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La minorité tire encore vers elle la majorité à Metis Beach

De nombreuses études démontrent que les institutions destinées à la minorité anglaise du Québec bénéficient d’un important surfinancement comparativement aux institutions de la majorité de langue française.

MQF – 13/07/2017

Plus de 900 000 Québécois, très majoritairement francophones, émigrèrent aux États-Unis entre 1840 et 1930. Que reste-t-il aujourd’hui de la présence canadienne-française en Nouvelle-Angleterre ? Bien peu de traces à dire vrai. Le seigneur John McNider installa à compter de 1817 une poignée d’Écossais (150-200) à Métis, au milieu des Canadiens français. Qu’en reste-t-il aux portes de la Gaspésie touristique ? Tout ! Je m’explique.

Un passé qui ne passe pas

La nationalisation de l’électricité représente certainement une étape cruciale de l’émancipation économique des Québécois francophones. George Carlyle Marler (1901-1981) était le chef de file des opposants à ce projet phare de René Lévesque dans une famille libérale alors dirigée par Jean Lesage. Après le fameux « Lac-à-l’Épaule » des 4 et 5 septembre 1962, le gentleman de Westmount alla « digérer sa défaite (Pierre Godin) » à sa résidence secondaire de… Metis Beach !

En éducation

Seulement sur le territoire de la MRC de La Mitis, deux écoles primaires de la Commission scolaire des Phares n’ont pu échapper à la fermeture définitive en 2015 : Padoue et Sainte-Jeanne-d’Arc. L’école Euclide-Fournier de Saint-Charles-Garnier cessa d’exister officiellement le 1er juillet 2012. La journaliste Sonia Lévesque rapportait que l’école secondaire du Mistral à Mont-Joli a perdu 1200 de ses 2000 élèves en une trentaine d’années (L’Information, 28 août 2013, p. 3). Pendant ce temps, Metis Beach School, construite au départ pour une vingtaine d’élèves, en accueille 78, en prévoit déjà une centaine et s’étend. Le directeur adjoint et enseignant, Mark Lyth, affirme : « Notre étendue est beaucoup plus grande, et puis l’attitude aussi a changé par rapport à l’anglais (ICI.Radio-Canada.ca, 24 septembre 2013) ».

Le ministère de l’Éducation a étudié une demande d’agrandissement de cinq millions de dollars (ICI.Radio-Canada.ca, 13 novembre 2014). Nous sûmes l’automne suivant que le projet, évalué désormais à sept millions, fut retenu. Pour la durée des travaux, les jeunes anglophones en expansion occupent les locaux désaffectés du français de l’école de Sainte-Jeanne-d’Arc. Jeanne d’Arc, occupée par l’Anglais, priez pour nous !

Soyons vigilants. J’estime que pareils développements devraient susciter des interrogations au sein de la population. Pourquoi cette minorité tire encore et toujours vers elle la majorité ? 33 universitaires québécois signèrent le 22 février 2013 dans La Presse une lettre intitulée : « Les universités anglophones financées démesurément ». Elles drainent 29% de l’ensemble des revenus alloués aux universités alors que les Québécois de langue maternelle anglaise représentent à peine 8% de la population. Pensez-y : quel est l’avenir de l’école française en Amérique si l’hypothèque coloniale perdure ?

Dans l’espace public

Mon député-touriste, soi-disant nationaliste, évite de se mouiller en félicitant sur les médias sociaux le « dynamisme » des anglophones (Twitter de Pascal Bérubé, 24 septembre 2013). Il ambitionne d’ailleurs de s’acheter une belle demeure aux environs de Metis Beach afin de vivre parmi eux (L’Avantage, 14 juillet 2015). Plus grave, le politicien guette le moindre mouvement de l’opinion sur son iPhone et l’épouse même quand celui-ci va à l’encontre de l’esprit de la Loi 101. « Un Québec aussi français que l’Ontario est anglais (gouvernement du Parti québécois, 1977) », ça te dit encore quelque chose, Pascal ? Il affirme que tous les Québécois devraient maîtriser l’anglais (« Par ici la relève ! », L’actualité, 21 novembre 2011). Cela inclut, de fait, les travailleurs qui n’en ont pas besoin. Ainsi, le « bilingue » deviendrait vite, quoique temporairement, la langue commune des Québécois. Le nouvel ordre des choses ne saurait durer bien longtemps, attendu que placer les deux langues en concurrence revient à mettre inéluctablement les deux pieds sur notre langue infiniment minoritaire (2%) en Amérique du Nord. L’anglais s’imposant bientôt partout, pourquoi diable un immigrant allophone tâcherait d’apprendre le français à Rimouski ?

« Si chacun devient complètement bilingue dans un pays bilingue, l’une des langues sera superflue », Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, Livre 1 : Les langues officielles, Ottawa, Imprimeur de la Reine, 1967, p. 12.

Villa Reford 1, Maison Gilles-Vigneault 0

À part trois années passées à Sherbrooke et trois autres à Montréal, j’ai toujours habité ce coin de pays. Il ne s’est jamais écoulé une seule année, d’aussi loin que je me souvienne, sans que nos bons médias ne rapportent qu’une nouvelle subvention de l’État québécois, libéral ou péquiste, « étoit octroyée aux Gardens dudit sieur Alexander ’’de’’ Reford ». Vous comprendrez alors, je l’espère, ma stupéfaction que l’octroi de quelques piastres à la restauration et à la reconversion de la modeste maison natale de Gilles Vigneault, notre poète national, soulève un véritable tollé chez les contribuables québécois. Je suggère que le Torontois de Métis raconte au pauvre canayen de Natashquan le secret de son succès, car ici-bas, manifestement, l’austérité n’existe pas pour tout le monde…

10/07/2017 – ST-LAURENT, Caroline Sarah
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