés » au Québec. De plus, « 26 % des québécois de langue française estime que l’Adoption de la Charte de la langue française (Loi 101) est l’événement historique le plus important des 50 dernières années, tout juste derrière la Révolution tranquille à 30%. »

Un perpétuel combat

Au sein d’un Canada multiculturel à majorité de langue anglaise, le Québec affronte et affrontera sans cesse des enjeux démographiques et linguistiques existentiels. La réalité est telle qu’il lui faut et faudra résister sans relâche, qu’il lui faut et faudra aussi faire preuve de créativité, si le Québec veut demeurer… le Québec.

De tout évidence, un autre coup de force est inévitable. Il lui faudra tôt ou tard renforcer la Charte de la langue française.

 

Un texte du Mouvement Québec français

 

Commercer en français, c’est payant !

« Nous espérons vivement que la démonstration que nous faisons aujourd’hui changera la tendance. Diffuser de la musique en français peut favoriser un meilleur développement du sentiment d’appartenance des clients à l’égard des entreprises. C’est un choix qui rapporte. »

MQF – 12 juillet 2018

Au Québec, la musique ne semble pas être partie intégrante d’une quelconque stratégie commerciale de la part des grands comme des petits commerces.

Même que le choix musical ne relève que de présomption et d’estimation qui conduisent généralement à la diffusion de musique populaire de langue anglaise.

Il y a un mythe voulant que la demande musicale au Québec soit davantage tournée vers l’anglais. Or, un sondage démontre clairement que c’est faux. [1]

Alors que les commerçants québécois n’ont aucune stratégie à propos de la diffusion musicale commerciale, 48% des clients trouvent qu’il n’a pas suffisamment de musique en français dans les commerces.

Commercer en français, c’est payant !

La Société des alcools du Québec (SAQ) montre l’exemple

La Société des alcools du Québec (SAQ) mise sur une politique interne sur la langue de la musique diffusée dans ses succursales. Cette politique permet de s’assurer une diffusion musicale francophone de 70%, car les gérants et les employés qui travaillent dans les succursales n’ont aucun contrôle sur ce qui est diffusé.

Pour la SAQ, il lui est important de diffuser en majorité du contenu musical en français, afin de montrer l’exemple à tous les commerçants du Québec.

La SAQ est précurseur et le Mouvement Québec français (MQF) tient à féliciter notre société d’État.

Bravo à la SAQ !

 

Un texte du Mouvement Québec français

[1] Rapport – La langue et la musique diffusée dans les commerces de détail