Manifestation devant le Centre Bell pour le respect du français

08 janvier 2012

Article de Valérie Simard publié dans la Presse le 8 janvier 2012

Le drapeau du Québec était plus visible que le logo du Canadien samedi soir, à l’entrée du Centre Bell. Avant le match opposant le Tricolore au Lightning de Tampa Bay, quelques centaines de manifestants se sont massés devant l’amphithéâtre pour exiger que le club montréalais démontre un plus grand respect envers la langue française.

 

«Quand un entraîneur est incapable de nous dire en français pourquoi ils ne sont pas bons, c’est inacceptable!, a lancé le porte-parole du Mouvement Montréal français (MMF), le comédien Denis Trudel.

«On dirait qu’on a oublié que le français est menacé, a remarqué Charlie Pellegrin, une jeune militante du Mouvement Montréal Français qui a l’anglais comme langue maternelle. Le fait qu’on soit juste 500 alors qu’il y a un million de personnes qui regardent chaque partie de hockey, c’est un peu triste.» Plusieurs spectateurs ont néanmoins accepté les drapeaux du Québec distribués par les manifestants qui les invitaient à brandir le fleurdelisé pendant la partie.

Mario Beaulieu croit que la nomination d’un entraîneur-chef unilingue anglophone par le Canadien de Montréal est la goutte qui a fait déborder le vase. «Depuis plusieurs années, il y a une anglicisation qui se développe à l’intérieur du Canadien, a-t-il constaté. C’est une culture d’entreprise qui ne respecte pas le statut du français comme langue commune». Mario Beaulieu a aussi déploré que la musique d’ambiance diffusée au Centre Bell soit majoritairement en anglais et qu’il ne reste plus que deux joueurs francophones au sein de l’équipe. «Il y a plus de joueurs québécois au sein du Lightning de Tampa Bay!», s’est-il exclamé.

Présent au rassemblement avec sa conjointe Édith Cochrane, le comédien Emmanuel Bilodeau a demandé qu’une sorte de discrimination positive soit faite à l’endroit des joueurs francophones. «Je me désengage progressivement du Canadien, a déclaré celui qui a incarné René Lévesque au petit écran. Si c’était une équipe de francophones perdante, je serais quand même là à tous les matchs. Je les supporterais et j’adorerais mon équipe. La Coupe Stanley, ce n’est pas une fin en soi. L’important ce n’est pas de gagner ou même de faire les séries. L’important, c’est qu’à chaque match, on ait de grandes émotions et qu’on s’identifie à l’équipe.»

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