Renverser la vapeur, en faveur du français

Les écoles québécoises ont le devoir de transmettre à la jeunesse la fierté et l’amour de la langue française. Cette langue n’est pas qu’un code, c’est un voyage au coeur de notre culture et vers de nombreuses autres à travers le monde.

MQF – 19/06/2018

Monsieur le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx, mesdames et messieurs les enseignants des écoles primaires et secondaires, je viens d’assister coup sur coup aux spectacles de fin d’année des finissants de l’école primaire et du collège de ma ville. Mon constat, comme chaque année : les chansons interprétées en français sur scène frôlaient le 0 %, autant en ce qui concerne la musique d’ambiance que dans les choix des jeunes. Il s’agit pourtant d’écoles françaises implantées dans une ville à presque 100 % francophone…

Je me suis senti mal à l’aise en pensant au message clair, net et sans équivoque que cela envoie à notre jeunesse, en particulier aux Néo-Québécois, à savoir que même au Québec, seul coin de l’Amérique du Nord où cela pourrait être différent, l’anglais domine l’espace public.

Je sais pertinemment que le parti que vous représentez accorde une très grande importance à l’essor de l’anglais au cœur même du système d’éducation québécois, mais j’ose néanmoins sonner l’alarme.

Avez-vous pleinement pris conscience du fait que l’anglicisation par la base, à laquelle votre gouvernement souscrit avec zèle, fonctionne aujourd’hui trop bien? Votre parti a tellement survalorisé et glorifié l’enseignement de l’anglais de toutes les manières possibles de la 1re année du primaire à la dernière année du cégep qu’il est maintenant plus que temps de renverser la vapeur. Cette fois, en faveur du français.

Par exemple, serait-il envisageable que votre ministère envoie un mémo à toutes les directions d’écoles et aux professeurs pour leur rappeler leur rôle de contribuer à diffuser la langue de l’école, surtout lors d’événements aussi symboliques et solennels que les spectacles de finissants?

Votre ministère pourrait-il aller jusqu’à établir un seuil, un quota à respecter, ou du moins suggérer des balises?

Ma fille m’a confié : «Papa, on en apprend des chansons en français dans nos cours, mais on ne les chante jamais en spectacle». Un mot résume ce phénomène : l’aliénation. L’étape suivante, habituellement, est l’assimilation pure et simple à la langue la plus attrayante.

À l’approche de notre Fête nationale, il serait tout indiqué de réfléchir à une solution. Si l’école québécoise ne s’intéresse plus au français, dites-moi, qui le fera à sa place?

SOURCE – 17/06/2018 – VALLÉE, Jean-François

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