Francisation et intégration : les mécanismes en place sont terriblement déficients.

La francisation au Québec est un échec. Plus ou moins de 50% des nouveaux arrivants choisissent de s’intégrer à la communauté historique anglaise.

MQF – 28/05/2018

MQF ─ Depuis plus de 20 ans, il y a une tendance lourde en matière de francisation au Québec : il y a une fréquentation peu élevée des cours de francisation, et à la fois, un nombre considérable d’abandons de la part des nouveaux arrivants inscrits au cours.

Ce lourd constat se révèle dans un contexte où le nombre d’immigrants ne connaissant pas le français est en augmentation alors que le financement des programmes de francisation diminue depuis deux décennies dans l’ensemble des ministères impliqués à la francisation à part quelques petits ajustements ici et là

Au-delà des préjugés sur la grande difficulté d’apprendre la langue française, ces « nouveaux arrivants-apprenants » abandonnent les cours, n’étant pas en mesure de subvenir à leurs besoins. Comme tous les autres citoyens, ils vivent leur quotidien de la même manière : boulot, frigo et dodo.

De plus, au-delà des insuccès de nos programmes de francisation, au moins 40 % des immigrants qui, ne connaissant pas le français à leur arrivée, ne s’inscrivent même pas aux cours de français. Qu’il y est accord ou non à obliger un parcours de francisation ne changera rien au fait que les mécanismes en place, pour mener les nouveaux arrivants à la francisation, sont terriblement déficients.

Les statistiques démontrent qu’il y a plus de 200 000 immigrants qui ne parlent toujours pas le français au Québec, tous fortement concentrés dans la grande région de Montréal.

C’est un poids lourd sur les épaules d’une culture française fragile en Amérique et surtout sur les épaules d’une langue française qui souffre déjà d’un irrespect à Montréal.

Depuis environ 40 ans il y a une nette augmentation des flux migratoires au Québec 1980 (22 000) et aujourd’hui (50 000) en 2018. Peu importe ce que nous pouvons en comprendre ou en dire de bien ou de mal de ces flux migratoires à la hausse, nous en sommes aujourd’hui à une intégration au faible pourcentage de réussite. Aujourd’hui, les statistiques révèlent que plus ou moins 50 % des nouveaux arrivants choisissent de s’intégrer à la communauté historique anglaise qui ne représente que plus ou moins 8% de la population du Québec au lieu de s’intégrer à la majorité francophone dans les proportions attendues, soit autour de 92 %.

Cette simple statistique démontre, d’une façon invraisemblable, notre échec en matière d’intégration et de francisation.

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