Les Franco-ontariens sont bienheureux

MQF ─ Il y a quelques jours, un Conseil des gouverneurs a été formé pour mettre en place les premières étapes d’un projet de construction à Toronto d’une université de langue française en Ontario « gouvernée par et pour les francophones ».

Les Franco-ontariens sont bienheureux de voir se réaliser un projet qui ne semblait ne pas vouloir aboutir. Cette attente infectait des plaies encore ouvertes des lois «anti langue française » qui a compromis le développement de la francophonie en Ontario depuis un siècle.

Par contre, depuis peu, le temps est bon pour les Franco-ontariens. En 2016, au nom de l’Assemblée législative, la première ministre, Kathleen Wynne, a présenté des excuses officielles à la francophonie ontarienne au sujet des infâmes règlements 17 et 18 qui ont été promus par les Orangistes qui s’opposaient à une éducation bilingue « français-anglais » sur le territoire de l’Ontario. L’usage du français a ainsi été restreint, parfois supprimé, des écoles élémentaires de 1912 à 1942. Ce n’est qu’en 1968, avec l’adoption du projet de loi 140, que le gouvernement ontarien légalise l’enseignement entièrement en français.

Les règlements 17 et 18 ont été décriés par tous les francophones d’Amérique et cela a pris plus de 100 ans pour que les excuses soient prononcées. Au bout de cette souffrance, il y a maintenant ce projet d’université qui est un baume sur des vieilles plaies.

Cette université sera un symbole de résistance comme l’est l’Hôpital universitaire francophone Montfort dont les Franco-ontariens ont réussi in extremis à éviter sa fermeture en 1997 en créant le mouvement de résistance SOS Montfort.

Nombreux sont les espoirs que les francophones puissent enfin soutirer aux universités ontariennes dites bilingues les quelques institutions collégiales et universitaires de langue française vouées aux communautés francophones des régions de Toronto, Ottawa et du Nord-Est ontarien, formant alors dans la francophonie ontarienne un réseau universitaire semblable à celui de l’Université du Québec.

Pendant ce temps au Québec, le Réseau de l’Université du Québec (10 établissements partout au Québec), qui a été créé en 1968 dans l’objectif de développer les régions, est un exemple ─ un autre ─ de la résistance des francophones en Amérique. Le grand réseau universitaire de langue française (15 établissements dont l’Université de Montréal et l’Université de Laval sont dans les plus importantes de la francophonie) est sous-financé puisque le réseau universitaire de langue anglaise est sur-financé.

Les universités McGill, Concordia et Bishop’s (les 3 établissements du réseau universitaires de langue anglaise) reçoivent près de 30% du financement universitaire alors que la communauté anglophone du Québec n’est que 8% de la population. Par conséquent, ce sont les universités de langue française dans les régions ─ Abitibi-Témiscamingue, Rimouski et Chicoutimi : toutes reliées à l’Université du Québec ─ qui se développent au ralenti en n’obtenant pas un financement adéquat et n’étant pas en mesure de compétitionner contre les ressources financières, humaines et logistiques qui se concentrent à Montréal en raison du surfinancement du réseau universitaire de langue anglaise. Cette énorme concentration des ressources provoque une convergence des étudiants québécois sur l’île de Montréal menant à une désertification silencieuse des compétences humaines dans les régions du Québec.

Même si cette université de langue française en Ontario « gouvernée par et pour les francophones » est une perspective intéressante pour la francophonie en Amérique, il n’en reste pas moins qu’elle est aussi un symbole d’un rare gain de la part des « canadiens-français » au Canada hors-Québec, alors que Québec a toujours les poches de plus en plus creuses pour sa minorité de langue anglaise.

D’ailleurs, cette université servira de comparaison entre ce qui est financé par l’Ontario à sa minorité francophone et ce qui l’est par le Québec et sa minorité anglophone. Certains réaliseront la générosité démesurée du Québec à l’endroit de sa minorité linguistique et l’ampleur des impacts sur sa propre majorité.

Un texte du Mouvement Québec français

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