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Offensive pour une formation entièrement en français à la faculté de médecine en Outaouais

À la future faculté de médecine de l’Outaouais développée par l’Université McGill, le gouvernement du Québec imposera au programme 18 mois de cours de médecine en anglais.

Les Québécois payeront (encore davantage) pour leur anglicisation.

Voici trois faits :

  1. McGill octroie 25% des diplômes québécois en médecine et cela en langue anglaise.

  2. Des 277 établissements du réseau de la santé québécois en 2013, 149 offrent des services en anglais.

  3. 38 établissements sont désignés et offrent l’entièreté de leurs services en anglais (2013).

Depuis l’adoption par le gouvernement Bourassa (1986) de l’article 15 de la Loi sur les services de santé, l’État québécois encourage la bilinguisation de son système de santé. Cela n’est pas sans conséquence. Au lieu d’exiger aux citoyens de s’adapter aux structures en place, l’État québécois modifie ses structures pour une minorité.

SOURCE – La bilinguisation des services de santé et des services sociaux du Québec

MQF – 03/02/2017

À LIRE  – Les étudiants de la future faculté de médecine de l’Université McGill en Outaouais devraient avoir le droit de faire leur parcours universitaire complètement en français, selon trois organismes de défense de la langue française.

Impératif français lance, mercredi, une campagne publicitaire, en collaboration avec la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et le Mouvement Québec français, afin de s’opposer à ce qu’une partie de l’enseignement de la future faculté de médecine soit donnée en anglais.

« Le gouvernement Couillard veut leur [aux étudiants] imposer 18 mois de cours en anglais donnés à distance par l’Université McGill, une institution de langue anglaise. […] Dites-le, ça n’a vraiment aucun bon sens », peut-on entendre dans la publicité.

  à écouter   Entrevue avec Jean-Paul Perreault à l’émission Les matins d’ici

L’Université McGill prévoit que 92 % de la formation sera donnée en français, en tenant compte du parcours complet des étudiants, en incluant la résidence. Les organismes souhaitent que Québec agisse pour que 100 % de la formation soit dans la langue de Molière.

« On ne peut pas laisser passer ça. C’est toute la francophonie qui est interpellée par la situation », lance le président d’Impératif français, Jean-Paul Perreault.

Il craint que d’autres situations comme celle-ci voient le jour dans d’autres régions du Québec. Il estime que les facultés de médecine de la province ne devraient pas relever « d’universités incapables d’enseigner en français ».

Ça fait 200 ans que McGill existe. Où avez-vous vu McGill s’intéresser à l’enseignement en français au Québec? – Jean-Paul Perreault, président d’Impératif français

M. Perreault juge que la faculté de médecine devrait être gérée par une autre université, ce qui ne retarderait pas le projet, selon lui. « On a même ici, localement, une Université du Québec [en Outaouais] qui, je suis certain, serait capable en deux ans de monter un excellent programme de médecine. »

Interrogé sur cette question sur les ondes de Radio-Canada en septembre dernier, le premier ministre Philippe Couillard avait soutenu ne voir aucun problème à ce qu’une partie de la formation à la faculté de médecine soit en anglais.

Le maire souhaite un ajustement

En comité exécutif mercredi, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a dit souhaiter que l’enseignement se fasse uniquement en français au sein de la faculté.

« Prendre des cours en français à Gatineau, ça devrait aller de soi. J’espère que le gouvernement va s’ajuster pour que ça se fasse très rapidement à 100 % en français », a-t-il déclaré.

M. Pedneaud-Jobin a toutefois émis des réserves par rapport à la campagne d’Impératif français. « Je n’ai absolument rien contre McGill, si McGill est capable – et je sais qu’ils le font dans certains cas – de donner des cours en français. C’est ça qui compte. Je trouve que la campagne cible McGill », a-t-il expliqué.

L’Université McGill se défend

C’est par obligation d’uniformité que les 24 étudiants du campus gatinois devront suivre les mêmes cours théoriques que les autres étudiants en médecine de l’Université McGill, a expliqué son vice-doyen à l’enseignement de la médecine en Outaouais, le Dr Gilles Brousseau. Or, ceux-ci se donnent généralement en anglais. La formation pratique, toutefois, sera offerte principalement en français.

Il y a de plus en plus d’apprentissage par problèmes et de moins en moins de théorie en classe. On s’attend à ce que progressivement, toute la formation va être en français.

Le vice-doyen souligne également que les étudiants concernés auraient « de toute façon cette formation dans la cohorte de McGill » s’ils étudiaient à Montréal.

« On leur offre l’avantage de venir la faire chez nous, de faire une beaucoup plus grande portion en français, d’offrir des services et de les inscrire dans notre programme de résidence en médecine familiale et de recruter ces gens-là », a-t-il indiqué.

Par ailleurs, la région de l’Outaouais fait partie du Réseau universitaire intégré de santé (RUIS) de l’Université McGill; c’est-à-dire que sa faculté de médecine y a été assignée en 2003 afin de développer l’enseignement et la recherche médicale.

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