LOUIS MATHIEU GAGNÉ | JOURNALDEMONTREAL.COM | 11/10/2008
ARCHIVES MQF ─ Les groupes de défense de la langue française déplorent qu’aucune mesure punitive ne soit prise contre les entreprises délinquantes.
«Le plan du gouvernement en est un d’inaction ou, pire, de récompenses. On va leur donner de l’argent pour ne pas avoir respecté la loi», a dénoncé Jean-Paul Perreault, d’Impératif français.
Il croit que la situation révélée par l’étude est pire que celle dévoilée hier, basée sur des entrevues téléphoniques.
«Il est peu probable que les répondants vont dire qu’ils ne respectent pas les lois. La méthodologie et les véracités des résultats sont questionnables», a-t-il dit, ajoutant être déçu que l’étude ne se soit pas attardée à l’Outaouais, qui éprouve des difficultés de langue similaires à celles de Montréal.
Étude jovialiste
La Société Saint-Jean-Baptiste abonde dans le même sens. «C’est plutôt jovialiste comme étude, mais ça confirme qu’il y a un problème à Montréal», a affirmé son président, Mario Beaulieu.
«Si le français n’est pas la langue de travail principale, on ne réussira pas à franciser les nouveaux arrivants», a ajouté celui qui agit aussi pour l’instant à titre de président du Mouvement Montréal français.
M. Beaulieu ne voit pas d’un bon oeil la campagne de promotion de 1,5 M$ annoncée hier par le gouvernement. «Il veut inciter les entreprises à se franciser alors qu’il ne respecte pas l’article 16 de la loi 101, qui prescrit l’usage exclusif du français dans ses communications avec les entreprises», a-t-il conclu.
L’étude de l’Office québécois de la langue française a été faite par le sociologue Pierre Bouchard à l’aide d’entrevues téléphoniques auprès de 3221 entreprises entre le 26 juin et le 19 août 2008.
