JEAN-PHILIPPE ARCAND | 24 HEURES | 18/11/2008
ARCHIVES MQF ─ 24 heures a en effet constaté que l’établissement de niveau collégial a fait placarder de nombreuses publicités annonçant ses différents programmes. Le problème, c’est qu’ils n’y sont présentés qu’en anglais.
Il existe bien une version francophone de l’affiche, mais l’Office québécois de la langue française (OQLF) souligne clairement que l’affiche devrait être bilingue.
« Le français doit être prédominant, peu importe si on affiche à l’intérieur ou à l’extérieur », explique Martin Bergeron, porte-parole de l’OQLF. « On peut faire deux affiches dans les deux langues, mais elles doivent être dans le même champ visuel ».
Or, dans le cas du Collège, la version française de l’affiche en question se trouve dans des wagons de métro différents de ceux où se trouve la version anglaise.
Fait à noter, les établissements où l’enseignement se fait en anglais seulement sont exempts de cette règlementation et peuvent afficher uniquement en anglais. Cependant, sur son site Internet, le Collège O’Sullivan se présente nettement comme un établissement bilingue.
La directrice blâme la STM
La directrice du Collège O’Sullivan, LIsanne Rousseau, prétend que c’est la Société de transport de Montréal qui est à l’origine de cette fâcheuse situation.
« Je n’ai fait qu’obéir aux règlements d’affichage de la STM », explique Mme Rousseau. «J’ai reçu des plaintes, mais je ne pense pas être en infraction ».
Elle ajoute qu’auparavant, le Collège avait des publicités bilingues où le français était prédominant. « J’aimerais bien ravoir ces affiches bilingues », souligne-t-elle.
Un énorme malentendu
De son côté, la STM affirme que c’est plutôt le Collège qui a erré dans toute cette histoire. Selon la porte-parole Isabelle Tremblay, l’établissement avait d’ailleurs reçu un avis de l’OQLF concernant l’illégalité de ses publicités.
« On a avisé le Collège qu’on allait les retirer », précise-t-elle. « Ce n’est pas la STM qui dicte les lois d’affichage, on doit respecter l’OQLF ».
Mme Tremblay croit enfin qu’il faut plutôt regarder du côté de Métromédia, la compagnie d’affichage avec laquelle la STM fait affaire, indiquant que c’est elle qui est responsable de tout placement publicitaire dans le métro de Montréal.
Qui dit vrai ?
Toutefois, à l’instar du Collège O’Sullivan, Métromédia renvoie la balle dans la cour de la STM. On a en effet indiqué à 24 heuresque cette dernière ne voulait plus de publicités bilingues dans le métro et que Métromédia devait avoir l’approbation de la Société avant d’afficher quoique ce soit.
« On n’a fait qu’afficher ce que la STM a approuvé au préalable », a déclaré une employée de Métromédia ayant requis l’anonymat.
Ainsi donc, qui dit vrai dans cette histoire ? Pour le moment, impossible de le savoir. La STM a cependant confirmé qu’elle s’affairait à retirer les publicités fautives au cours des prochains jours.
Un outrage
Quoi qu’il en soit, les groupes de défense de la langue française se sont dit outrés lorsque mis au courant de la situation.
« Ça montre que la loi 101 est une véritable passoire », laisse tomber Mario Beaulieu, du Mouvement Montréal Français. « Son application est très déficiente ».
Même son de cloche du côté de Jean-Paul Perreault, d’Impératif Français : « Si le Collège O’Sullivan offre des programmes en français, il est inconcevable que la promotion ne se fasse qu’en anglais ».
Ce dernier pense également que le cas du Collège O’Sullivan est le reflet d’un problème plus vaste, à savoir celui de la cohabitation d’écoles françaises et anglaises au Québec.
« La Constitution canadienne oblige le Québec à avoir deux systèmes. C’est de la discrimination en faveur de la communauté anglophone », fait valoir M. Perreault.
