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Les pays francophones sont performants, il faut arrêter de se sous-estimer

La Francophonie est un immense espace politique, économique et culturel. Son potentiel est aussi grand qu’incontestable. Puisque le Québec est le foyer lumineux de la langue française en Amérique du Nord, sa conduite et son influence à l’intérieur de la Francophonie ne devraient-elles pas exprimer les capacités et le génie du Québec?

MQF – 28/03/2017

En visite officielle à Abidjan dans le cadre de l’organisation des jeux olympiques de 2017,  Michaëlle Jean, Secrétaire Générale de la Francophonie a bien voulu accorder un entretien à Politikafrique.info.

Vous avez visité en présence des autorités ivoiriennes le site des Jeux de la Francophonie qui vont se tenir en fin Juillet prochain. Etes-vous satisfaites des travaux?

C’est très encourageant de voir la cadence des travaux, de voir que nous serons dans les temps, de voir aussi toute cette énergie investie dans ces infrastructures de qualité qui vont faire partir d’un leg important pour la Côte d’Ivoire.

Dans le cadre de cette visite officielle de travail, vous parlez assez d’une francophonie agissante en évoquant des stratégies économiques, politiques. Qu’entend-on exactement par francophonie économique ou politique?  Estimez-vous que cela a donné les résultats escomptés?

La francophonie est économique. La francophonie est politique. Souvent on restreint le champ de la francophonie en pensant que c’est une organisation uniquement dédiée à la défense de la langue française et à des activités culturelles. Non, la francophonie c’est depuis longtemps plus que cela. Avec la langue française qui est un trait d’union c’est formidable de rassembler 84 Etats et gouvernements sur les 5 continents pour entreprendre, échanger, coopérer dans un esprit de solidarité et d’actions stratégiques face aux défis sécuritaires liés au terrorisme, à la croissance, au développement durable basé sur le capital humain mais aussi pour l’éducation, la formation. C’est pourquoi nous parlons d’une francophonie agissante.

Avec la francophonie économique c’est un soutien à l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes pour la création d’emplois, c’est renforcer les capacités des petites et moyennes entreprises qui sont des moteurs de croissance pouvant déboucher sur des marchés avec plus de compétences et de compétitivité. Et dans le cas de la Côte d’Ivoire, c’est formidable de pouvoir mettre à un niveau supérieur des filières des industries créatives et de nouvelles technologies. C’est pour nous un investissement, un plaidoyer auprès des institutions bancaires en vue de doper la croissance, renforcer le PIB.

Et sur le plan politique?

Je repars d’Abidjan avec le sentiment d’avoir effectué un travail. Nous avons renforcé la coopération entre l’Organisation Internationale de la Francophonie et la Côte d’Ivoire à travers un accord paraphé avec les autorités. Pour ce qui est de notre rencontre avec les partis politiques, il est important pour nous de rassembler toutes les observations, les témoignages et les perspectives. L’accent, nous l’avons mis sur la forme d’appui de la Francophonie à la mise en marche ou disons la concrétisation du dialogue national qui parait nécessaire.

Quel est l’état d’évolution de la langue française dans le monde en mouvement et où l’anglais tend à dominer dans les grands échanges internationaux?

C’est vrai la langue anglaise est très présente mais cela dit, le français et l’anglais sont les deux seules langues parlées sur les cinq continents. La langue française demeure la deuxième langue la plus enseignée dans le monde. La langue française progresse.

Elle est la troisième dans le monde des affaires. Il y a des gens qui pensent que les pays anglophones sur continent africain sont ceux qui performent le mieux. Pourtant le dernier rapport de la Banque Mondiale montre le contraire. Les pays francophones d’Afrique sont ceux qui ont connu de meilleures performances économiques. Certes les défis restent considérables mais il faut arrêter de se sous-estimer lorsqu’on est francophone. Et nous n’avons rien contre l’anglais. Notre combat c’est de faire de la langue française ce trait d’union qui rassemble autant de pays sur la planète et qui agite des synergies pour le développement. A preuve, quand vous avez la Corée du Sud qui joint la francophonie qu’est ce qu’elle dit? On voit que c’est une langue française est porteuse, la francophonie est un vaste espace de possibilités. On veut que vous nous aidiez à former notre administration publique en français car c’est une langue de négociation. Et ce n’est pas le seul pays à le penser ainsi. C’est un signe que la langue français à un sens et que nous pesons sur le plan international.

Quel avenir pour la langue française en Afrique?

La langue française est vigoureuse en Afrique. L’on assiste a une croissance de 15% des locuteurs en Afrique. Cela montre que cette Afrique revivifiée veut aussi se rassembler sans clivage, sans barrière linguistique. On se rend compte que les langues ne constituent pas une barrière. Mais, que l’on se rencontre dans toutes ces langues que nous avons en partage. Nous insistons sur le multi-linguisme à travers notre programme d’enseignement en langues nationales. La francophonie défend le multi-linguisme. Chaque langue que l’on parle est une fenêtre de plus qui s’ouvre sur le monde.

23/03/2017 – DIA, Salimatou

http://politikafrique.info/francophonie-interview-michaelle-jean-pays-francophones-performants-faut-arreter-de-se-estimer/

 

 

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