Langue de la musique diffusée dans les commerces : Au Québec, l’offre n’est pas ajustée à la demande, selon un sondage Léger

Montréal, le samedi 23 juin 2018 – Le Mouvement Québec français (MQF), représenté par son président, Maxime Laporte, dévoile un sondage Léger sur la perception des Québécois-ses quant à la langue de la musique entendue dans les espaces commerciaux au Québec. Malgré que 33% déclarent écouter principalement de la musique francophone, près de la moitié (48%) des Québécois-ses affirment qu’il n’y a pas suffisamment de musique en français dans l’environnement sonore des commerces. Ce pourcentage s’élève à 54% chez les Québécois-ses de langue maternelle française et dans la même proportion chez ceux âgés de plus de 55 ans.

 

Maxime Laporte a fait valoir : « Je suis convaincu que les données révélées aujourd’hui en surprendront plus d’un. Au Québec, il y a un mythe voulant que la demande musicale soit davantage tournée vers l’anglais. Or, le sondage que nous vous présentons aujourd’hui démontre clairement que c’est faux ». Le sondage rapporte également que plus de la moitié des Québécois-ses, 55 %, affirment que la musique diffusée dans les commerces « ne leur ressemble pas », bien que près de 6 sur 10 croient qu’elle doit censément viser à plaire à la clientèle.

Absence de politiques corporatives en lien avec la musique

En plus du sondage, le MQF a également demandé à la firme Léger d’interroger un vaste échantillon de responsables d’entreprises dans le but d’identifier les pratiques courantes liées à la sélection des œuvres musicales diffusées dans les commerces. 300 commerçants ont ainsi été approchés. L’enquête indique que les choix musicaux des entreprises ne découlent d’aucune stratégie particulière et ne se fonde sur aucune étude marketing ni aucune planification systématique.

Dans ce contexte, il va sans dire que la langue des chansons se révèle encore moins prise en considération.

Par ailleurs, sur les planchers d’affaires et de travail, la musique ambiante ne fait l’objet d’aucun encadrement à l’interne. Si les départements de marketing des sièges sociaux émettent souvent des recommandations quant au style musical, aucun suivi n’est effectué pour valider si elles sont bel et bien respectées. Le siège social comptera plutôt sur la bonne foi et le bon jugement de ses employés dans ses différents points de vente.

De plus, chaque commerçant a sa propre façon de fonctionner. Certains opteront pour la radio alors que d’autres préféreront des listes de lecture préprogrammées.

« Nous espérons vivement que la démonstration que nous faisons aujourd’hui changera la tendance. Diffuser de la musique en français peut favoriser un meilleur développement du sentiment d’appartenance des clients à l’égard des entreprises. C’est un choix qui rapporte », a ajouté Maxime Laporte.

Québec appelé à remédier à la situation

La diffusion de la musique dans les commerces ne fait l’objet d’aucun encadrement légal, outre la réglementation appliquée aux stations radiophoniques en fonction des différents types de permis de diffusion sous l’égide du CRTC. À cette réglementation, échappe tout contenu musical diffusé autrement que par la radio traditionnelle. C’est notamment le cas des services de listes de musique numérique, dont l’utilisation est appelée à croître.

« Alors que l’offre musicale de langue anglaise se trouve de plus en plus à éclipser l’offre francophone, il est grand temps que nos élus à l’Assemblée nationale prennent les choses en main. Nous réclamons la tenue d’une consultation impliquant tous les acteurs du milieu, en vue de l’adoption d’une loi qui régira ces aspects trop longtemps négligés. L’idée, c’est de faire rayonner la musique d’ici, majoritairement de langue française, tout en soutenant mieux l’industrie culturelle québécoise face aux géants américains et canadiens. C’est un pan entier de la culture québécoise qui est absent de notre propre espace public commercial. Il faut absolument corriger le tir », a déclaré monsieur Laporte.

Au courant des prochaines semaines, le MQF promet d’accentuer les actions de sensibilisation auprès du public et du gouvernement sur cet enjeu.

Les Québécois-ses pessimistes quant à la situation de la langue au Québec

Le sondage rapporte également que 55% des Québécois-ses sont d’avis que la situation du français au Québec est actuellement moins bonne qu’il y a 10 ans. Par ailleurs, ils sont 57% à croire que la situation du français sera moins bonne dans 10 ans qu’elle ne l’est actuellement. Seuls 5% des Québécois-ses pensent, en éternels positifs, que la situation de la langue est à la fois meilleure qu’il y a 10 ans et destinée à s’améliorer encore au courant de la prochaine décennie.

Fondé en 1972, le Mouvement Québec français (MQF) est une organisation citoyenne et militante active dans toutes les régions du Québec ayant mission de promouvoir et défendre la langue française. Son objectif consiste à faire du français la seule langue officielle et commune au Québec.

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Voir aussi

Les Chroniques de Luis – Les Latinos au Québec – Partie 1

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