Le choix (anglophone) de l’Université McGill fait polémique

Alors que le premier ministre québé­cois Philippe Couillard annonçait le 6 septembre dernier que l’hô­pi­tal de Gati­neau accueille­rait une nouvelle faculté satel­lite de méde­cine fami­liale, déve­lop­pée en colla­bo­ra­tion avec l’Uni­ver­sité mont­réa­laise McGill et le Centre inté­gré de santé et de services sociaux de l’Ou­taouais, certaines asso­cia­tions de promo­tion de la fran­co­pho­nie dénoncent le choix de l’uni­ver­sité mont­réa­laise qui est, pour rappel, anglo­phone.  

Inquié­tudes quant à l’ac­cès à une forma­tion médi­cale en français

Marc Carrière, le député libé­ral de la circons­crip­tion de Chapleau, où se situe l’hô­pi­tal de Gati­neau, accueille la nouvelle avec enthou­siasme et estime que cela repré­sente « une excel­lente nouvelle pour la région », notam­ment en raison de la répu­ta­tion de l’uni­ver­sité mont­réa­laise. Le président de l’as­so­cia­tion Impé­ra­tif français, Jean-Paul Perreault, juge néan­moins « impar­don­nable » de la part du gouver­ne­ment du Québec de confier un tel projet à une univer­sité anglo­phone dans une région où la popu­la­tion parle majo­ri­tai­re­ment français.

Si Perreault affirme que les 18 premiers mois d’en­sei­gne­ment du programme de cette future univer­sité seront effec­tués entiè­re­ment en anglais, par vidéo­con­fé­rence, le député Carrière précise que McGill s’est enga­gée à fran­ci­ser son ensei­gne­ment et à atteindre à terme « un ensei­gne­ment 100 % fran­co­phone au pavillon de Gati­neau ».

Perreault dénonce pour sa part une campagne de désin­for­ma­tion. « McGill assure que seule­ment 8 % de l’en­sei­gne­ment s’ef­fec­tuera en anglais, mais […] c’est 100 % de l’en­sei­gne­ment des 3 premiers semestres qui s’ef­fec­tuera en anglais », affirme-t-il en expliquant que pour arri­ver à ce chiffre, « McGill ajoute les dernières années d’en­sei­gne­ment, qui sont orien­tées sur la pratique ».

Un signal inquié­tant pour la commu­nauté franco-onta­rienne  

Bien qu’il se réjouisse de cette annonce, le député Carrière rejoint les préoc­cu­pa­tions d’Im­pé­ra­tif français sur la promo­tion de la fran­co­pho­nie et fait part de l’im­por­tance « de favo­ri­ser l’en­sei­gne­ment en français » tout en rappe­lant que « le Québec joue un rôle de pilier au Canada dans la protec­tion du français ». Perreault exprime cepen­dant son inquié­tude quant au respect de l’en­vi­ron­ne­ment cultu­rel et linguis­tique de l’Ou­taouais.

« Si cela passe, c’est une menace pour toute la fran­co­pho­nie », affirme-t-il en s’in­ter­ro­geant sur les possi­bi­li­tés pour les « les Franco-Onta­riens de s’ap­puyer sur la struc­ture du Québec pour récla­mer la gestion de leurs établis­se­ments scolaires et univer­si­taires », notam­ment dans la pers­pec­tive du déve­lop­pe­ment d’une univer­sité franco-onta­rienne.

« Toute la fran­co­pho­nie onta­rienne devrait inter­ve­nir pour dire au gouver­ne­ment du Québec que c’est inac­cep­table, que cela les affai­blit », ajoute Perreault.

28/11/2016 – HUBERT, Nicholas
http://www.larotonde.ca/choix-anglophone-de-luniversite-de-mcgill-polemique

Voir aussi

Le visage des communautés francophones change

À partir de 2023, le gouvernement fédéral veut qu’un minimum de 4,4 % des immigrants …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Power by

Download Free AZ | Free Wordpress Themes