Le MQF condamne les errements de la mairesse Plante sur la question du français (communiqué et entrevues)

22 février 2024

« Chaque jour qui passe, la ”métropole de la francophonie des Amériques” prend de plus en plus des airs de nécropole. » – Maxime Laporte

Montréal, le jeudi 22 février 2024 – Le Mouvement Québec français (MQF), par la voix de son président Maxime Laporte, condamne sans appel les errements de Valérie Plante sur la question du français. En ces temps critiques pour l’avenir de notre langue nationale, la mairesse de Montréal porte une responsabilité historique. Or, près de deux ans jour pour jour depuis le lancement du fameux Comité de la Ville sur la langue française, la région métropolitaine au grand complet continue de s’angliciser à vitesse grand V… En témoigne le nouveau rapport – atterrant – du Commissaire à la langue française, Benoît Dubreuil, sur l’immigration temporaire.

Maxime Laporte a fait valoir : « Dans ce contexte, les Montréalais encore soucieux du statut linguistique de leur ville en ont ras le bol des slogans creux et des discours velléitaires. En effet, la situation commande plus que des mesurettes, plus que des plans non chiffrés, plus que des rapports tablettés, qui sont autant d’alibis pour ne rien faire. C’est sans parler des messages tantôt candides, tantôt ambigus, tantôt complètement déconnectés que nous sert la mairesse, mois après mois. Entre mille exemples, cette sinistre histoire de ”French Quarter ” à la louisianaise, irréductible à une simple maladresse, en disait long sur la perdition intellectuelle ambiante. »

Des engagements sérieux

Le Mouvement Québec français (MQF) réclame du sérieux, du concret; une volonté politique ferme, la fin des tergiversations; des engagements chiffrés, crédibles et fondés sur des objectifs clairs. Entre autres considérations, le MQF enjoint la mairesse de mettre fin, une fois pour toutes, aux pratiques de bilinguisme institutionnel qui sévissent encore dans son administration ainsi que dans les communications de la Ville. Puisse-t-elle aussi s’engager à concourir, avec le gouvernement du Québec, à l’objectif de renverser le déclin de la vitalité du français par rapport à l’anglais dans la métropole. Cela passe notamment par des prises de position lucides, par exemple, sur les effets délétères du chaos migratoire et démographique que nous impose Ottawa. Cela passe également par la reconnaissance du sous-financement inique dont souffrent nos institutions de langue française par rapport à celles de l’anglosphère, nettement plus privilégiées; un véritable relent de l’ère coloniale. À ce sujet, le MQF insiste pour que madame Plante corrige sa malheureuse déclaration d’il y a quelques jours, par laquelle elle s’était portée à la défense de McGill et de Concordia, aux dépens des intérêts supérieurs du Québec français.

Le rapport du commissaire Dubreuil

Par la même occasion, le MQF invite la mairesse à prendre connaissance du récent rapport du Commissaire à la langue française sur l’immigration temporaire, et à nous dire ce qu’elle en pense.

Ce rapport brosse un portrait sidérant de la situation intenable dans laquelle se retrouve le Québec en raison des politiques déloyales d’Ottawa en matière migratoire. Ainsi, de 2016 à 2023, nous sommes passés de 86 065 à 528 034 immigrants temporaires. En parallèle, la population ne connaissant pas le français aurait affiché une croissance d’environ 52 % depuis 2011. Rien qu’entre 2021 et 2023, la population non permanente qui ne connaissait pas le français aurait pratiquement triplé. L’ampleur du phénomène est telle que le concept même de francisation s’en trouve mis en échec, sachant qu’il en coûterait 13 milliards $ pour franciser tout ce beau monde; un investissement éminemment irréaliste. Et encore, cela prendrait des années… D’où l’urgence absolue de rapatrier tous les pouvoirs fédéraux en immigration – une proposition de longue date du MQF, devenue l’un des thèmes centraux de la campagne électorale de François Legault en 2022 –.

« Hélas, cette promesse solennelle ne semble pas en voie de se réaliser, vu la profondeur du mépris du gouvernement Trudeau… À l’échelle de l’histoire, ces événements revêtent un sens particulier. Plus que jamais, il semble clair qu’en demeurant à l’intérieur du carcan canadien, le Québec français se condamne à la déchéance et à la folklorisation, à commencer par Montréal et ses banlieues; une réalité que même les fédéralistes ne peuvent plus ignorer. C’est ainsi que pour la première fois, les deux grands courants du mouvement national québécois, celui du nationalisme culturel et celui du nationalisme de rupture, ne font plus qu’un. En d’autres termes, survivance rime désormais pleinement avec indépendance.

Reste à voir comment nos dirigeants actuels, dont Valérie Plante, se positionneront dans ce nouveau paradigme existentiel », a déclaré Maxime Laporte.

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Revue de presse | Entrevues

Article de Clara Loiseau (Journal de Montréal), 22 février 2024

Entrevue de Maxime Laporte à Qub, 22 février 2024

Entrevue de Maxime Laporte à LCN, 24 février 2024

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