Débat des chefs en anglais: un précédent irresponsable, déplore le Mouvement Québec français

Les chefs de partis devraient reconsidérer leur participation au débat télévisé en anglais, ne serait-ce que par solidarité pour les Acadiens.nes qui eux, n’auront pas droit à une joute électorale dans leur langue à Radio-Canada au Nouveau-Brunswick, une province qui se dit pourtant officiellement bilingue… En espérant se magasiner quelques votes, ils cautionnent directement l’injustice linguistique qui s’abat sur le fait français au Canada.

MQF – 12 septembre 2018

Le Mouvement Québec français (MQF) déplore la participation des chefs des partis politiques au débat en anglais qui se tiendra la semaine prochaine, estimant qu’il créera un précédent «irresponsable», en plus de contribuer au déclin du français.

Le Mouvement, qui a pour mission de promouvoir et de défendre la langue française, en appelle au sens de la responsabilité des leaders et leur demande de se «montrer cohérents et exemplaires eu égard au statut du français comme seule langue commune au Québec, principe qu’ils ne sauraient sacrifier sur l’autel du clientélisme politique», peut-on lire dans un communiqué publié mercredi.

«Créer un tel précédent, c’est irresponsable. Si les chefs vont de l’avant, il ne se passera plus une seule campagne électorale à l’avenir sans qu’on ne presse les groupes médiatiques et les partis politiques de tenir pareil débat national en anglais», a déploré Maxime Laporte, président du MQF.

Ce dernier croit qu’il n’est pas trop tard pour reculer.

«C’est ainsi que l’anglicisation prend forme dans notre quotidien au Québec, a ajouté M. Laporte. C’est ce type de reculs significatifs qui, s’additionnant les uns aux autres, contribuent à affaiblir notre langue. Ne nous surprenons pas, après cela, du fait que les francophones sont en voie de devenir minoritaires sur l’île de Montréal.»

Le MQF croit que l’argument de représentation ne tient pas la route puisqu’il y aurait alors un débat en langues autochtones, en espagnol, en créole, en arabe ou en mandarin.

«Le premier qui a accepté c’est Jean-François Lisée. Moi je pense que c’est important de parler à la communauté anglophone qui est importante au Québec», a fait savoir le chef caquiste François Legault.

«Parce qu’ils ont des droits, ils sont à la base de ce qui s’est fait au Québec et au Canada, a-t-il ajouté. Évidemment la langue commune au Québec c’est le français, mais je pense que comme je l’ai fait en créole avant hier, il y a beaucoup d’anglophones et je suis content d’avoir accepté.»

Invitée également à commenter, la vice-cheffe du Parti québécois a assuré que son parti «ne reconsidère pas du tout» la décision de participer au débat anglophone. Véronique Hivon a souligné que le PQ «a des convictions très fortes sur la langue française, qui est la seule et unique langue officielle du Québec».

«Mais on pense aussi qu’on peut tendre la main aux anglophones, qu’on peut s’adresser à la minorité historique anglophone, et que c’est une occasion aussi de bâtir des ponts», a-t-elle poursuivi.

«Le pays du Québec qu’on veut construire, on veut le construire avec tout le monde», a-t-elle précisé.

SOURCE – 12/09/2018 – AGENCE QMI

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