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Un effet direct de la loi 101

La Charte de la langue française assure le droit de communiquer en français dans l’espace public et impose la francisation des immigrants par l’obligation de fréquenter le système scolaire (primaire et secondaire) de langue française. Grâce à la Charte, les immigrants obtiennent alors un grand nombre d’outils pour leur intégration sociale à la société québécoise. Mais vivre en français ne se résume pas qu’aux onze (11) années passées du primaire jusqu’au secondaire. Dans sa forme actuelle, la Charte de la langue française n’assure malheureusement pas une pérennité à la langue française au Québec.

MQF – 04/04/2017

Et si une partie de l’avenir du français se jouait dans les cours d’école de Montréal ? Alors que l’immigration est de plus en plus importante dans la métropole, une étude dévoilée vendredi par l’Office québécois de la langue française (OQLF) rapporte que la grande majorité des enfants allophones vont à l’école en français.

De fait, depuis 1976, la proportion d’élèves du primaire et du secondaire dont la langue maternelle n’est ni le français ni l’anglais est passée de 13,3 % à 87,9 % en 2015, dans les écoles montréalaises. Un bond qui, selon le démographe Michel Paillé, est un résultat clair du succès de la Charte de la langue française — la fameuse loi 101 —, adoptée l’année suivante par le Parti québécois de René Lévesque.

Cette loi oblige, depuis, les jeunes allophones à fréquenter une école où la langue d’enseignement est le français. Seule exception : si un de leur parent a lui-même fait la majorité de ses classes dans une école anglophone canadienne.

Ce changement législatif a fait chuter, au cours des dernières décennies, le nombre d’enfants admissibles aux écoles dont la langue d’enseignement est l’anglais.

Ainsi, alors qu’un peu plus de 30 % des élèves montréalais avaient le droit de fréquenter une école anglophone en 1986, à peine 21 % y ont aujourd’hui accès. En outre, l’étude relève également que le nombre d’anglophones optant pour une école de langue française a, pour sa part, augmenté d’un peu plus de 20 points de pourcentage depuis 1976.

« L’adoption de la loi 101 a eu un effet significatif à Montréal, soutient celui qui a longtemps travaillé à l’OQLF. D’abord en réussissant à briser cette tendance naturelle qu’avaient les immigrants à opter pour des écoles anglophones, mais aussi en faisant entrer le français dans leur foyer. Si aujourd’hui il y a plus de familles immigrantes de seconde génération, par exemple, qui parlent en français à la maison, c’est un peu parce que leurs enfants l’y ont fait entrer. »

Selon celui qui s’intéresse aux questions linguistiques depuis plus d’un quart de siècle, ces données ne sont toutefois pas surprenantes. « Elles suivent une tendance que l’on observe au Québec depuis déjà quelques décennies », note-t-il.

Mise à part l’application de la loi 101, Michel Paillé estime que l’étalement urbain et la tendance marquée des ménages francophones et anglophones à quitter la métropole au profit de ses banlieues sont aussi un facteur explicatif de cette tendance observée par l’OQLF.

« On prend souvent l’île de Montréal à part, avance le démographe de formation, mais dans pareil cas, il serait pertinent de la considérer avec ses couronnes. Ça nous permettrait sans doute de constater que l’immigration, elle aussi, s’étale de plus en plus et que donc, les enfants de la loi 101 ne sont pas confinés aux limites des quartiers centraux montréalais. »

 

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