Annie Mathieu, La Presse canadienne, journal Metro, 11 avril 2010. MONTRÉAL - Parce qu'elle constitue leur principal outil de travail et qu'elle "représente l'âme d'un peuple", de nombreux artistes ont lancé un vibrant plaidoyer en faveur de la langue française, dimanche, aux côtés de politiciens et de membres de la société civile lors du lancement d'une offensive visant à forcer le gouvernement Charest à renforcer et appliquer la loi 101 aux écoles privées non-subventionnées.

Une grande manifestation culturelle pour renforcer et appliquer la loi 101

Annie Mathieu, La Presse canadienne, journal Metro, 11 avril 2010. MONTRÉAL – Parce qu’elle constitue leur principal outil de travail et qu’elle “représente l’âme d’un peuple”, de nombreux artistes ont lancé un vibrant plaidoyer en faveur de la langue française, dimanche, aux côtés de politiciens et de membres de la société civile lors du lancement d’une offensive visant à forcer le gouvernement Charest à renforcer et appliquer la loi 101 aux écoles privées non-subventionnées. L’événement, orchestré par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB), a pris la forme d’un spectacle où, pendant plus de deux heures, l’évolution de la langue française au Québec a été illustrée par des textes lus par des artistes, par des projections sur grand écran et des prestations musicales. Les écrits et faits d’armes dans la lutte pour la langue française de Camille Laurin, Jean-Paul Desbiens (frère Untel), Lionel Groulx, Gilles Vigneault ont notamment été revisités, au grand plaisir des centaines de personnes qui ont assisté à ce véritable cours d’histoire, dimanche après-midi, au Monument National à Montréal. La comédienne Dominique Pétin, qui a prêté sa voix à l’un des textes, a rappelé que la langue représentait l’âme d’un peuple. “La langue française, c’est mon outil de travail, c’est aussi la langue que j’ai transmise à mes enfants et je considère que de manifester bruyamment est une chose essentielle en ces temps de génocide culturel”, a-t-elle souligné. Son collègue Vincent Bilodeau a également témoigné de sa grande affection pour le français. “Une des raisons pour lesquelles je suis devenu comédien, c’est par amour de la langue”, a-t-il raconté. “Alors, s’il y a une chose que je ne veux pas voir mourir c’est bien a langue française. Et elle est en péril”, a renchéri l’artiste, appelant les gens à manifester pour préserver “notre belle langue”. Le jugement de la Cour suprême Selon le président de la SSJB, Mario Beaulieu, cette “nouvelle” offensive visait à demander … au gouvernement Charest de réagir au jugement de la Cour suprême du Canada invalidant la loi 104, qui limitait l’accès à l’école anglaise. M. Beaulieu a exhorté Jean Charest à mettre fin à son ambiguïté et à appliquer sans tarder la loi 101 aux écoles privées non-subventionnées en utilisant, notamment, une clause dérogatoire. “Cela fait plus de 200 modifications que la Charte de la langue française subit, alors nous on dit, maintenant c’est le temps d’arrêter. On dit non à la Cour suprême et on dit non aux politiciens molassons qui voudraient courber l’échine et jouer à l’autruche”, a lancé M. Beaulieu. La loi 104 avait été adoptée par le gouvernement du Parti québécois, en 2002, pour colmater une brèche ayant permis, entre 1997 et 2002, à des milliers de parents d’inscrire leurs enfants dans un établissement anglophone privé non subventionné, une école passerelle, le temps requis pour accéder par la suite légalement au réseau anglophone subventionné. Québec voulait empêcher que des parents, surtout allophones mais aussi anglophones et francophones, contournent la loi en envoyant leur enfant dans une “école passerelle” pendant une courte période de temps pour ensuite réclamer le droit de fréquenter le réseau régulier de langue anglaise auquel il n’avait pas accès autrement selon la Charte de la langue française. Dans son allocution dimanche, le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, a souligné que les anglophones du Québec “étaient probablement la minorité sur toute la planète qui jouit de la meilleure situation”. En tournée au Canada plus tôt cette semaine, il avait fait remarquer que de nombreux francophones hors-Québec rêveraient de vivre dans un tel contexte. “Ils ont utilisé la clause nonobstant pour rapatrier une constitution dont nous ne sommes pas signataires; nous, on va l’utiliser pour faire en sorte que notre langue soit protégée”, a aussi lancé M. Duceppe. Le député péquiste Pierre Curzi, qui avait présenté cette semaine un document mettant en garde contre “l’anglicisation de Montréal”, et la porte-parole de Québec Solidaire, Françoise David, sont aussi montés sur la scène pour demander au gouvernent de bouger rapidement dans ce dossier. L’initiative de la SSJB était appuyée par la Coalition pour l’application de la loi 101 aux écoles privées non-subventionnées, qui regroupe une vingtaine d’organismes politiques, de centrales syndicales et de groupes de défense du français. Si rien ne bouge, M. Beaulieu a promis d’élargir la coalition et de “rétablir le grand mouvement Québec français pour sonner le réveil sur le front linguistique”. L’événement s’est conclu par une marche en direction des bureaux de la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre. Source.

 

Publié le 11 avril 2010 à 10h50 | Mis à jour le 11 avril 2010 à 20h24

 

Écoles passerelles: une manif presse Québec de réagir

Le député du Parti québécois, Pierre Curzi, est... (Photo: Robert Skinner, La Presse)

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Le député du Parti québécois, Pierre Curzi, est monté sur la scène pour demander au gouvernent de bouger rapidement dans ce dossier.

PHOTO: ROBERT SKINNER, LA PRESSE

ANNIE MATHIEU
La Presse Canadienne
Montréal

Parce qu’elle constitue leur principal outil de travail et qu’elle «représente l’âme d’un peuple», de nombreux artistes ont lancé un vibrant plaidoyer en faveur de la langue française, dimanche, aux côtés de politiciens et de membres de la société civile lors du lancement d’une offensive visant à forcer le gouvernement Charest à renforcer et à appliquer la loi 101 aux écoles privées non-subventionnées.

L’événement, orchestré par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB), a pris la forme d’un spectacle où, pendant plus de deux heures, l’évolution de la langue française au Québec a été illustrée par des textes lus par des artistes, par des projections sur grand écran et des prestations musicales.

Les écrits et faits d’armes dans la lutte pour la langue française de Camille Laurin, Jean-Paul Desbiens (frère Untel), Lionel Groulx, Gilles Vigneault ont notamment été revisités, au grand plaisir des centaines de personnes qui ont assisté à ce véritable cours d’histoire, dimanche après-midi, au Monument National à Montréal.

La comédienne Dominique Pétin, qui a prêté sa voix à l’un des textes, a rappelé que la langue représentait l’âme d’un peuple.

 

«La langue française, c’est mon outil de travail, c’est aussi la langue que j’ai transmise à mes enfants et je considère que de manifester bruyamment est une chose essentielle en ces temps de génocide culturel», a-t-elle souligné.

Son collègue Vincent Bilodeau a également témoigné de sa grande affection pour le français.

«Une des raisons pour lesquelles je suis devenu comédien, c’est par amour de la langue», a-t-il raconté. «Alors, s’il y a une chose que je ne veux pas voir mourir c’est bien la langue française. Et elle est en péril», a renchéri l’artiste, appelant les gens à manifester pour préserver «notre belle langue».Le jugement de la Cour suprême

Selon le président de la SSJB, Mario Beaulieu, cette «nouvelle» offensive visait à demander au gouvernement Charest de réagir au jugement de la Cour suprême du Canada invalidant la loi 104, qui limitait l’accès à l’école anglaise.

M. Beaulieu a exhorté Jean Charest à mettre fin à son ambiguïté et à appliquer sans tarder la loi 101 aux écoles privées non-subventionnées en utilisant, notamment, une clause dérogatoire.

«Cela fait plus de 200 modifications que la Charte de la langue française subit, alors nous on dit, maintenant c’est le temps d’arrêter. On dit non à la Cour suprême et on dit non aux politiciens mollassons qui voudraient courber l’échine et jouer à l’autruche», a lancé M. Beaulieu.

La loi 104 avait été adoptée par le gouvernement du Parti québécois, en 2002, pour colmater une brèche ayant permis, entre 1997 et 2002, à des milliers de parents d’inscrire leurs enfants dans un établissement anglophone privé non subventionné, une école passerelle, le temps requis pour accéder par la suite légalement au réseau anglophone subventionné.

Québec voulait empêcher que des parents, surtout allophones mais aussi anglophones et francophones, contournent la loi en envoyant leur enfant dans une «école passerelle» pendant une courte période de temps pour ensuite réclamer le droit de fréquenter le réseau régulier de langue anglaise auquel il n’avait pas accès autrement selon la Charte de la langue française.

Dans son allocution dimanche, le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, a souligné que les anglophones du Québec «étaient probablement la minorité sur toute la planète qui jouit de la meilleure situation». En tournée au Canada plus tôt cette semaine, il avait fait remarquer que de nombreux francophones hors-Québec rêveraient de vivre dans un tel contexte.

«Ils ont utilisé la clause nonobstant pour rapatrier une constitution dont nous ne sommes pas signataires; nous, on va l’utiliser pour faire en sorte que notre langue soit protégée», a aussi lancé M. Duceppe.

Le député péquiste Pierre Curzi, qui avait présenté cette semaine un document mettant en garde contre «l’anglicisation de Montréal», et la porte-parole de Québec Solidaire, Françoise David, sont aussi montés sur la scène pour demander au gouvernent de bouger rapidement dans ce dossier.

L’initiative de la SSJB était appuyée par la Coalition pour l’application de la loi 101 aux écoles privées non-subventionnées, qui regroupe une vingtaine d’organismes politiques, de centrales syndicales et de groupes de défense du français.

Si rien ne bouge, M. Beaulieu a promis d’élargir la coalition et de «rétablir le grand mouvement Québec français pour sonner le réveil sur le front linguistique».

L’événement s’est conclu par une marche en direction des bureaux de la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre.

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