LISA-MARIE GERVAIS | LEDEVOIR.COM | 20/11/2008
ARCHIVES MQF ─ La saga des centres hospitaliers universitaires (CHU) se poursuit. La Coalition des régions pour un seul méga-hôpital profite de la période électorale et souhaite lancer un débat public sur la construction de deux méga-hôpitaux (le CHUM et le CUSM) sur l’île de Montréal. La coalition, qui est formée de diverses organisations dont le Mouvement Montréal français et la Société Saint-Jean-Baptiste, exhorte le gouvernement à investir dans «un seul établissement francophone». «Il faut que nos institutions nous ressemblent. C’est un projet national de 3,6 milliards, mais qui finira par coûter cinq milliards. C’est autant d’argent qui ne sera pas investi en région», a martelé René Boulanger, le porte-parole de la coalition, lors d’un point de presse tenu hier devant la cour Glen, le futur site du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).
Mais surtout, la coalition craint que le projet ne menace encore plus sérieusement le français au Québec. «On n’a pas besoin de plus d’hôpitaux en anglais. Il y en a déjà suffisamment», a fait remarquer Mario Beaulieu, président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Selon lui, en vertu de la loi 101, la construction d’un méga-hôpital anglophone ne devrait jamais voir le jour, d’autant que celui-ci «imposera l’utilisation de l’anglais comme langue de travail, de recherche et d’enseignement à des milliers d’employés au Québec alors que le français est déjà en difficulté à Montréal».
La coalition estime que le méga-hôpital de McGill accentuera le problème de la pénurie de médecins puisque 50 % des finissants en médecine de l’université McGill quittent le Québec dans l’année suivant l’obtention de leur diplôme. «Est-ce pertinent de favoriser une institution qui ne va en rien combler les besoins en santé?», s’est interrogé René Boulanger.
e président de la Fédération des médecins résidents du Québec, Martin Bernier, s’étonne qu’une telle revendication refasse surface. «C’est ne faire preuve d’aucune compréhension du système universitaire, soutient le cardiologue formé à McGill. Ce n’est pas en espérant que nos médecins soient unilingues [francophones] qu’on va les retenir. C’est en leur offrant de bonnes conditions de travail, un milieu et des technologies compétitifs.»
La coalition entreprendra une tournée en région pour sensibiliser l’opinion publique à son projet d’un seul méga-hôpital francophone.
