Vente de la maison mère des soeurs grises à Concordia University

08 juin 2007

Le journal Le Devoir publiait hier le 5 juin un excellent article de Christian Gagnon portant sur l’achat de la maison mère des soeurs grises par Concordia University pour y loger sa « Faculty of Fine Arts ».

Voilà une (autre) nouvelle qui devrait sonner les cloches d’alarme chez tous ceux qui s’inquiètent de l’avenir du français à Montréal.

Pendant que l’UQAM s’enfonce dans un bourbier financier sans nom et que l’UdeM voit sa fréquentation amorcer une lente pente descendante, Concordia et McGill n’en finissent plus de construire de nouveaux pavillons pour accueillir une clientèle toujours plus nombreuse formée d’étudiants étrangers, d’étudiants canadiens non-résidents et d’étudiants Québécois. Notons que les universités de langue anglaise recueillent environ 30% des fonds de fonctionnement destinés aux universités alors que les anglophones ne forment que 8,4% de la population du Québec. Ces fonds assurent la formation d’étudiants et le développement des institutions. Ainsi, McGill University accueille environ 15 000 étudiants canadiens non-résidents par année, étudiants qui sont formés à nos frais (ils nous coûtent au moins 100 millions de dollars par année). Plus de 10 000 étudiants étrangers fréquentent McGill et Concordia. Ceux d’entre eux qui restent à Montréal après leurs études imposent alors l’anglais dans leur milieux de travail. Les généreuses subventions publiques aux universités anglaises permettent aux anglo-Montréalais de grossir le poids de leur communauté (à nos frais!) et de continuer à assimiler environ 60% des immigrants qui arrivent au Québec (à nos frais encore une fois!).

L’achat de la maison mère des soeurs grises va venir accélérer cette tendance en mettant entre les mains de Concordia un joyau du patrimoine Québécois et en en rehaussant ainsi le prestige et la visibilité. A la fin de son article, Christian Gagnon demande si le Québec français trouve son compte dans cette transaction. La réponse est clairement non.

A quand une prise de conscience du fait que le développement exponentiel des institutions anglaises à Montréal, développement qui est bien supérieur à celui requis pour assurer des services à la communauté anglo-montréalaise, se fait au dépend du Québec français?

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