Le gouvernement doit renoncer au statu quo et rouvrir la loi 101

Seule une action concrète au plan législatif peut freiner le déclin du français au Québec.

Maxime Laporte, président du MQF – 12 avril 2019

Montréal, le vendredi 12 avril 2019 – À la suite de la publication du rapport de l’Office québécois de la langue française (OQLF) sur l’évolution de la situation linguistique, le Mouvement Québec français (MQF), par la voix de son président Maxime Laporte, a fait valoir que seule une action concrète au plan législatif peut freiner le déclin du français au Québec.

M. Laporte a insisté : « Le déclin du français suit une tendance lourde. Ce rapport vient encore une fois nous le démontrer. À présent, il faut mettre fin à l’attentisme et agir ! »

« À défaut d’avoir le courage de rétablir la loi 101 dans sa mouture initiale ; à défaut de prendre les mesures qui s’imposent, hé bien le maintien du poids démographique et de la vitalité du français au Québec n’est tout simplement pas garanti. Ces mesures consistent notamment à appliquer la Charte de la langue française aux entreprises sous juridiction fédérale, aux entreprises de 10 employés en plus, aux institutions collégiales. Globalement, il faut mettre un terme au bilinguisme institutionnel tel que pratiqué, hélas, par notre propre gouvernement national. Il faut assurer une francisation adéquate et obligatoire des nouveaux arrivants allophones tout en veillant au respect de leurs droits. Il faut cesser de surfinancer injustement les institutions universitaires anglophones en instaurant une politique équitable à cet égard », a indiqué Me Laporte.

Une méthodologie criticable, un discours qui ménage la chèvre et le chou

« Bien que nous saluons la publication du rapport quinquennal de l’OQLF, – une obligation légale qui avait été violée sous le règne libéral -, le MQF et ses experts estiment que les données, telles que présentées, ne permettent pas au public de bénéficier d’une vue d’ensemble cohérente quant à l’évolution de la situation linguistique. Le réflexe est à la minimisation des pertes, à la mitigation des avancées et des reculs, – on ménage la chèvre et le chou -, comme pour mieux faire « passer la pilule » au public et éviter de trop le provoquer, le tout au détriment de la réalité. En effet, l’OQLF perpétue manifestement la fracture méthodologique à laquelle il s’adonne depuis au moins 2011, laquelle consiste à voir des francophones là où il y en a pas nécessairement, c’est-à-dire en groupant indûment les réponses mixtes (bilinguisme, trilinguisme à la maison) pour gonfler artificiellement le poids du français. Cette façon de faire, pour le moins inusitée, nuit au suivi des données antérieures qui étaient jusqu’à récemment traitées selon la méthode classique. », a affirmé le président du MQF.

Vivement des chiffres cohérents !

C’est pourquoi le MQF invite la population à consulter les données préparées par ses experts, lesquelles se trouvent sur son site Internet : quebecfrancais.org.

Or, voici le véritable portrait de l’évolution du poids des langues, tel qu’il aurait dû être clairement révélé et privilégié, au-delà des considérations périphériques retenues par les médias liées par exemple à l’indifférence des uns et des autres devant le “bonjour-Hi”… Bien qu’attrayant, ce sujet constitue une pure diversion comparativement à la gravité du déclin du français sous ses dimensions fondamentales.

En 2001 au Québec, le poids démographique du français, langue d’usage, s’élevait à 83,1%.

En 2016, il avait chuté à 80,6%.

Selon les projections de Statistique Canada, cette proportion diminuera encore à 75% d’ici moins de 17 ans, en 2036. Enfin, les experts Termote, Payeur et Thibault ont évalué qu’en 2056, ce chiffre ne sera que d’environ 72,3%. Cela, avec les conséquences que l’on peut déjà envisager quant à la vitalité du français dans l’ile de Montréal, où les francophones de langue d’usage sont déjà en voie de devenir minoritaires.

Par ailleurs, une analyse rigoureuse des données des derniers recensements révèle que pendant que le français perd du terrain, l’anglais, lui, se maintient voire progresse, sachant qu’entre 2001 et 2016, la proportion d’anglophones de langue d’usage est passée de 10,5% à 10,7%. En 2016, l’indice de vitalité de l’anglais, c’est-à-dire sa force d’attraction auprès des non-anglophones, s’établissait à environ 1,32, – nettement supérieur à celui du français vis-à-vis des non-francophones, lequel n’était que de 1,03.

– 30 –

Voir aussi

Lettre ouverte des Partenaires pour un Québec français : une langue sur un dangereux fil d’équilibre

Bien que nous attendions un rapport sur l’évolution de la situation linguistique au Québec de …