Revue de presse

Les artistes québécois quasi absents des plateformes numériques

La connaissance de plusieurs langues (et notamment de l’anglais) constitue certes un enrichissement individuel ; elle doit nous ouvrir aux autres cultures et non devenir un outil d’assimilation. La mondialisation ne doit pas, en les anglicisant, uniformiser les cultures nationales après les avoir réduites au rang de simples marchandises.

MQF – 20/06/2018

Aujourd’hui, les artistes québécois sont quasi absents des plateformes numériques où la musique anglo-saxonne est omniprésente puisque ces entreprises échappent aux normes du CRTC en n’étant pas tenues de diffuser un nombre important préétabli de musique québécoise.

Rien pour favoriser la présence et la vente de productions artistiques québécoises, le précédent modèle économique basé sur des achats physiques de produits culturels, des droits d’auteurs et des ventes de publicités, a été pulvérisé par les immenses moyens numériques actuels.

Le rôle de l’État du Québec pour la culture québécoise

Heureusement pour la culture francophone en Amérique, l’État du Québec a le pouvoir de légiférer et de changer les façons de faire. Comme nation culturelle de langue française, nous ne pouvions continuer à laisser le respect et l’avenir de la culture québécoise entre les mains du libre marché et des algorithmes contrôlés par les multinationales américaines.

Ne faisant tout simplement pas le poids face aux multinationales américaines, les productions québécoises ne sont pas en mesure de prendre les places qui leur reviennent sur leur propre territoire. C’est pourquoi la grande majorité des revenus obtenus par la consommation de produits québécois tombe dans les coffres d’entreprises étrangères. Ce qui est suicidaire pour une nation minoritaire en Amérique du Nord, comme celle du Québec, qui doit absolument trouver des solutions (quotas, plateforme numérique québécoise, partenariat avec des pays francophones, etc.) pour protéger son marché afin que les profits obtenus par la consommation de produits culturels « faits au Québec » enrichissent les artistes d’ici et servent à développer un écosystème culturel québécois.

Martine Ouellet demande, au nom de 9751 citoyens, de mettre fin au bilinguisme institutionnel

Le but poursuivi consiste à s’opposer au bilinguisme institutionnel de l’État québécois, un phénomène croissant. Il faut que les ministères et organismes publics communiquent uniquement en français avec les corporations établies au Québec et les personnes morales.

MQF – 13/06/2018

La députée à l’Assemblée nationale,  Martine Ouellet, a présenté une pétition de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal qu’elle a marrainée, signée par 9751 citoyens et appuyée par Partenaires pour un Québec français. La pétition, lancée le 13 février dernier,  demande au gouvernement du Québec  de mettre fin au bilinguisme institutionnel en mettant en vigueur  l’article 1 de la Loi 104, seule disposition encore non effective de cette loi, afin que les communications écrites avec les personnes morales établies au Québec  se fassent uniquement dans la langue officielle, soit en français. Le président de l’Assemblée nationale a refusé le dépôt. La pétition a donc été déposée directement  auprès de la ministre de la Culture et des Communications.

Questionnée à ce sujet, la ministre a prétendu qu’il y avait des raisons qui justifiaient la non-application de l’article 1, sans en invoquer une seule.  Elle a ensuite tenté confusément de faire une distinction entre les termes «uniquement » et «exclusivement», sans vraiment expliqué pourquoi là-non plus.

« La ministre nous a donné l’exemple de correspondances avec des pays étrangers, mais ce n’est pas ce qui vise cet article. On parle ici de correspondances échangées entre le gouvernement du Québec et des corporations qui sont établies au Québec, a expliqué Martine Ouellet.  Le bilinguisme institutionnel  qui est pratiqué par les autorités publiques constitue une réelle menace à notre langue et le gouvernement refuse d’agir, malgré les demandes formelles faites notamment par la Société Saint-Jean-Baptiste et par Partenaires pour un Québec français», a déploré Martine Ouellet.

Rappelons que la Loi modifiant la Charte de la langue française (loi 104) fut adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale le 12 juin 2002, que le Parlement a chargé le gouvernement du Québec de fixer la date d’entrée en vigueur de ces dispositions, ce qui après 15 ans, n’a toujours pas été effectué, laissant ainsi cours à des pratiques qui contribuent, au sein même de nos institutions publiques, à l’anglicisation progressive de la société québécoise ainsi qu’à l’échec de la francisation des milieux de travail.

«Ce n’est pourtant pas compliqué, il me semble! Il n’y a strictement aucune raison pour que le gouvernement refuse de mettre en vigueur cet article. Dans son obstination injustifiée, le gouvernement de Philippe Couillard met en péril la pérennité du statut de langue officielle du français au Québec », a conclu Martine Ouellet.

SOURCE – 11/06/2018

Francisation : L’État du Québec ne donne pas l’exemple

Le sort du français se joue donc à Montréal. Comme c’est le cas pour la langue officielle dans la plupart des États, au Québec le français devrait normalement être non seulement la langue utilisée par les francophones, mais la langue publique commune, c’est-à-dire celle parlée entre citoyens de langues maternelles différentes, ainsi que la langue d’intégration des immigrants.

MQF – 11/06/2018

[…] Malgré tous les demandes, les explications, les sorties médiatiques, les études, les mémoires, les commissions parlementaires et tous les efforts des acteurs du milieu, les structures établies pour l’apprentissage du français et l’intégration des immigrants n’en restent pas moins sous-financées, année après année. Tout bêtement mal accompagnées, par l’État du Québec, les organisations ne peuvent malheureusement pas appliquer pleinement la mission qu’elles se sont données.

Qui donne l’exemple ? Certainement pas l’État du Québec

Par surcroît, il y a la bilinguisation des services publics qui rend encore plus ardu le maintien de l’attraction de la langue française auprès des nouveaux arrivants, ce qui nuit à la francisation. Les ministères et les institutions publiques interagissent en anglais auprès de 75 % des immigrants non francophones installés dans la région de Montréal.

Ne soyons pas naïfs. Pourquoi un nouvel arrivant à Montréal déploierait les efforts à apprendre le français s’il peut facilement communiquer en anglais dans l’espace public et bien vivre sans baigner dans la culture française en Amérique ?

Au delà des fréquentations ou abandons des cours de francisation, la vérité est que Québec ne déploie pas toutes les volontés et moyens pour construire un environnement véritablement incitatif à franciser les nouveaux arrivants.

[…]

Extrait d’un texte du Mouvement Québec français

Francisation et intégration : les mécanismes en place sont terriblement déficients.

La francisation au Québec est un échec. Plus ou moins de 50% des nouveaux arrivants choisissent de s’intégrer à la communauté historique anglaise.

MQF – 28/05/2018

MQF ─ Depuis plus de 20 ans, il y a une tendance lourde en matière de francisation au Québec : il y a une fréquentation peu élevée des cours de francisation, et à la fois, un nombre considérable d’abandons de la part des nouveaux arrivants inscrits au cours.

Ce lourd constat se révèle dans un contexte où le nombre d’immigrants ne connaissant pas le français est en augmentation alors que le financement des programmes de francisation diminue depuis deux décennies dans l’ensemble des ministères impliqués à la francisation à part quelques petits ajustements ici et là

Au-delà des préjugés sur la grande difficulté d’apprendre la langue française, ces « nouveaux arrivants-apprenants » abandonnent les cours, n’étant pas en mesure de subvenir à leurs besoins. Comme tous les autres citoyens, ils vivent leur quotidien de la même manière : boulot, frigo et dodo.

De plus, au-delà des insuccès de nos programmes de francisation, au moins 40 % des immigrants qui, ne connaissant pas le français à leur arrivée, ne s’inscrivent même pas aux cours de français. Qu’il y est accord ou non à obliger un parcours de francisation ne changera rien au fait que les mécanismes en place, pour mener les nouveaux arrivants à la francisation, sont terriblement déficients.

Les statistiques démontrent qu’il y a plus de 200 000 immigrants qui ne parlent toujours pas le français au Québec, tous fortement concentrés dans la grande région de Montréal.

C’est un poids lourd sur les épaules d’une culture française fragile en Amérique et surtout sur les épaules d’une langue française qui souffre déjà d’un irrespect à Montréal.

Depuis environ 40 ans il y a une nette augmentation des flux migratoires au Québec 1980 (22 000) et aujourd’hui (50 000) en 2018. Peu importe ce que nous pouvons en comprendre ou en dire de bien ou de mal de ces flux migratoires à la hausse, nous en sommes aujourd’hui à une intégration au faible pourcentage de réussite. Aujourd’hui, les statistiques révèlent que plus ou moins 50 % des nouveaux arrivants choisissent de s’intégrer à la communauté historique anglaise qui ne représente que plus ou moins 8% de la population du Québec au lieu de s’intégrer à la majorité francophone dans les proportions attendues, soit autour de 92 %.

Cette simple statistique démontre, d’une façon invraisemblable, notre échec en matière d’intégration et de francisation.

Le Mouvement Québec français manifeste devant la Maison du Barreau du Québec

C’est un geste politique de la part du Barreau qui vise à bilinguiser le Québec

MQF – 15/05/2018

Une trentaine de personnes ont participé à Montréal à une manifestation organisée par le Mouvement Québec français (MQF), mardi matin, pour réclamer du Barreau du Québec l’abandon de sa demande visant la bilinguisation du processus d’adoption des lois québécoises.

Ils ont fait savoir leur mécontentement devant la Maison du Barreau, sur le boulevard Saint-Laurent.

Le Barreau du Québec a recouru en avril aux tribunaux pour faire invalider les lois promulguées par l’Assemblée nationale parce que leur adoption n’a pas été effectuée simultanément en français et en anglais, ce qui serait inconstitutionnel selon lui.

«L’action du Barreau va à contresens des principes de justice naturelle, lesquels voudraient non pas qu’on affaiblisse le statut de notre langue commune et officielle, mais qu’on le renforce», a mentionné Maxime Laporte, président du MQF, par communiqué.

Il aurait aimé que le Barreau «milite» pour un retour «aux dispositions initiales de la loi 101 qui, avant d’être invalidées par la Cour suprême, faisaient du français la seule langue officielle de la législation au Québec».

Jean-Paul Perreault, président d’Impératif Français, veut, lui, empêcher la «bilinguisation institutionnelle» du Québec.

«Il est révoltant de voir le Barreau du Québec, financé par le gouvernement fédéral, utiliser nos impôts pour tenter d’imposer au Québec et à son Assemblée nationale l’obligation d’adopter “ses lois et ses règlements” dans une langue qui n’est pas la langue nationale, publique et officielle du Québec», a dénoncé M. Perreault.

La manifestation du MQF est la première d’une série d’actions pacifiques pour contrer «la croisade judiciaire» du Barreau.

«Nous allons nous y opposer fermement. Cette manifestation n’est que le début », a promis Maxime Laporte.

SOURCE – 15/05/2018 – AGENCE QMI

Un affront sans commune mesure

MQF ─ Le premier ministre canadien Justin Trudeau était de passage dans l’Hexagone les 16 et 17 avril dernier. Il est alors devenu le premier premier ministre du Canada à être accueilli à Assemblée nationale, au Parlement de la Cinquième République française, à Paris. Face à une assemblée divisée par des applaudissements et des huées des 577 députés, Justin Trudeau a mâchonné des paroles les plus calomnieuses sur la langue française au Canada :

« Il faut que vous sachiez, amis français, à quel point les Canadiens sont attachés à la langue française. Ceux dont elle est la langue maternelle, ceux qui l’ont apprise (…). Si la langue française est toujours si vivante en Amérique du Nord quatre siècles après la naissance d’un berceau français sur le continent, c’est que le Canada, et notamment le Québec, s’est profondément engagé à la garder vivante. »

Parlons-en de cet engagement du Canada !

Les Orangistes et les lois antifrançaises

Dès la Confédération de 1867, le pacte entre les deux peuples fondateurs ─ les Loyalistes de langue anglaise et les Canadiens de langue française ─ a été bafoué. La trahison des élites anglaises à l’égard des Canadiens français a eu des conséquences gravissimes pour l’avenir de la langue française en Amérique du Nord.

Partout au Canada, à l’exception du Québec, des mesures politiques et judiciaires restrictives envers la langue française ont été menées pour « garder le Canada britannique ». Le mouvement Orangiste du Canada, la Loyal Orange Association of Canada et ses centaines de milliers de membres ─ comme le Klu Klux Klan aux États-Unis ─ ont remué ciel et terre pour « exterminer » la culture française en Amérique du Nord.

En 1920, suite à une forte diminution du nombre des membres du mouvement Orangiste du Canada, il restait quand même près de 100 000 membres et quelques 2 000 loges.

Pendant près de 70 ans, les Orangistes ont tout fait en leurs moyens pour faire du Canada un pays « britannique ».

Les chiffres sont hallucinants : en 150 ans de Régime fédéral, le Canada français est passé de plus ou moins 30 % à plus ou moins 20 % de la population. Pendant près de 70 ans, les Orangistes ont tout fait en leurs moyens pour faire du Canada un pays « britannique ». Les chiffres sont hallucinants : en 150 ans de Régime fédéral, le Canada français est passé de plus ou moins 30 % à plus ou moins 20 % de la population. Pire, alors que les Canadiens français et les Métis ─ métissage entre les autochtones et les Canadiens français ─ de l’Ouest canadien était d’environ 50 % de la population de ce territoire au début de la confédération, ils ne sont qu’aujourd’hui 4 % de la population de l’Ouest canadien.

Une répression était pratiquée contre les Canadiens français, les Métis et les autochtones de l’Ouest canadien. De la Rivière-Rouge à Batoche, les Orangistes et la RCMP n’ont pas seulement tué Louis Riel, le père fondateur du Manitoba, ils ont anéanti tout ce qui n’était pas « White Anglo Saxon Protestant. »

Le nationalisme québécois

En 1937, au Colisée de Québec bondé de jeunes nationalistes motivés par le 100e anniversaire de l’insurrection des Patriotes de 1837, Lionel Groulx a prononcé sa célèbre phrase « Notre État français, nous l’aurons ». Depuis de nombreuses années, Lionel Groulx militait auprès des nationalistes pour le fondement d’un parti politique entièrement dédié aux Canadiens français et à un État français de plus en plus autonomiste. Lionel Groulx comprenait que le contexte politique de l’époque exigeait un parti nationaliste car le génocide culturel des francophones survenant partout au Canada se resserrait tout autour des frontières du Québec. C’est grâce à un nationalisme assumé que l’Union nationale ─ un parti politique n’étant pas attaché à un parti fédéral ─ est parvenu au pouvoir en 1936 et a réalisé ainsi le grand vœux de Lionel Groulx.

Dès 1944, l’Union nationale de Duplessis s’est braqué contre le gouvernement central canadien, a « nourri » politiquement les Canadiens français, a construit des écoles à un rythme accéléré et a développé des coopératives d’électricité partout au Québec.

La nouvelle puissance économique et politique du Québec se développait par les forces soutenues d’un État français en Amérique du nord en quête d’une autonomie qui a mené rapidement le Canada anglais à dire au cours des années 60 : « What does Québec want? » En novembre 1963 débuta alors les travaux de la Commission sur le bilinguisme et le biculturalisme qui s’est conclu en 1969 avec la Loi canadienne sur les langues officielles, faisant de l’anglais et le français les langues officielles de l’État fédéral canadien.

Malheureusement, il était trop peu trop tard pour les francophones des provinces anglaises.

Après plus de 20 ans d’un nationalisme assumé et inspiré de Lionel Groulx, les gouvernements successifs de Duplessis, Godbout, Duplessis à nouveau, Lesage et Johnson ont réussi à sortir le Québec des griffes d’un génocide culturel qui perdurait depuis un siècle.

Le Québec n’a eu qu’à regarder ce qu’était survenu aux Premières nations, aux Métis et à la francophonie hors du Québec pour comprendre qu’il se devait de se protéger par un État résolument nationaliste et français d’une assimilation organisée et fulgurante.

L’adoption de la Charte de la langue française en 1977 a été un point de bascule. Elle est encore aujourd’hui, malgré ses failles et ses décombres, notre unique rempart contre notre assimilation au grand ensemble anglo-saxon de l’Amérique du Nord.

Une langue française sur le respirateur artificiel

En 2017, le Canada a fêté les 150 ans de sa « confédération-fédération ». Contrairement au reste du Canada, le Québec n’avait pas vraiment le coeur à la fête. Afin de dissimuler cette indifférence des Québécois, les fédéralistes ont fait diversion en animant le Vieux-Montréal pour le 375e anniversaire de la métropole française des Amériques. On a fait comme si. Cela démontre trois (3) choses : 1) le faible sentiment d’appartenance des Québécois au Canada ; 2) la puissance et la profondeur du nationalisme québécois et 3) les fondements tout aussi tordus que fragiles de la politique canadienne.

N’y a-t-il pas dans cette indifférence le résultat de 150 ans de trahison ─ lois antifrançaises et contestations judiciaires à l’égard de la Charte de la langue française ─ envers la francophonie canadienne ? Pourquoi festoyer lorsque le bilan « médical » est tragique ?

La langue française est depuis longtemps sur le respirateur artificiel en raison de luttes acharnées contre elle afin de l’anéantir du territoire canadien. Étant pourtant une langue fondatrice de ce pays depuis plus de 400 ans, le français au Canada hors Québec n’est que la langue maternelle de plus ou moins 4 % de la population en 2016. Ce qui représente un peu plus de 1 million de canadiens. De cette portion de population, il n’y a que plus ou moins 500 000 personnes (2 %) qui utilisent le plus souvent la langue française à la maison.

C’est l’équivalent de la ville de Laval ou de Québec.

En comparaison, en 2016, au Canada, près de 7 millions et demi de personnes ont déclaré parler une langue qui ne soit ni le français ni l’anglais à la maison.

Près de 19% de la population !

Ça donne une bonne idée de ce qu’il en devient de la langue française au Canada.

Quel triste sort !

Or, la réalité est que, hormis l’est de l’Ontario ainsi que le nord du Nouveau-Brunswick et la Péninsule acadienne, en raison de leurs faibles nombres, il sera de plus en plus difficile pour « les francophones des provinces canadiennes anglaises […] de soutenir des institutions qui assureraient la pérennité de leur communauté. »

Lors de sa visite officielle en France, Justin Trudeau a nié un irréfutable fait : le génocide culturel des francophones du Canada. Prétendre que « […] que le Canada […] s’est profondément engagé à la [langue française] garder vivante » est d’un affront sans commune mesure à tous les francophones en Amérique. C’est que la réalité est tout autre et les faits historiques sont révélateurs : « Le Québec est le foyer national des francophones en Amérique ; le Canada est leur tombeau. »

Un texte du Mouvement Québec français

Langue française au Québec : Michel C. Auger tord la réalité

MQF ─ Lors de son passage à Tout le monde en parle le dimanche 15 avril dernier, Michel C. Auger a présenté son livre 25 mythes à déboulonner en politique québécoise. Le Mouvement Québec français déplore la désinformation entourant les affirmations énoncées par le journaliste sur la question linguistique au Québec. La question de la langue, c’est très sérieux. Il est primordial qu’elle soit traitée avec rigueur et justesse.

Selon C. Auger, il est erroné de croire que le français est en déclin au Québec, qu’une partie du problème s’explique par l’incapacité du peuple québécois de défendre sa langue au niveau juridique.

Pour monsieur C. Auger, le simple fait que 94,5 % des Québécois déclarent être capables de tenir une conversation en français démontre clairement que la question linguistique au Québec se porte très bien.

Or, le présent et l’avenir de la langue française en Amérique ne repose pas sur la possibilité ou non de tenir une conversation en français au Québec. Juger du succès de la Charte de la langue française ─ loi 101 ─ sur une donnée statistique d’un recensement, comme l’a fait C. Auger, n’est rien de moins que tordre la réalité.

C’est à la limite de la malhonnêteté intellectuel.

En fait, le journaliste C. Auger minimise ce qu’est une langue pour une nation, particulièrement ce qu’est la langue française pour le Québec. Elle est au coeur de l’identité québécoise. Elle est l’aboutissement d’une volonté commune dont son statut de langue « nationale » existe depuis l’Édit de création du Conseil souverain de la Nouvelle-France (1663), qui est l’acte fondateur de notre existence collective, de nos premières lois et de notre première constitution.

C. Auger semble confondre possibilité et réalité. Épouser la culture québécoise n’est pas qu’une possibilité de tenir une conversation en langue française. C’est vivre en français. C’est interagir en public en français. C’est travailler en français. C’est consommer en français. C’est fonder une famille de culture française en Amérique.

Aujourd’hui, la langue française au Québec rayonne partout sur son territoire essentiellement grâce aux ressources logistiques, humaines et financières que l’État du Québec attribue dans le système d’éducation, dans les services publics ainsi que dans le paysage culturel. Est-ce que C. Auger comprend réellement que la langue française au Québec est aussi indissociable des droits au travail, de notre gestion de l’immigration et de la démographie ?

Le souhait qu’avait le père de la Charte de la langue française Camille Laurin était de voir le français devenir la langue officielle du Québec, qu’elle s’impose comme la langue de l’espace public québécois, celle du travail, de la justice, des communications, de l’enseignement et de l’administration publique. Après plus de 40 ans, un examen de « santé linguistique » au Québec ne peut se faire qu’au travers l’évaluation de la capacité de la langue française à s’imposer dans tous les appareils de l’espace public. Sur ce point, la bataille n’est absolument pas gagnée, quoi qu’en dise monsieur C. Auger.

Or, non, la langue française ne se porte pas bien au Québec. À l’image de notre unité nationale actuelle, notre vigueur et nos capacités à défendre notre langue française s’affaiblissent depuis les années 2000. Nous sommes loin des années 60 à 90 où tous unis et fiers les citoyens, les artistes et les élus offraient toute la force nécessaire à l’État du Québec pour se lever face à une Amérique anglophone qui dominait le monde.

Certes, le foyer lumineux de la langue française en Amérique rayonne toujours sur le territoire du Québec mais ce n’est plus les rayons d’antan. Le recul se voit et s’entend dans les quartiers de la grande région de Montréal. Peu à peu, il y a une indifférence qui s’installe dans la métropole française d’Amérique qui brille de moins en moins.

Mais, comment les choses peuvent-elles bien aller quand la Charte de la langue française est bafouée par notre propre gouvernement du Québec ? Comment assurer l’avenir de la langue française au Québec quand le bilinguisme institutionnel est de mise ─ presque partout ─ dans les institutions québécoises ? La Charte de la langue française ne fait-elle pas du français la langue officielle des institutions, mise à part quelques exceptions destinée à la communauté historique anglaise et les Premières nations ? Alors pourquoi, la réalité en est-elle tout autrement ? Que dire de la francisation des nouveaux arrivants qui est un échec tout aussi honteux que total alors que la communauté historique anglophone qui ne représente que 8% de la population du Québec ajoute à son groupe plus ou moins 50% des nouveaux arrivants, soit tout autant que le groupe majoritaire francophone. Cette attraction « surhumaine » mène silencieusement et subtilement à une anglicisation fulgurante de la société québécoise. Une anglicisation soutenue par une élite économique et politique québécoise pour des intérêts autres que ceux de leur propre nation.

Une anglicisation que de nombreuses études démontrent d’ailleurs et mêmes études que le Mouvement Québec français a distribué maintes fois en main propre à cette même élite économique et politique.

La réalité linguistique est tout autre qu’une insignifiante donnée d’un recensement.

Pendant que le seul État de langue française en Amérique du Nord s’anglicise à une vitesse grand V, le journaliste Michel C. Auger ose affirmer à la grande messe du dimanche soir que la précarité de la langue française au Québec n’est qu’un mythe. Pour plusieurs, C. Auger a simplement fait une démonstration flagrante de son ignorance des éléments du dossier linguistique. Pour d’autres, il a offert une version (post)-moderne d’un épisode du Capitaine Bonhomme.

Un texte du Mouvement Québec français

Décès de Raymond Lemieux, leader du mouvement de défense du français lors de la crise linguistique de Saint-Léonard

« À Saint-Léonard, […], Raymond Lemieux, à la tête des parents francophones, fera en sorte que le français soit la seule langue d’enseignement. Les rejetons de familles italiennes doivent donc apprendre au primaire la langue de leur peuple d’accueil au lieu de contribuer à son assimilation […]. Les années 1960 et 1970 sont celles du grand amour du français, du moins chez les artistes. La crise de Saint-Léonard est donc un moment charnière. L’année suivante, votre humble chroniqueur, alors tout jeune, participe en personne à la manifestation monstre «McGill français» en scandant des slogans enflammés. »

─ Gilles Proulx, Journal de Montréal, 20 mai 2017

MQF ─ C’est avec respect et estime que le Mouvement Québec français (MQF) tient à souligner l’immense contribution de monsieur Raymond Lemieux, grand défenseur et protecteur de la langue française au Québec, qui est décédé le samedi 7 avril dernier.

L’implication politique de Raymond Lemieux au tournant des années 70 provoqua des changements déterminants en matière de droits linguistiques au Québec qui ont conduit à l’adoption par l’Assemblée nationale de la Charte de la langue française (Loi 101) en 1977, ainsi qu’à l’intégration des nouveaux arrivants dans le système scolaire francophone.

De gauche à droite : Alain Beiner, Michel Chartrand, Robert Lemieux, Raymond Lemieux et Pierre Bourgault. – Crédit photo : CSN

À LIRE ou REGARDER

 

Un ministère du numérique est nécessaire

MQF ─ Face à la décision du Canada de ne pas appliquer ses pouvoirs fiscaux à l’égard des géants américains du numérique, tels que Netflix et Amazon, l’État du Québec se disait prêt, en novembre 2017, à agir et les taxer.

Dans son budget 2018-2019, Québec exigera des fournisseurs numériques étrangers de respecter leurs obligations fiscales à partir du 1er janvier 2019. C’est à compter du 1er septembre 2019 que les entreprises numériques sur le territoire du Québec seront dans l’obligation de percevoir la TVQ des produits vendus.

Que ces multinationales paient des taxes est une excellente nouvelle pour les artistes du Québec et l’ensemble de la production artistique du Québec, car cet argent pourra être réinvesti pour financer les productions artistiques québécoises.

Absence des artistes québécois sur les plateformes étrangères

En 2016 et 2017, le Mouvement Québec français (MQF) avait consacré son temps et ses énergies dans une grande enquête afin de comprendre les comportements des commerçants de Montréal à l’égard de la diffusion de la musique dans leurs commerces.

Aujourd’hui, les artistes québécois sont quasi absents des plateformes numériques où la musique anglo-saxonne est omniprésente puisque ces entreprises échappent aux normes du CRTC en n’étant pas tenues de diffuser un nombre important préétabli de musique québécoise.

Rien pour favoriser la présence et la vente de productions artistiques québécoises, le précédent modèle économique basé sur des achats physiques de produits culturels, des droits d’auteurs et des ventes de publicités, a été pulvérisé par les immenses moyens numériques actuels.

Il faut dire que les résultats de notre enquête démontrent qu’une infime part ─ autour de 5% ─ des entreprises que nous avions observées diffusaient de la musique par les ondes de radios traditionnelles où la présence de productions artistiques québécoises est obligatoire.

Heureusement pour la culture francophone en Amérique, l’État du Québec a le pouvoir de légiférer et de changer les façons de faire. Comme nation culturelle de langue française, nous ne pouvions continuer à laisser le respect et l’avenir de la culture québécoise entre les mains du libre marché et des algorithmes contrôlés par les multinationales américaines.

Ces taxes perçues par l’État du Québec pourront servir à développer un univers numérique propre à notre écosystème culturel et linguistique québécois.

Un éventuel ministère du numérique

Ne faisant tout simplement pas le poids face aux multinationales américaines, les productions québécoises ne sont pas en mesure de prendre les places qui leur reviennent sur leur propre territoire. C’est pourquoi la grande majorité des revenus obtenus par la consommation de produits québécois tombe dans les coffres d’entreprises étrangères. Ce qui est suicidaire pour une nation minoritaire en Amérique du Nord, comme celle du Québec, qui doit absolument trouver des solutions (quotas, plateforme numérique québécoise, partenariat avec des pays francophones, etc.) pour protéger son marché afin que les profits obtenus par la consommation de produits culturels « faits au Québec » enrichissent les artistes d’ici et servent à développer un écosystème culturel québécois.

Seul un éventuel ministère du numérique québécois peut contrecarrer cette perte de souveraineté culturelle que provoquent les possibilités numériques actuelles tout en assurant une diffusion numérique de qualité des produits québécois.

Il en va de l’avenir de notre culture et de notre langue française.

Un texte du Mouvement Québec français

Valérie Plante : lauréate d’un « prix citron »

Le Mouvement Québec français (MQF) tient à saluer Impératif français et son initiative de remettre des « prix citron » à ceux et celles qui ont bafoué la langue française en 2017.

Depuis le 25 mars dernier, la mairesse de Montréal Valérie Plante est lauréate de l’un des « prix citron » pour son utilisation systématique de l’anglais dans son rôle officiel à la tête de la ville Montréal.

Le Mouvement Québec français a toujours été critique envers Valérie Plante dès le début de sa campagne électorale. Il est intervenu à quelques reprises  ─ ici et ─ dans les médias pour dénoncer les pratiques linguistiques de l’administration Plante. Montréal étant le principal lieu d’accueil et d’intégration des nouveaux arrivants au Québec, Valérie Plante a la responsabilité de lancer un message clair que Montréal est une ville française et que le bilinguisme institutionnel condamne Montréal à l’anglicisation.

Le bilinguisme institutionnel

Dénoncé à l’unisson par les organismes voués à la défense de la langue française et les grands syndicats du Québec, le bilinguisme institutionnel est un accélérateur de l’assimilation des Québécoises et des Québécois dedans une Amérique du Nord de langue anglaise. À Montréal tout particulièrement, le bilinguisme institutionnel permet aux Montréalaises et aux Montréalais de choisir, entre l’anglais et le français, la langue de leurs services publics qui lui sont offerts. Ce puissant message politique affirme aux nouveaux arrivants que le Québec ne tient pas spécialement à ce qu’ils connaissent le français. Forcément, le français est alors perçu comme une langue qu’il n’est pas vraiment nécessaire d’apprendre.

Valérie Plante n’a pas été la seule à recevoir une tape sur les doigts en raison de son bafouement de la langue française. Parmi les lauréats du « prix citron » de cette année, il y a le président français Emmanuel Macron et l’organisation nationale Hockey Canada.

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