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Jeunes décideurs, il vous faut investir la Francophonie économique

«Le fait de partager une langue commune favorise l’existence d’un espace de vie partagé. Mode de pensées, littérature, références historiques, monde cinématographique, musique, sont autant de points qui créent un espace de circulation géographique, mais aussi intellectuel propice aux échanges et aux affaires. Les élites économiques françaises actuelles n’ont pas toujours conscience de l’existence de cette communauté culturelle virtuelle francophone»

Parce qu’il n’a pas que les pays anglo-saxons sur cette planète. Parce qu’il n’y a pas que la langue anglaise pour faire des affaires. Parce qu’il y a une francophonie jeune et forte qui offre de grandes possibilités. L’Afrique est vaste et en ébullition. Est-ce que les Québécois le savent ?

MQF, 01/03/2017

À LIRE – La jeune élite économique (cadre, manager ou même décideur) de notre pays est souvent fascinée par le monde anglo-saxon (notamment par les États-Unis) et l’Asie (Chine, Japon, sous-continent indien, etc.) au détriment de l’espace francophone (mis à part le Québec). Elle ne connait pas, ou peu, les pays de la Francophonie particulièrement les pays africains : une ignorance ou une indifférence parfois même teintée de dédain.

Aujourd’hui, le Français est la cinquième langue la plus parlée au monde avec 274 millions de locuteurs dans 102 pays. 212 millions l’utilisent quotidiennement, et le Français est la quatrième langue d’Internet, la troisième langue des affaires, la deuxième langue de travail de la plupart des organisations internationales.

Dans les années à venir, la population mondiale francophone devrait fortement augmenter et pourrait atteindre 750 millions de locuteurs en 2050-60. Le Mooc intitulé “la Francophonie : essence culturelle, nécessité politique” organisé pour la 2e année consécutive par l’Université de Lyon 3, peut constituer l’opportunité d’une prise de conscience du formidable potentiel économique et humain de la Francophonie.

Une opportunité de combler une lacune importante du système scolaire et universitaire français

Les cadres français du secteur privé comme du secteur public connaissent mal l’Afrique Francophone. La plupart d’entre eux sont incapables de situer les pays africains sur une carte ou d’en citer les noms des capitales. Pour beaucoup d’entre eux, l’Afrique est une terre hostile où règnent corruption, insécurité ou mauvaise gouvernance. À leurs yeux, c’est un terrain d’action humanitaire, voire au mieux, une destination touristique exotique.

Cette situation résulte en grande partie du fait que les programmes scolaires français abordent peu l’histoire contemporaine et la géographie des pays africains. Ces lacunes ne sont malheureusement pas comblées dans les filières de l’enseignement supérieur et même dans les “business school”. Or, la Francophonie est composée de pays qui présentent un intérêt géostratégique pour notre économie. Par ailleurs, nombreux sont nos collègues qui sont originaires de l’espace francophone directement ou de par leurs ascendants.

C’est dans ce contexte que la secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) Michaëlle Jean s’est impliquée en personne en ouverture d’un Mooc consacré à la Francophonie (cours en ligne ouvert et massif – Clom en Français) disponible sur la plateforme France Université Numérique (FUN Mooc). Elle y rappelle que “la Francophonie va bien au-delà d’un front linguistique, qu’elle est aussi un vaste mouvement institutionnel, politique, culturel et de la société civile”.

Ce Mooc ouvert à tous peut donc constituer une opportunité pour tout manageur et décideur de prendre conscience de la réalité économique francophone. Les décideurs pourront y trouver une autre forme de mondialisation plus humaine, alternative à une mondialisation effrénée et incontrôlée à l’anglo-saxonne.

Une opportunité de mieux comprendre les collaborateurs et collègues provenant de pays francophones

Le fait de partager une langue commune favorise l’existence d’un espace de vie partagé. Mode de pensées, littérature, références historiques, monde cinématographique, musique, sont autant de points qui créent un espace de circulation géographique, mais aussi intellectuel propice aux échanges et aux affaires. Les élites économiques françaises actuelles n’ont pas toujours conscience de l’existence de cette communauté culturelle virtuelle francophone. Les collaborateurs issus de pays francophone ont eux en revanche conscience de leur appartenance au monde francophone.

Une opportunité de s’ouvrir à la francophonie économique, un espace économique à réinvestir

Le rapport Attali “La Francophonie et la francophilie, moteurs de croissance” paru en août 2014 tentait déjà de sensibiliser les élites françaises au formidable “gisement d’énergie et de croissance” que constitue la Francophonie.

En effet, les pays membres de la Francophonie ne doivent pas être méprisés par nos chefs d’entreprise, nos décideurs et nos cadres. Ils représentent 20 % des échanges commerciaux mondiaux. Et, la Francophonie est composée de plus de 80 pays (États et gouvernements) dont certains présentent un taux de croissance exceptionnel comme la Côte d’Ivoire. Ils doivent et peuvent constituer au-delà de simples débouchés commerciaux de futures partenaires de croissance pour nos industries, nos PME, nos établissements d’enseignement et de recherche, etc.

Il serait temps, face aux soubresauts du monde actuel et aux balbutiements de l’Europe et du monde en général, que les élites économiques françaises comprennent que les membres de la Francophonie sont nos partenaires “naturels” porte le même type de regard que les Britanniques sur les pays et les citoyens du Commonwealth.

12/10/2016 – DJEYARAMANE, Gilles

http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-161411-jeunes-decideurs-il-vous-faut-investir-la-francophonie-economique-2034520.php

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