Ottawa finance l’anglicisation de l’éducation collégiale au Québec

21 décembre 2020

La Fédération des cégeps encaisse elle-même des chèques du fédéral

Le Mouvement Québec français (MQF), par la voix de son président, M. Maxime Laporte, s’est dit profondément sidéré devant les révélations troublantes quant à l’ingérence anglicisante du gouvernement du Canada dans les compétences exclusives du Québec en matière d’éducation collégiale.

En effet, selon les informations obtenues par le MQF à la suite d’une demande d’accès à l’information, il s’avère que le gouvernement canadien, s’appuyant sur l’Entente Canada-Québec et sur son soi-disant « pouvoir fédéral de dépenser », ne se gêne pas pour investir des millions de dollars afin 1) de soutenir les velléités d’expansion de cégeps anglophones au Québec et 2) de favoriser l’offre de cours en anglais, y compris dans nos cégeps de langue française.

3) En outre, le Canada finance volontiers la Fédération des cégeps, cela à coups de dizaines de milliers de dollars pris à même des fonds fédéraux destinés à favoriser l’essor de l’anglais au Québec. Or, il se trouve que les positions politiques défendues par la Fédération des cégeps ces dernières années quant au statut du français dans le réseau collégial et sur l’enjeu de la cohabitation entre cégeps francophones et anglophones ; ces positions s’harmonisent parfaitement, hélas, avec la vision régressive portée par Ottawa quant à la justice linguistique au Québec. En acceptant de recevoir ces subventions fédérales et de répondre, par conséquent, des directives qui leur sont attachées, la Fédération des cégeps, pourtant censée représenter les intérêts d’institutions publiques relevant exclusivement de la compétence du Québec, se place donc objectivement en situation de conflit d’intérêts. Ainsi, lorsque vient le temps de se prononcer sur des questions liées au nécessaire renforcement de la loi 101 eu égard au réseau collégial québécois, la Fédération des cégeps n’a, selon le MQF, aucune crédibilité.

M. Laporte a fait valoir : « Ces révélations sont profondément préoccupantes. En plein débat sur le statut du français au collégial, voici qu’on découvre que le Canada ne se gêne pas pour s’ingérer directement dans la compétence exclusive du Québec en matière d’éducation, cela pour mieux pousser son agenda anglicisant. Lui qui se dit “nationaliste”, que pense donc notre premier ministre, M. François Legault, d’une telle situation ? En finançant allègrement le réseau collégial anglophone afin de résorber ses soi-disant ‘’déficits d’espace‘’, le Canada se trouve à alimenter la dynamique de concurrence déloyale qui défavorise le système de langue française au Québec, en plus de court-circuiter les balises de notre Ministère de l’Enseignement supérieur quant au calcul prévisionnel de l’effectif collégial. C’est totalement inacceptable. Et comme si ça ne suffisait pas déjà, Ottawa soutient volontiers l’anglicisation et à la mercantilisation de l’offre de cours dans nos cégeps de langue française. En somme, le Canada piétine le modèle québécois en piétinant aussi le statut du français.

Il est évident que si la situation perdure, la vitalité du français comme langue de l’enseignement collégial au Québec continuera à dépérir et ce, avec la complicité directe de tous nos ordres de gouvernement. Le premier ministre Legault doit impérativement entendre raison et mettre fin à cette situation intolérable. »

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