Une concurrence déloyale ruine les artisans de notre culture

Dès la mise en fonction d’un téléphone cellulaire ou de tout autre appareil électronique donnant accès à l’Internet, tous les programmes et applications – même ceux disponibles en langue française – sont une « voie royale » vers la culture américaine. Une simple utilisation de ces logiciels est suffisante pour comprendre que le contenu proposé et les publicités « attirent » les utilisateurs vers des contenus culturels de langue anglaise. Tant que langue anglaise prédominera sur toutes les autres langues, ni la langue française ni la culture québécoise ne pourront s’imposer sur les plateformes numériques actuelles.

MQF – 30 Janvier 2019

Les plateformes numériques comme Youtube, Spotify, Netflix, etc. font maintenant partie intégrante de la vie d’un très grand nombre de Québécois. Accessibles et faciles à utiliser, ces plateformes de produits culturels dématérialisés diffusent, sans limite temporelle ou spatiale, une quantité infinie de produits culturels étrangers. Elles sont, en quelque sorte, devenues les principaux vecteurs de transmission des cultures du monde.

Un texte du Mouvement Québec français

Malgré les intentions des gouvernements de protéger les contenus des artisans d’ici, leurs actions sont insuffisantes, puisqu’ils n’ont, en ce moment, aucun moyen d’influencer, en faveur de nos productions culturelles locales, les infrastructures numériques qui échappent presque entièrement à la législation.

Actuellement, la plus grande proportion des produits culturels consommés par les Québécois est téléchargée sur des plateformes numériques comme Youtube, Spotify ou Netflix… Cette consommation, en forte hausse, se fait au détriment des produits culturels des créateurs d’ici.

Ce chamboulement fait en sorte que notre culture d’expression française, pourtant unique en Amérique et partagée par une très grande majorité de Québécois, ne parvient pas à dominer nos lieux de travail ainsi que nos espaces publics (rues, centres commerciaux, boutiques, restaurants, etc.). Ce problème est non seulement sérieux, mais ses effets ne peuvent décemment être négligés. Cette concurrence déloyale, favorisée par les plateformes numériques étrangères, ruine les artisans de notre culture qui sont pourtant reconnus e t appréciés par les Québécois.

Dans un tel contexte, pourquoi ne pas appliquer une réglementation qui favoriserait, dans la mesure du possible, la diffusion de produits culturels québécois? Avec une proposition politique cohérente, ne serait-il pas possible de créer nos propres plateformes numériques afin que nos producteurs et nos créateurs s’imposent à nouveau, à la fois, dans nos lieux de travail et dans nos espaces publics?

Il est impératif d’agir malgré les difficultés que cela implique. Faisons preuve de créativité et d’innovation!

Une diffusion culturelle essentielle à la francisation

Pour un nouvel arrivant au Québec, l’apprentissage de la langue française nécessite du temps et de la pratique. Interagir en français et consommer des produits culturels d’expression française sont des actions essentielles à l’acquisition de sa nouvelle langue d’usage. Entendre de nouvelles expressions ou découvrir de nouveaux artistes québécois, que ce soit sur ses heures de travail ou encore, en flânant dans les lieux publics, favorise grandement l’adaptation du nouvel arrivant aux diverses dimensions de notre culture.

Dans le cas où un nouvel arrivant n’est exposé qu’à des cultures étrangères, il apparaît légitime de se questionner sur sa capacité à vivre en français et à prendre activement « les plis des gens de la place ».

En raison de sa posture unique sur un continent nord-américain majoritairement dominé par la langue anglaise, le Québec ne peut se permettre une quelconque inaction en matière de protection culturelle et linguistique. L’incapacité actuelle de nos gouvernements à légiférer efficacement, conjuguée à l’immense influence du web sur le quotidien des Québécois, ne font inévitablement qu’accentuer une compétition inéquitable entre les produits culturels québécois et ceux provenant de l’étranger, tout particulièrement ceux issus des États-Unis d’Amérique. Notre culture et notre langue française sont en mauvaise posture!

C’est maintenant aux forces politiques de réunir des entrepreneurs du numérique, des producteurs, des artistes et des investisseurs qui auront pour objectif de développer des moyens de diffusion prospères permettant aux produits culturels québécois ainsi qu’à la langue française de rayonner et de s’imposer à nouveau sur le territoire du Québec.

Et puis, la diffusion de produits culturels québécois par le biais du milieu de travail, des restaurants, des commerces ou de tout autre espace public, aidera grandement à la francisation des nouveaux arrivants qui, sous sa forme actuelle, peine encore à intéresser une personne sur deux.

Voir aussi

La langue et la musique diffusée dans les commerces

Apprécieriez-vous que davantage de musique en français soit diffusée dans les commerces du Québec ? …