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La francophonie grande oubliée de la «Macronie» ?

Le président de la République française abandonne la Francophonie. Quelle honte !

MQF – 07/07/2017

Aucun portefeuille ne lui est consacré dans le gouvernement, un fait qui constitue une rupture avec les us et coutumes politiques des trente dernières années.

Le nouveau président de la République Emmanuel Macron écarte la francophonie de son option gouvernementale. Les défenseurs de la langue française sont perplexes. Le président Macron n’a réservé aucun portefeuille à la francophonie dans son gouvernement. Pas de secrétariat d’Etat, pas de ministère !

Alors en campagne, le candidat d’En marche avait pourtant fait l’éloge de cette cause, au cœur de l’action gouvernementale de ses prédécesseurs. Dans une lettre adressée au président de l’Association francophone d’amitié et de liaison (AFAL), il avait indiqué : «Je considère comme vous que notre langue est une chance pour notre pays et qu’il est indispensable de fixer des objectifs ambitieux et des propositions concrètes dans le domaine de la promotion de la langue française. […] Je souhaite, comme l’association que vous présidez, développer la francophonie économique et solidaire et veiller à l’usage du français dans le secteur de la recherche ainsi que dans les organisations internationales.» Comment expliquer le choix d’Emmanuel Macron ? Omission ? Revirement ? Changement de cap ?

Fin d’une tradition politique vieille de trente ans. Depuis 1986, la francophonie était devenue une pièce maîtresse des gouvernements successifs de droite comme de gauche, se voyant dotée, suivant les différentes majorités, d’un ministère ou d’un secrétariat ad hoc. En plaçant cette ambition politique dans l’agenda de l’exécutif, le Premier ministre Jacques Chirac voulut inscrire son action dans une continuité gaulliste. Une orientation que poursuivirent de manière consensuelle ses successeurs.

C’est sans doute sous le gouvernement d’Edouard Balladur que l’engagement en faveur de la francophonie atteignit son point culminant. Rattachée au ministère de la Culture – un ministère à part entière –, elle fut portée avec panache par Jacques Toubon. Ce ministre téméraire œuvra ardemment pour la défense de la langue française en limitant l’impact concurrentiel de l’anglais et en imposant aux radios privées de diffuser 40% de chansons d’expression française.

Rompre avec la «Françafrique» ?

Après tout, la francophonie n’a pas besoin d’un maroquin pour exister. De nombreux secrétaires d’Etat s’y succédèrent sans avoir amélioré d’un iota le sort du français. Fort de son pragmatisme, Emmanuel Macron a, sans doute, voulu mettre un terme à cette logique des apparences consistant à donner à voir la figuration comme un principe d’action. En tout état de cause, cette décision de ne pas doter la francophonie d’une prérogative gouvernementale constitue, indiscutablement, une rupture avec les us et coutumes politiques des trente dernières années. Elle valide la stratégie de disqualification de l’héritage gauche-droite échafaudée par le chef d’Etat.

Soucieux de marquer sa différence et d’imprimer son style, ce dernier entend-il, probablement aussi, prendre ses distances, davantage encore que ne le fit François Hollande, avec l’approche traditionnelle de la francophonie que les détracteurs se plaisent à associer à la «Françafrique». Si la politique africaine d’Emmanuel Macron est encore illisible, il n’en demeure par moins que son interview à Alger, dans laquelle il déclara que «la colonisation fait partie de l’histoire française et c’est un crime contre l’humanité», laisse à penser qu’elle s’emploiera à faire tomber les tabous du contentieux colonial.

07/07/2017 – AIT KAKI, Maxime

 

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