Francisation : Les COFI seraient une importante part de la solution

Que les Anglo-Québécois parlent anglais entre eux; que les Sino-Québécois, le mandarin; les Maghrébo-Québécois, l’arabe, etc., rien de plus normal. Cependant, lorsque des personnes de langues diverses se croisent au Québec, le français devrait être la langue normale et habituelle de leurs échanges. Faire du français la langue commune et officielle du Québec est essentiel à la cohésion sociale, à l’inclusion et à la pleine participation de toutes et de tous à la même sphère de droits et de devoirs. Il faut connaître et utiliser une même langue pour se comprendre et pour former une société unie et solidaire. C’est dans cet esprit pluraliste et inclusif que la Charte de la langue française a été adoptée.

MQF – 25 juillet 2018

Au sein d’un Canada à majorité de langue anglaise, le Québec fait face à des problématiques démographiques, économiques et linguistiques. Ces défis, qui relèvent en partie de notre système d’immigration, sont indissociables à notre capacité d’accueil et de francisation.

Le défi le plus important est celui linguistique car le Québec est une exception française dans un océan de plus de 250 millions d’Américains et de Canadiens de langue maternelle anglaise en Amérique du Nord. Son régime linguistique a une profonde incidence sur sa démographie et son économie. La consommation de produits culturels, l’intégration sociale des immigrants et la mobilité professionnelle à travers le Canada et le monde sont quelques éléments de la multiplicité de cet enjeu linguistique.

Malheureusement, depuis le tournant des années 2000, le Québec n’est pas à la hauteur de la situation. Les ambitions en fait de francisation sont grandes, mais le Québec ne se donne pas les moyens de sa réussite. Résultat : la francisation des nouveaux arrivants est un échec.

Il y a deux statistiques qui confirment cet échec.

D’une part, les statistiques démontrent qu’il y a plus de 200 000 immigrants qui ne parlent toujours pas le français au Québec, presque tous installés dans la grande région de Montréal.

D’autre part, les statistiques révèlent que plus ou moins 50 % des nouveaux arrivants choisissent de s’intégrer à la majorité de langue française alors que la proportion attendue est autour de 90 %. À la place, il y a plus ou moins 50 % des nouveaux arrivants qui s’intègrent à communauté historique anglaise qui ne représente que plus ou moins 8 % de la population du Québec.

Le Mouvement Québec français propose un moyen pour réussir

Comment inverser la tendance et faire en sorte qu’un maximum de nouveaux arrivants choisissent de s’intégrer à la majorité de langue française ?

Il faut un réinvestissement financier majeur de la part de l’État du Québec afin d’optimiser les ressources humaines et financières des organisations vouées à la francisation. Il faut que le Québec se donne les moyens d’accueillir convenablement les nouveaux arrivants.

Le Mouvement Québec français (MQF) souhaiterait revoir s’établir partout sur le territoire du Québec des Centres d’orientation et de formation pour les immigrants (COFI) qui ont joué un rôle déterminant de 1967 jusqu’à la fin des années 90 dans la francisation des nouveaux arrivants. Comme à cette époque, les COFI offriraient des cours de français ─ et autres services reliées à l’intégration ─ qui permettraient d’obtenir des résultats probants.

Cependant, le Québec n’en est pas à inverser la tendance. Depuis déjà longtemps qu’il y a une déconstruction du régime linguistique québécois. Il y a un laisser-aller quasi généralisé.

Pour une meilleure cohésion

La cohésion est essentielle à toute organisation qui veut atteindre des objectifs communs et elle ne se manifeste que par un leadership efficace et positif. En matière d’intégration et de francisation au Québec, c’est à l’État de jouer ce rôle de meneur dans cette structure organisationnelle à laquelle le sentiment d’appartenance des partenaires (organismes, professionnels, élus, etc) à cette vaste organisation influence grandement la qualité des services offerts aux nouveaux arrivants.

Une francisation efficace prépare une intégration réussie à la société québécoise qui engendre des vies citoyennes autonomes et responsables, aux regards curieux et positifs sur une société d’accueil de langue et de culture française. Réussite par réussite, se renforce alors une solidarité entre Néo-Québécois et la société d’accueil, se développe donc une société plus unie, plus forte, plus performante et plus prospère.

Les COFI seraient une importante part de la solution

Quelle soit intranationale ou internationale, une migration est un poids sur les épaules de la société d’accueil lorsque l’intégration des nouveaux arrivants est négligée. Pour réduire ce poids, le Mouvement Québec français (MQF) estime que les Centres d’orientation et de formation pour les immigrants (COFI) doivent être remise en fonction à la grandeur du Québec de façon que les services destinés aux nouveaux arrivants soient au coeur même des mécanismes d’intégration et de francisation.

L’État du Québec doit prendre ses responsabilités et offrir les meilleures conditions possibles pour aider les Néo-Québécois à réussir leur intégration à leurs nouvelles localités. La francisation est vitale à cette réussite. Alors qu’il n’y a actuellement que 50% des nouveaux arrivants qui choisissent de s’intégrer à la majorité de langue française, il faut inverser cette tendance et augmenter significativement le nombre de Néo-Québécois s’attachant à la culture française.

Pour y parvenir, les COFI seraient une importante part de la solution aux problématiques démographiques, économiques et linguistiques qu’affronte le Québec au sein d’un Canada à majorité de langue anglaise.

 

Un texte du Mouvement Québec français

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