Un ministère du numérique est nécessaire

MQF ─ Face à la décision du Canada de ne pas appliquer ses pouvoirs fiscaux à l’égard des géants américains du numérique, tels que Netflix et Amazon, l’État du Québec se disait prêt, en novembre 2017, à agir et les taxer.

Dans son budget 2018-2019, Québec exigera des fournisseurs numériques étrangers de respecter leurs obligations fiscales à partir du 1er janvier 2019. C’est à compter du 1er septembre 2019 que les entreprises numériques sur le territoire du Québec seront dans l’obligation de percevoir la TVQ des produits vendus.

Que ces multinationales paient des taxes est une excellente nouvelle pour les artistes du Québec et l’ensemble de la production artistique du Québec, car cet argent pourra être réinvesti pour financer les productions artistiques québécoises.

Absence des artistes québécois sur les plateformes étrangères

En 2016 et 2017, le Mouvement Québec français (MQF) avait consacré son temps et ses énergies dans une grande enquête afin de comprendre les comportements des commerçants de Montréal à l’égard de la diffusion de la musique dans leurs commerces.

Aujourd’hui, les artistes québécois sont quasi absents des plateformes numériques où la musique anglo-saxonne est omniprésente puisque ces entreprises échappent aux normes du CRTC en n’étant pas tenues de diffuser un nombre important préétabli de musique québécoise.

Rien pour favoriser la présence et la vente de productions artistiques québécoises, le précédent modèle économique basé sur des achats physiques de produits culturels, des droits d’auteurs et des ventes de publicités, a été pulvérisé par les immenses moyens numériques actuels.

Il faut dire que les résultats de notre enquête démontrent qu’une infime part ─ autour de 5% ─ des entreprises que nous avions observées diffusaient de la musique par les ondes de radios traditionnelles où la présence de productions artistiques québécoises est obligatoire.

Heureusement pour la culture francophone en Amérique, l’État du Québec a le pouvoir de légiférer et de changer les façons de faire. Comme nation culturelle de langue française, nous ne pouvions continuer à laisser le respect et l’avenir de la culture québécoise entre les mains du libre marché et des algorithmes contrôlés par les multinationales américaines.

Ces taxes perçues par l’État du Québec pourront servir à développer un univers numérique propre à notre écosystème culturel et linguistique québécois.

Un éventuel ministère du numérique

Ne faisant tout simplement pas le poids face aux multinationales américaines, les productions québécoises ne sont pas en mesure de prendre les places qui leur reviennent sur leur propre territoire. C’est pourquoi la grande majorité des revenus obtenus par la consommation de produits québécois tombe dans les coffres d’entreprises étrangères. Ce qui est suicidaire pour une nation minoritaire en Amérique du Nord, comme celle du Québec, qui doit absolument trouver des solutions (quotas, plateforme numérique québécoise, partenariat avec des pays francophones, etc.) pour protéger son marché afin que les profits obtenus par la consommation de produits culturels « faits au Québec » enrichissent les artistes d’ici et servent à développer un écosystème culturel québécois.

Seul un éventuel ministère du numérique québécois peut contrecarrer cette perte de souveraineté culturelle que provoquent les possibilités numériques actuelles tout en assurant une diffusion numérique de qualité des produits québécois.

Il en va de l’avenir de notre culture et de notre langue française.

Un texte du Mouvement Québec français

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